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Dark Skies (2013) de Scott Stewart **

Résumé : Dans une banlieue paisible, la famille Barrett voit soudainement sa vie basculer suite à des évènements étranges qui se déroulent chaque nuit. Alors que le fils cadet évoque un mystérieux « Ogre des sables » lui rendant visite le soir, Daniel et Lacy Barrett deviennent victimes d’inquiétants phénomènes. Seuls et impuissants, ils vont devoir affronter une force extraterrestre aux desseins effrayants...

Terreurvision : Situé quelque part entre Super 8 et son récit initiatique, l'enfance rebelle de Stand by Me, ou encore la cellule familiale confrontée au surnaturel dans Poltergeist ou Rencontres du Troisième Type, Dark Skies n'a, en tout cas, pas à rougir de son "mini" budget de 3,5 millions de dollars, puisqu'il tient largement la barre face à ces mastodontes. Bien évidemment, c'est probablement le cinéma de Spielberg qui est le plus souvent convoqué, ne serait-ce que pour son unité de lieu, soit une cité pavillonaire et un foyer fragilisé, contraint à affronter un événement surnaturel qui vient faire basculer son quotidien.

Cette réussite est, en partie, à mettre au crédit d'un casting inspiré, qui ne faiblit pas un instant. De Keri Russell (L'Aube de la Planète des Singes) à Josh Hamilton (Les Survivants) dans le rôle d'un couple de parents complètement désemparé face à l'évolution des événements, ainsi que leurs enfants interprétés par Dakota Goyo (Real Steel) et Kadan Rockett, qui parviennent à conserver une vraie justesse malgré des rôles peu évidents. Sans oublier J.K. Simmons (Spider-Man) qui offre une interprétation étonnante d'un expert en ufologie blasé.


L'un des plus réjouissants atouts de Dark Skies vient de ses choix réellement audacieux dans le traitement de ses thématiques puisque, côté scénario, on tente clairement des choses. On ose par exemple l'adolescence ingrate, maladroite et transgressive, s'autorisant quelques bangs, ou qui se prépare devant des films pornos, à appréhender son premier flirt... On s'éloigne aussi du schéma familial idyllique, puisque le spectre du chômage se fait pesant pour l'un, et le travail semble peu épanouissant pour l'autre... 

Bref, toutes ces petites tensions accumulées par chaque membre de la famille, non seulement amplifie un sentiment de malaise, mais permet aussi de dégager une vérité, renforcée par les effets de caméra à l'épaule, offrant un réalisme que l'on a plutôt l'habitude de rencontrer dans le cinéma social de cinéastes tels Michael Cuesta ou Atom Egoyan. Bien entendu, toutes ces ramifications avec le cinéma auteurisant n'anéantissent en rien l'un des objectifs du métrage, faire peur, puisque Dark Skies réserve quelques petits moments de terreur, ponctués d'autres séquences absolument glaçantes. Le frisson est donc garanti.


Ainsi, cette première excursion dans le domaine de la science-fiction pour le studio Blumhouse est une réussite remarquable et démontre qu'il n'excelle pas uniquement dans les histoires de maisons hantées, même si, au final, le schéma emprunté apparaît parfois similaire (on retrouve par exemple les incontournables caméras de surveillance). Toutefois, avec Dark Skies, le producteur Jason Blum (Paranormal Activity, Sinister, Insidious), ici soutenu par les frères Wenstein via Dimension Films, pourrait rallier à sa cause, tout un pan de cinéphiles qui n'avait pas apprécié, malgré une démarche indépendante assez similaire, la série des found footage, Paranormal Activity, souvent jugée en tant que produit marketing rendu consommable uniquement par sa campagne de promo. Une stratégie à double tranchant qui rapportera beaucoup de dollars mais qui la condamnera de manière assez injuste, à un statut de pestiférée. 

Bref c'est dans une économie de moyen assez similaire que s'inscrit Dark Skies, toutefois, le mode de narration diffère pour nous conduire, au fil d'événements de plus en plus étranges, vers une fin au climax inévitable, et suffisamment ouverte pour laisser entrevoir la possibilité d'une suite. Les amateurs d’œuvres sincères, empreintes de suggestion et d'invasions extraterrestres devraient en tout cas prendre leur pied...
N.T.


En bref : 
titre original : Dark Skies
pays d'origine : États-Unis
année de production : 2013
date de sortie française : 26 juin 2013
durée : 97 minutes 
adrénomètre : ** 
note globale : 4.5/5

Le flip : Les caméras de surveillance filment une présence dans la maison.



The End (DTV - 2013) de Jorge Torregrossa ♠

Résumé : Un groupe d’amis de longue date se retrouve le temps d’un week-end dans un chalet en montagne. Des années se sont écoulées depuis leurs dernières retrouvailles, et pourtant, rien ne semble avoir changé entre eux. Un sombre épisode du passé se cache néanmoins derrière les rires et les anecdotes. Témoins d’un étrange incident, ils se retrouvent soudainement abandonnés à leur sort, sans moyen de communication vers le monde extérieur. Parti chercher de l’aide, le groupe devient de plus en plus restreint, tandis qu’autour de lui, toute vie humaine semble avoir disparu.

Terreurvision : Soit, la situation actuelle en  terme de créativité, devrait nous encourager à apprécier toute tentative d'innovation dans le genre qui nous intéresse.

Room 237 (2013) de Rodney Ascher *

Résumé : En 1980, Stanley Kubrick signe Shining, qui deviendra un classique du cinéma d'horreur. À la fois admiré et vilipendé, le film est considéré comme une œuvre marquante du genre par de nombreux experts, tandis que d'autres estiment qu'il est le résultat du travail bâclé d'un cinéaste de légende se fourvoyant totalement. Cependant, entre ces deux extrêmes, certains fans acharnés ont développé des théories étonnantes, convaincus d'avoir décrypté de nombreux messages secrets.

Terreur Vision : Après une vaste tournée des festivals durant laquelle il va se construire une solide réputation, Room 237 débarque dans les salles françaises. Un documenteur troublant, teinté de réalité et s'intéressant de près à la filmographie de Stanley Kubrick, laquelle serait remplie de messages cachés qui n'attendent qu'à être révélés, tel les fantômes de la chambre 237 de son œuvre culte, Shining.

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