THE ONLY CHILD (2019/2020 - VOD) de Lee Cronin [Critique]

Évaluation du dossier : 3.5/5 []

Une mère et son fils viennent d’emménager dans une nouvelle maison près des bois. Au cours d’une balade en forêt, le fils disparaît un moment. La mère parvient à le retrouver et découvre en même temps un énorme gouffre au cœur du bois. Progressivement, elle remarque que son garçon a un comportement étrange. Est-ce bien son fils qui est revenu vers elle ?

Dans la droite lignée de Mister Babadook, The Only Child impose sa vision de la famille monoparentale dysfonctionnelle.


C'est à Lee Cronin que l'on doit ce bien étrange The Only Child. Un nom qui pourrait sembler inconnu au commun des mortels, sauf pour les amateurs de la saga Evil Dead qui en ont forcément déjà entendu parler puisqu'il est aux commandes d'un projet nommé Evil Dead Rise, qui aurait cette fois une héroïne comme personnage principal. Une originalité qui ne manque pas de susciter une certaine attente ici.


Alors certes, le contexte général de The Hole in the Ground, rebaptisé The Only Child pour sa sortie française chez l'éditeur inspiré, Condor Entertainment, n'est pas d'une grande originalité puisqu'on se retrouve au cœur d'une forêt (ici de pins) sombre et inquiétante, dressée à quelques pas de l'habitation de nos deux héros, Sarah et son jeune fils, Chris. Autre impression de déjà-vu : les relations pour ainsi dire inexistantes entre ces deux êtres et la faculté pour la mère d'éluder le sujet en disent long sur l'amour qu'elle porte à son rejeton. Une mère isolée donc, visiblement en fuite et encore très marquée par un passé que l'on imagine violent, et dont la charge du fils constitue une vraie source de problème. Bien sûr, les choses empirent lorsque celui-ci disparaît quelque temps dans la forêt, puis à son retour, quand il semble animé par une nouvelle personnalité.

Si on pense récemment à Brightburn - L'Enfant du mal, la référence la plus prégnante est sans doute Mister Babadook de Jennifer Kent, ou Dark Water de Hideo Nakata, dans cette manière d'exploiter le drame qui se noue dans la vie de Sarah pour construire un contexte anxiogène efficace. The Only Child n'est pas de ces productions qui cristallisent la peur dans quelques jump scares hasardeux, préférant plutôt instaurer une tension psychologique progressive dans les observations de son héroïne (poussant le vice à nous en cacher certaines), dans les non-dits, dans la difficulté à accepter l'inimaginable.


On partage les doutes de Sarah, la mère, interprétée avec brio par Seána Kerslake (My Salinger Year, La Légende de Longwood), encore peu connue mais pas moins brillante. Est-elle folle ? Est-ce un trauma qui fait travailler son imagination ? Le malaise est là aussi, dans la peur de devoir affronter une situation impossible et qui conduit à la peur de son fils, Chris, interprété par le jeune James Quinn Markey, dont la bouille d'enfant modèle permet d'amplifier le trouble lorsque sa personnalité change.

Vous l'aurez compris, il ne faudra pas s'attendre à un gros film d'action puisque The Only Child est de ces métrages qui prennent leur temps pour installer leurs enjeux (la moitié du film en somme), mais, heureusement, Lee Cronin sait parfaitement distiller ce qu'il faut d'évènements étranges pour retenir l'attention du spectateur amateur d'œuvres vénéneuses qui misent tout sur leurs personnages.


Impossible d'en dire plus sans dévoiler une trop grande part de mystère, mais The Only Child a le mérite d'aller au bout de son concept sans noyer le spectateur dans une explication vague, voire fumeuse, qui aurait surtout pour objectif de cacher les failles scénaristiques. C'est justement grâce à ce petit supplément d'audace qu'il parvient à en sortir victorieux. Il est de ces œuvres qui prennent leur temps pour s'infiltrer dans l'esprit du spectateur et y implanter la graine du malaise. Et lorsqu'en plus de cela on profite d'une photographie hyper travaillée, mettant en valeur des décors naturels parfaits pour susciter un sentiment d'enfermement et d'angoisse, il n'y a plus vraiment de raison valable pour ne pas tenter une petite balade jusqu'à ce trou dans le sol...
N.F.T.


EN BREF
titre original : The Hole in the Ground
réalisation : Lee Cronin
distribution : Seána Kerslake, James Quinn Markey, Kati Outinen, David Crowley, Simone Kirby...
photographie : Tom Comerford
pays d'origine : Irlande / Royaume-Uni / Belgique / Finlande
budget : N.C.
année de production : 2019
date de sortie française : 24 mars 2020 (VOD/Canalplay) - 22 juillet 2021 (BD/DVD - Condor Entertainment)

durée : 90 minutes
adrénomètre : ♥
note globale : 3.5/5

† EXORCISME †
▲ Réalisation soignée
▲ Casting qui fait le taf
▲ Photographie et décors naturels

- DÉMYSTIFICATION -
▼ Lent
▼ Sujet d'apparence peu original
▼ Sortie limitée

LE FLIP
Sarah ne reconnaît plus son fils...

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Mister Babadook
Dark Water
Brightburn - L'Enfant du mal


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