LE LOUP-GAROU DE LONDRES (1981) de John Landis [Critique]

Évaluation du dossier : 5/5 []

David et Jack, deux jeunes américains, visitent l’Europe. Au milieu d’une campagne anglaise, et malgré les avertissements des locaux, ils se perdent dans la nuit, à la pleine lune et en pleine lande. Ils sont brusquement attaqués par un loup-garou qui lamine Jack et blesse David. À son réveil à l’hôpital, il découvre que cette attaque risque de lui laisser des séquelles aux lourdes conséquences...


Pépite horrifique teintée d'humour, Le Loup-garou de Londres s'offre un lifting UHD 4K sous l'égide de l'éditeur L'Atelier d'images. Une initiative louable qui permet de redécouvrir ce fleuron de la filmographie de John Landis


En 1981, John Landis a déjà sa petite réputation, ne serait-ce que pour sa mémorable scène de cassage de bagnoles de flics dans la comédie musicale The Blues BrothersOn y trouve d'ailleurs une connexion directe avec son film de lycanthropie puisqu'il comporte une scène similaire (la fameuse scène de panique à Piccadilly Circus) mais nettement plus radicale (plus gore en somme) et bien plus saisissante. Marquant dans la foulée au fer rouge la signature d'un cinéaste radical mais pas moins espiègle qui ne craint pas le mélange des genres, jouant des contrastes pour renforcer d'autant plus, du moins ici, l'intensité horrifique de son sujet. 

© L'atelier d'images

L’humour également lie ces deux métrages. Enfin, une certaine forme d’humour... Car si l’on rit de bon cœur dans The Blues Brothers, on rit plutôt jaune dans Le loup-garou de Londres. Si l’on met de côté l’aspect purement horrifique du film, il reste aussi toute une dimension spirituelle, formée à partir d'un savant mélange entre drame et humour. Tout l'art de John Landis ici étant de prendre de la hauteur sur la tragédie humaine en pratiquant un humour noir parfaitement calibré. Il parvient à détourner les clichés liés aux conséquences de la lycanthropie en la dédramatisant de façon tellement géniale qu'elle demeure tapie dans l’ombre malgré son omniprésence. 


Le film, sûrement l'un des meilleurs du genre, - j’entends déjà les fans de Hurlements hurler à la mort ! - traverse les décennies tranquillement sans prendre spécialement de coup de vieux mais au contraire en se bonifiant avec le temps. Ainsi, même si le Londres des années 80 fait très années 80, le thème du film passe au travers des mailles de la mode et l'on songe plus à une époque contemporaine qu’aux années 80 spécialement. Ce qui n'empêche pas de se sentir parfois franchement mal à l’aise tellement le jeu morbide est bien mené. Notamment le grand dilemme de David qui doit se résoudre au suicide s’il ne veut pas faire de victimes. L'apothéose étant sans doute atteinte au moment de sa transformation richement détaillées et assurée par l'un des génies du maquillage, Rick Baker (Furie, Massacre dans le train fantôme, Fantômes contre fantômes), dont le remarquable travail lui permettra d'obtenir l'Oscar du meilleur maquillage en 1982.


Dans Le Loup-garou de Londres, l’héroïsme facile (ou romanesque) n’existe pas et le traitement de Landis s'inscrit dans un réalisme dérangeant. David ne semble par être le héros qui se sacrifie pour sauver des vies et pourtant on le comprend et on le plaint. Le cinéaste semble poser deux questions pour le moins désagréables au spectateur : "- Et vous, est-ce que vous vous suicideriez pour éviter de causer des morts atroces ?  - Est-ce que celui qui aime la vie trouvera la force de s’autodétruire ?" Voici donc un élément de réponse. Du pur bonheur horrifique ! Et de la torture mentale en perspective… À noter que la nouvelle copie UHD 4K concoctée par l'éditeur L'Atelier d'images est une excellente raison pour découvrir ou redécouvrir avec un regard neuf, de nouveaux détails et un confort de visionnage incomparable ce fleuron de la filmographie du trop rare John Landis. Enfin, le cinéaste a annoncé voici quelques années la mise en chantier d'un remake pour lequel il devrait coiffer la casquette de producteur et son fils Max, celle de réalisateur. Mais les choses semblent au point mort. Affaire à suivre...
N.F.T.






EN BREF

Titre original : An American Werewolf in London
Réalisation : John Landis
Distribution : David Naughton, Jenny Agutter, Joe Belcher, Griffin Dunne, David Schofield, Brian Glover, Frank Oz...
Photographie : Robert Paynter
Musique : Elmer Bernstein
Pays d’origine : Grande-Bretagne/États-Unis
Budget : 10 000 000 $
Année de production : 1981
Date de sortie française : 4 novembre 1981 - 24 août 2021 (UHD 4K - L'Atelier d'images)
Durée : 97 minutes
Adrénomètre : 
Note globale : 5/5

 

 † EXORCISME † 
▲ Effets spéciaux
▲ Casting
▲ Scénario

 - DÉMYSTIFICATION - 
▼ Humour noir particulier
▼ Mélange des genres qui ne plait pas toujours
▼ ...

LE FLIP 
Les cauchemars morbides de David.

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