HALLOWEEN KILLS (2021) de David Gordon Green [Critique]

Évaluation du dossier : 3.5/5 []

 

Laurie Strode, sa fille Karen et sa petite-fille Allyson viennent d’abandonner le monstre au célèbre masque, enfermé dans le sous-sol de la maison dévorée par les flammes. Grièvement blessée, Laurie est transportée en urgence à l’hôpital alors que Michael Myers parvient à s’extirper des flammes et que son bain de sang rituel recommence. Les trois générations de femmes vont devoir s’associer à une poignée de survivants du premier massacre, et prendre les choses en main en formant une milice dédiée à la chasse et à la destruction du monstre, une fois pour toutes.


Fruit d'une collaboration ultra collégiale entre Universal Pictures, Trancas International Films, Malek Akkad, Jason Blum, Bill Block et une production déléguée partagée entre John Carpenter, Jamie Lee Curtis, Danny McBride, David Gordon Green et Ryan Freimann, Halloween Kills est plutôt relevé en termes d'horreur, mais au final un poil en deçà de la première suite sortie en 2018.

Après 3 années et une grave crise sanitaire, l'affreux Michael Myers est enfin de retour après un premier re-retour (qui annulait son premier retour, pour ceux du fond qui suivent pas). Inutile de revenir sur le premier volet qui nous avait franchement emballé pour sa violence, ses élans féministes qui mettaient au cœur de cette guerre la famille Strode et sa matriarche incarnée par une Jamie Lee Curtis prête à en découdre une bonne fois pour toute, mais aussi pour sa solide mise en scène et une incarnation plus que jamais redoutable du psychopathe Michael Myers.


Ici, le personnage montre de nouvelles facettes : un brin joueur déjà, ce qui n'est pas forcément une bonne idée puisque donnant de l'esprit à un personnage qui est censé en être totalement dépourvu. Une certaine déception nait aussi du fait que le premier film donnait une dimension guerrière au clan Strode et de l'espoir quant à leur objectif, mais finalement tout s'effondre au fil du métrage, dans une mise en échec systématique de la moindre tentative de détruire Myers. C'est sur ce principe, certes plutôt logique, que se construit cette suite, pour le moins étonnante, puisque disparait dans la foulée ce qui faisait un peu le charme du film de 2018 et cette fois on n'entrera pas dans les détails pour ne pas spoiler. Mais la frustration elle, est bien là. Même le rôle de Jamie Lee Curtis semble tellement réduit au strict nécessaire qu'il en devient inutile, en parfaite contradiction avec les promesses de la note d'intention initiale. On finit par faire face à une scénario un peu fourre-tout (en même temps rien d'étonnant au vu de la brochette de producteurs dans l'ombre !) qui part un peu dans tous les sens entre le faux Myers, les survivants, la milice, les chassés... de plus l'idée est bonne d'étendre l'impact du tueur jusqu'à provoquer une hystérie de masse, mais tous ces éléments censés donner du grain à moudre donnent, en fin de métrage, surtout l'impression désagréable de mener nulle part. 


Face à cela, il faut sans doute relativiser un peu et prendre de la hauteur. Le cahier des charges du slasher est parfaitement rempli et il ne fait aucun doute que cet épisode a une fonction purement transitoire et apporte des éléments difficiles à digérer, certes, mais qui auront leur importance dans le troisième volet, Halloween Ends qui devrait sortir l'année prochaine et déjà annoncé comme spectaculaire par le producteur Jason Blum. Sachant que la trilogie se déroule lors de la même nuit, limitant dans la foulée la marge de manœuvre (hors flash-back), on comprend mieux le côté un peu "tassé" du récit et on espère que Gordon Green saura remettre tout ça sur les rails. D'ailleurs, il serait injuste de réduire cette suite à ces quelques ombres au tableau, puisque le métrage fait le boulot, même davantage que son prédécesseur en matière de meurtres. L'hémoglobine coule à flot et il est fort probable que le sieur Myers obtienne avec ce film un score exceptionnellement élevé au tableau de chasse. Avec des victimes qu'il ne dessoude plus uniquement au couteau de chef cuisinier mais avec un peu tout ce qu'il trouve sur son chemin. Halloween étant un film d'horreur à la base, on ne va quand même pas lui reprocher cela.


Le film faisant des sauts dans le temps jusqu'à l'époque du premier opus, qu'il complète parfois, il assure le fan service de manière étonnante et véritablement réjouissante en faisant revenir des personnages plus ou moins secondaires, notamment lors d'un anniversaire plutôt glauque du massacre de 78 qui les réunit au pub du coin. L'occasion également de faire revenir le psychiatre de Myers, le doctor Loomis et ressusciter dans la foulée le regretté Donald Pleasance. On ne s'étonne pas vraiment de cela, Gordon Green ayant annoncé des ponts constants entre les 4 films : "Si on a bien fait notre boulot, il y aura au final quatre films formant un ensemble incroyable. Celui de Carpenter de 1978, celui de 2018, puis Halloween Kills et enfin Halloween Ends. Il y a des continuités thématiques qui vont au-delà de simples clins d’œil et du divertissement des fans. On espère qu’il y a du fond, de la pertinence et des personnages qu’on peut s’amuser à retrouver d’un chapitre à l’autre, même si on ne les a pas remarqués tout de suite en raison d’un moment d’inattention".


Si au final Halloween Kills génère de la frustration, souvent liée à l'évolution de ses personnages et à des ponts détruits (espérons pour être mieux reconstruits dans le chapitre final), le film fait le boulot en matière d'horreur. Une certaine touche féministe à mettre au crédit du premier volet en prend un coup, tout le monde en prend plein la tête d'ailleurs, même une certaine culture woke, très prégnante aux États-Unis, en prend pour son grade et se fait massacrer dans la foulée : des personnages féminins importants par-ci, un mec en jupe par-là, quelques blacks, un couple de gays, surement aussi un ou deux végans, un apôtres de l'écriture inclusive et un autre de l'autodafé (bon d'accord pour les trois derniers on invente !)... Bref, pas mal de "minorités" qui obtiennent aussi leur sale quart d'heure, générant, après tout, une forme d'égalité bien légitime...
N.F.T.


EN BREF 
titre original : Halloween Kills
réalisation : David Grodon Green
scénario : Scott Teems, Danny McBride, David Gordon Green
distribution : Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak, James Jude Courtney, Nick Castle, Anthony Michael Hall, Airon Armstrong, Will Patton, Robert Longstreet...
photographie : Michael Simmonds
musique : Cody & John Carpenter, Daniel A. Davies
pays d'origine : États-Unis / Royaume-Uni
budget : 20 000 000 $
année de production : 2021
date de sortie française : 20 octobre 2021
durée : 105 minutes
adrénomètre : ♥ 
note globale : 3.5/5

† EXORCISME † 
▲ Violent
▲ Angoissant
▲ Les ponts inattendus avec le premier film

- DÉMYSTIFICATION - 
▼ Au final très frustrant
▼ Le traitement de certains personnages
▼ Part un peu dans tous les sens

LE FLIP
Quand Myers déboule de nulle part... et qu'on l'on n'a pas le temps de courir !

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