[Critique] CATACOMBES (2014) de John Erick Dowdle

ADRÉNOMÈTRE  ♡ 
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Un réseau de souterrains complexe et inextricable s'étend sur des kilomètres dans les sous-sols de Paris. Ces catacombes accueillent la dernière demeure d'innombrables âmes. Lorsqu’une équipe d’explorateurs s’aventure au cœur d’une partie jusqu'alors inconnue de ce labyrinthe d’ossements, ils percent un terrible secret et découvrent la véritable vocation de cette cité des morts...

En terme de found footage, le meilleur côtoie le pire et ce dernier s'avère souvent bien supérieur en nombre.
En même temps, Le Projet Blair Witch, ou encore [Rec] ont depuis longtemps hissé la barre très haut, en associant avec intelligence le procédé caméra subjective aux propriétés immersives, et scénario horrifique exploitant intelligemment le found footage. Ils élevaient alors le sous-genre à une vraie cinématographie plutôt qu'au pur prétexte à faire flipper, Paranormal Activity, que l'on apprécie ou pas, ayant ouvert la boîte de Pandore à ce niveau...

Du coup la production déçoit souvent. Manque d'originalité, histoires insipides, manque d'efficacité -il est trompeur de croire que le côté immersif du procédé suffit à assurer un service minimum-, les dernières sorties chez nous, telles Sx Tape en DTV ou encore The Baby au cinéma, malgré leurs rares qualités, ne relevaient pas le niveau et n'auguraient rien de bon quant à l'avenir du found footage. Mais contre toute attente, Catacombes fait plus plutôt partie des meilleurs élèves.


La première bonne impression naît du fait qu'il a été pensé comme un film de cinéma, avec une "véritable" histoire, s'attachant à divertir le public -et le faire flipper-, sans le noyer dans un ennui profond. Pour y parvenir, le métrage pioche, et il a bien raison, dans ce que le genre propose de mieux en terme d'épouvante, ne serait-ce que pour maintenir un niveau de suspense honorable. 

On pense pêle-mêle à l'Australien, The Tunnel encore inédit chez nous, et évidemment à The Descent. Des modèles du genre en ce qui concerne la mise en place d'une atmosphère claustrophobique à mesure que les héros s'enfoncent dans les entrailles de la Terre. On songe également à The Hole de Joe Dante, puisque les personnages vont être confrontés à leurs traumatismes personnels. Et pour couronner le tout, à cela s'ajoute des éléments de désorientation à la Grave Encounters, achevant d'enfermer nos aventuriers -et le spectateur- dans un lieu sans topographie mouvante et sans porte de sortie. On passera, pour ne pas trop en dévoiler, sur le parcours initiatique qui attend les protagonistes dans ce labyrinthe géant et les épreuves à traverser pour obtenir le Saint Graal, enfin plutôt la pierre philosophale ici...

Ce qui nous conduit toutefois à une autre qualité de ce found footage. Car sans être un Indiana Jones à la sauce documenteur, loin de là, Catacombes flirte clairement avec le film d'aventure. De l'ouverture en Iran, jusqu'aux errances dans les catacombes parisiennes, John Erick Dowdle propose un mélange assez convainquant à base de terreur et de phases d'exploration, soumises à la résolution d'énigmes, autour de l'insaisissable pierre philosophale.


Contrairement au nombriliste Paranormal Activity, qui ne peut être apprécié qu'en tant que pur concept -qui se ronge désormais de l'intérieur-, Dowdle choisit le found footage pour mettre en image un scénario inhabituellement "étoffé" pour le genre. Le procédé est donc exploité judicieusement et on apprécie d'éviter effets de flou et maux de tête. 

Il faut dire que le bonhomme connaît son sujet, réalisateur du remake efficace mais inutile de [Rec], En quarantaine, adoptant un mode de récit plus classique sur Devil, il avait surtout choqué et marqué les esprits avec l'éprouvant faux documentaire The Poughkeepsie Tapes, relatant la traque par la police d'un meurtrier sadique et vidéaste... 


C'est donc un pari réussi pour John Erick Dowdle qui offre enfin un found footage d'épouvante digne de ce nom à l'année 2014, et s'applique à maintenir une tension tout en accrochant le public jusqu'au générique de fin. Certes on pourra toujours lui reprocher un manque d'ambition visuelle, notamment en ce qui concerne la mise en image du royaume des enfers, mais tout comme Le Projet Blair Witch avant lui, Catacombes assume son économie de moyen et joue parfaitement la carte de la suggestion voire du système D pour parvenir à ses fins. Les plus chauvins d'entre nous pourront même s'enorgueillir du fait que l'essentiel de l'action se déroule à (et sous) Paris. Le plus français des films d'horreur américains ? Un comble presque, à l'heure ou les exploitants de salles ne manifestent que trop peu d'intérêt pour le genre made in France...
N.T.

EN BREF
titre original : As Above so Below
pays d'origine : États-Unis
année de production : 2014
date de sortie française : 20 août 2014
durée : 90 minutes 
budget : ?
adrénomètre : ♥♥♥
note globale : 3.5/5

† HANTISE
▲ Un found footage avec un scénario
▲ Un côté "aventure" appréciable
▲ Atmosphère pesante

-  DÉMYSTIFICATION -
▼ Les allergiques au found footage le resteront
▼ Impression de non réalisation
▼ Ne cherche pas la crédibilité (vu que c'est la réalité !)

LE FLIP 
Isolé dans une cavité, un personnage est harcelé par une mystérieuse femme...

LIRE AUSSI
The Bay
The Dinosaur project
Le Chemin sans retour
The Tunnel 

 



Commentaires

  1. effectivement trop peu de salles ont ce film a l affiche, et il me tarde donc de visionner celui ci lors de sa sortie....

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