[Critique] OUIJA (2014/2015) de Stiles White

Évaluation du dossier : 2/5 [♥♥]

Un groupe d'amis se retrouve confronté à ses peurs les plus terribles après avoir utilisé une planche de spiritisme authentique qui abrite une entité surnaturelle malveillante.

Avec comme idée de base un tel titre, une planche Ouija à ne pas utiliser seul, et un personnage féminin qui ne peut s'empêcher de braver cet interdit, impossible de ne pas songer à une relecture moderne du Ouija de Kevin S. Tenney, produit dans les années 80.

Et malgré l'attachement – essentiellement nostalgique – à cette série B, pour les vieux routards des vidéoclubs que nous avons été, force est de constater que cette dernière avait quand même pris un petit coup de vieux et que pour une fois, l'idée d'un lifting paraissait séduisante. Cependant, il ne s'agit pas d'un remake officiel et assumé pour cette réalisation de Stiles White, véritable homme à tout faire puisque non content d'avoir fait ses premières armes au service de Stan Winston sur des films comme Sixième Sens ou Small Soldiers, le bonhomme coiffe ici sa casquette de scénariste (Possédée, Prédictions...) aux côtés de son épouse de productrice, Juliet Snowden. Bref, Ouija, c'est presque une histoire de famille...


Et la surprise aurait pu, aurait même dû être au rendez-vous puisqu'à la production on retrouve également deux férus du genre capables du meilleur, même si également exposés au pire. D'un côté, l'incontournable studio Blumhouse, spécialisé dans la série B d'épouvante et à qui l'on doit de chouettes moments de pétoche avec Sinister ou Insidious. D'ailleurs, Ouija se rapproche étrangement de ces deux films en plaçant la source du mal (ou une bonne partie) dans un grenier. De l'autre côté, on retrouve un nom spécialisé dans le remake horrifique (Massacre à la tronçonneuse et Amityville pour le meilleur, Vendredi 13 et Les Griffes de la nuit pour le pire), le bien nommé Michael Bay (Transformers, Bad Boys...). 

De quoi, aussi, faire saliver les pontes de la société Hasbro, détentrice de la licence du jeu "de société" Ouija, une tablette de tchat vers l'au-delà, visiblement très prisée des Américains. En effet, le jeu se fait plus rare chez nous dans les rayons lors des fêtes de Noël. Et pour cause, on imagine déjà la campagne de publicité : la période des fêtes, c'est aussi l'occasion de renouer le contact avec la famille et prendre des nouvelles de mamie, grâce à Ouija ! Attention, la marque dégage toutes responsabilités en cas de troubles de la personnalité inopinés, voire de possession démoniaque...


Cependant, loin des éclats d'un Marcus Nispel en pleine possession de ses moyens sur le remake de "Massacre" qui respectait le matériau d'origine fourni par Tobe Hooper, Ouija fait dans la mise en scène sans éclats, voire paresseuse au regard du déficit évident en terme d'atmosphère flippante. Moins percutant qu'Annabelle, qui pourtant manquait déjà de punch – et de fond –, Ouija est bien trop propre sur lui pour ne pas voir planer sans cesse le spectre du film d'exploitation pour collégiens. À ce titre, il ne serait d'ailleurs pas étonnant d'entendre parler de perturbations de séances par quelques crétins encore trop proches génétiquement de nos amis les singes  - pardon pour eux ! - pour pouvoir se tenir à carreau... 

Côté scénario, c'est un peu le même constat, sans surprise, puisqu'à quelques rares scènes près, dont une pendaison plutôt éclairée – avec des guirlandes de Noël – ou une lévitation qui s'achève par un coup du lapin inversé  – comprendra qui pourra ! – on ne peut pas dire qu'il révolutionne le genre. D'autant plus dommage que le casting n'est pas foncièrement mauvais, mené avec talent par la jeune et jolie Olivia Cooke, déjà vue dans la série Bates Motel et le pénible Les Âmes silencieuses de John Pogues ainsi que la mystérieuse Lin Shaye, habituée des films d'horreur avec à son palmarès une ribambelle de longs-métrages tels Les Griffes de la nuit, Hidden, Critters ou Dead End.


Outre une collaboration décevante entre Jason Blum et Michael Bay (elle sera toutefois renouvelée avec American Nightmare 2 : Anarchy), on regrette surtout le manque  d'envie de surprendre le spectateur, contrairement au Ouija de Tenney qui faisait quand même cet effort, lui donnant un intérêt autre que celui d'uniquement foutre la trouille. Et même de ce côté, malgré l'emploi de ficelles qui font encore leur petit effet, on se dit que le tout aurait pu être plus effrayant en approfondissant, par exemple, les effets sonores et surtout les effets spéciaux numériques souvent laids alors que les maquilleurs ne demandent qu'à bosser. Les moins exigeants se contenteront de ce résultat mi-figue, mi-raisin, alors que les autres trouveront Ouija creux et resteront sur leur faim. 
N.T.


EN BREF :
titre original : Ouija
pays d'origine : États-Unis
budget : 5 000 000 $
année de production : 2014
date de sortie française : 29 avril 2015
durée : 89 minutes
adrénomètre : ♥♥
note globale : 2/5

† HANTISE
Le Ouija
Certaines mises à mort
▲ Olivia Cooke et Lin Shaye
- DÉMYSTIFICATION -
▼ La mise en scène paresseuse
L'association Bay/Blum décevante
▼ Les effets numériques laids


LE FLIP : Un esprit s'invite à table lors d'une séance de Ouija.

LIRE AUSSI :
Ouija
Paranormal Activity
Les Âmes silencieuses
 


Commentaires

  1. Beaucoup d'indulgence... Je trouve ça atroce !!!

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    1. Indulgent ? Il me semble que l'on souligne très clairement les défauts de Ouija, qui a plus l'allure d'un film d'exploitation pour collégiens, que d'un chef-d’œuvre. Bon, la comparaison est un peu excessive, mais parler de film "atroce' ne l'est pas moins. On est d'accord que c'est très moyen, mais ça reste bien meilleur que de vrais films atroces comme le documenteur Épisode 50, ou encore le Eleven de Bousman, sans parler de La Maison hantée des frères Polonia, pour ne citer qu'eux... Pour nous il est très moyen, aseptisé et oubliable, mais aurait pu faire encore bien pire ;)

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  2. Quelques frissons au debut a cause de l'effet surprise et parceque bon voila on a envie d'y croire, mais franchement il n'est pas tres bon, même pour une soirée tranquille ou sympa. A eviter ... si possible.

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