[Critique] ANNABELLE (2014) de John R. Leonetti

ADRÉNOMÈTRE  ♡ 
NOTE  TV TV TV TV TV 

John Form est certain d'avoir déniché le cadeau idéal pour sa femme enceinte, Mia. Il s'agit d'une poupée ancienne, très rare, vêtue d'une robe de mariée. Une nuit, les membres d'une secte satanique s'introduisent dans leur maison et agressent sauvagement le couple. S'emparant de la poupée, ils y invoquent l'esprit d'une entité maléfique…

Devant le succès de The Conjuring, et en attendant sa suite, James Wan produit un spin-off autour de la poupée maléfique qu'il présentait au début du film dédié au couple Warren.
Une énième histoire de poupée maléfique donc, mais somme toute assez éloignée des poupons morfales du Dolls de Stuart Gordon et du pantin psychopathe, Chucky. D'ailleurs, censé s'inspirer d'une histoire vraie, Annabelle mise sur un certain "réalisme". Ainsi vous ne la verrez ni courir, ni parler, pas plus qu'entamer une chorégraphie sur un air de zumba. Le métrage se rapproche donc davantage de l’univers d'Insidious, qui fait la part belle aux situations flippantes, sans atteindre la mise en scène ultra léchée de The Conjuring. À cela, deux explications fondamentales peuvent être mises en avant : n'est pas James Wan qui veut derrière une caméra, et Annabelle brode avec un "petit" budget de 6 500 000 $ alors que le monument de l'épouvante de Wan bénéficiait d'un apport de  20 000 000 $...


Vous l'aurez compris, mieux vaut faire une croix sur la réalisation inspirée à laquelle nous a habitués le réalisateur de Dead Silence  – tiens encore une histoire de poupée –, ici remplacé par son directeur photo attitré John R. Leonetti. D'autant qu'il doit composer avec un scénario peu inspiré et souvent prévisible. Dommage, car l'ouverture est plutôt réussie et parvient à créer une certaine empathie pour ce couple saisi par le doute à l'arrivée de leur premier enfant, nous plongeant ainsi efficacement au cœur de l'action lors de leur agression sauvage par les membres d'une secte.

Pour ceux qui les auraient appréciés dans The Conjuring, le couple Warren et leur musée occulte ne sont que très vaguement évoqués. Dommage, puisque leur point de vue mêlant foi et science, permettait de sortir des habituelles explications purement religieuses, dont on n'est malheureusement pas épargnés cette fois. D'autre part, le studio, pour les raisons marketing que l'on devine, a eu la très mauvaise idée de dévoiler d'excellents moments de flip dans sa bande-annonce – pour un genre basé essentiellement sur l'effet de surprise, ça fait tâche –, ainsi certaines situations flippantes perdent toute leur saveur au moment de les retrouver dans le métrage.


Côté casting, ce n'est pas simple non plus. On est frappé, à partir du moment où l'élément fantastique se déclenche, par le jeu peu expressif des acteurs. Choix volontaire ou non, il en résulte que cette sobriété extrême entrave sérieusement le processus d'identification. D'ailleurs, l'hystérie provoquée par les situations est plus grande dans la salle que sur l'écran... On peine donc à s'attacher et partager les petits tracas d'une brochette de personnages caractérisés sans grande conviction. Sans parler des certaines interventions incongrues, à l'image des gamins qui dessinent dans l'escalier et disparaissent ensuite de l'intrigue sans laisser de trace. Ou des ficelles à peine dissimulées notamment lorsque la libraire bienveillante évoque son sentiment de culpabilité autour de la mort de sa fille, et commence à s'immiscer dans la vie du couple, à offrir des cadeaux au bébé en soulignant le sacrifice que représente la maternité... Bref, Annabelle ne fait pas dans la finesse, et il va falloir faire avec pour apprécier le voyage.


Heureusement pour rattraper tout ça, l'adrénomètre accuse des pics réguliers. Malgré une mise en scène sobre, à quelques zooms très seventies près, le résultat est là. On retrouve les traditionnels jump scares, et des efforts notables sont faits pour les justifier et les intégrer efficacement aux scènes les plus anxiogènes. Pour un film d'épouvante, l'essentiel du cahier des charges est respecté. Le travail sur la lumière offre aussi de grands moments de tension, notamment lorsque Mia va se trouver confrontée au démon "bélier" au sous-sol. Un moment qui reprend à sa sauce une scène remarquablement efficace dans Grave Encounters 2.

Handicapé par un casting sans relief, un scénario inabouti et un discours prosélyte bidon, Annabelle remplit toutefois haut la main son contrat frisson, et s'affirme avant tout, à l'image d'Insidious, comme un pur divertissement basé sur l'effroi, invitant le spectateur à un voyage éprouvant à bord d'un train fantôme. L'honneur est sauf  !
N.T.

EN BREF :
titre original : Annabelle
pays d'origine : États-Unis
année de production : 2014
date de sortie française : 8 octobre 2014
durée : 98 minutes
budget : 6 500 000 $
note globale : 3/5
adrénomètre : ♥♥♥

† HANTISE
Adrénomètre au taquet
Le travail de la lumière 
Dolls et Chucky pour se consoler... 

- DÉMYSTIFICATION -
▼ Scénario simpliste et prévisible
▼Discours prosélyte bidon
▼ Absence du couple Warren

LE FLIP : Une intrusion inopinée dans le cocon familiale...

LIRE AUSSI :
Insidious
Insidious : Chapitre 2
The Conjuring : Les Dossiers Warren
Dead Silence






Commentaires

  1. J'étais déjà très méfiant à la base de ce spin off opportuniste...
    Ton billet confirme mes craintes, je vais profiter qu'une VOSTFR est projetée à Lille pour tenter le truc quand même mais je n'en attends vraiment plus rien...

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  2. @Foxart : Je l'ai vu il y a quelques mois maintenant et c'est loin d'etre un bon film, tant sur l'epouvante qu'autre chose, sympathique tout au plus. Cependant, si vous avez peur d'office des poupees, alors oui, peut etre que ce film vous fera flipper, mais franchement a cote de The Conjuring, il fait pale figure !

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