[Critique] AMERICAN NIGHTMARE 2 : ANARCHY (2014) de James DeMonaco

ADRÉNOMÈTRE   
NOTE  TV TV TV TV TV 

Leo, un homme sombre et énigmatique, est hanté par la disparition de son fils. S'armant d'un arsenal offensif et défensif, cet homme est résolu à se purger de ses démons. Eva, une mère célibataire et sa fille adolescente Cali n'ont pas les moyens de s'offrir une bonne protection. Shane et Liz, un couple sur le point de se séparer, sont les victimes d'un acte de sabotage sur leur voiture à quelques minutes du début de la Purge. Leurs histoires vont se voir entremêlées dans ce chaos où ne sévissent que violence et inhumanité.

Aussi rentable qu’un investissement dans le pétrole en pleine révolution industrielle, American Nightmare aspirait évidemment à une suite. Le premier volet souffrait de quelques faiblesses soulignées par la critique, mais n’en restait pas moins un home invasion de bon aloi.
Ce dernier point, cependant, laissait un goût d'inachevé à ce thriller au concept novateur. Que les mécontents se rassurent toutefois, ce second opus va franchir les limites que le premier s’était fixé.


En situant cette fois la purge en direct des rues, il était prévisible que le film s’oriente vers un aspect survival horreur tandis que le précédent se construisait selon les codes du huis clos. On laisse donc de côté la claustrophobie des espaces confinés pour être emporté par l’adrénaline de l’anarchie régnant dans une mégapole américaine. Mais qui dit survival, dit aussi les pièges dans lesquels ce type de long métrage tombe régulièrement. À ce titre, on dira qu’American Nightmare 2 : Anarchy y laisse traîner un pied car il s’inscrit comme tant d’autres, dans cette logique où les protagonistes se déplacent d’un point A à un point B tout en s’acquittant des dangers à venir. Similaire à la quête d’un jeu vidéo, ce schéma scénaristique rincé est cependant contrebalancé par de nombreux rebondissements perturbant la linéarité de la progression.


Ce second volet tire également sa force de son casting au sein duquel Frank Grillo y interprète le guerrier impitoyable à la bonté dissimulée. On y retrouve Carmen Ejogo et Zoe Soul respectivement dans les rôles de la courageuse mère célibataire et de son adolescente de fille. Le groupe de survivants est également complété par le couple assez convaincant - pas étonnant puisqu'ils sont ensemble dans la vie - joué par Zach Gilford (The Baby) et Kiele Sanchez. Les personnages sont de bon goût et ne rentrent pas dans les archétypes classiques. Véritable cliché - pour rester politiquement correct et ne pas dire loi universelle -, la demi-douzaine de personnages, dont chacun sait si l’un est destiné à survivre ou pas, est devenue une mode agaçante et il est agréable de remarquer que certains longs métrages ont l’intelligence de s’en éloigner. C’est donc précisément ici qu’American Nightmare 2 tire son épingle du jeu, il crée de l’empathie et par conséquent un véritable enjeu. Chaque personnage a ses caractéristiques qui le définissent et lui offrent une identité propre détachée de tous les moules habituellement rencontrés. Il devient donc impensable d’envisager ou de souhaiter la mort d’un des protagonistes. On regrettera peut-être l’absence d’un cinglé charismatique comme Rhys Wakefield en avait fait la performance dans le premier volet.



À la réalisation et à l’écriture, on retrouve avec plaisir James DeMonaco. Et pour preuve qu’on ne change pas une équipe qui gagne, la production est pratiquement identique, toujours menée par Jason Blum bien décidé à enchaîner les franchises aux recettes exponentielles comme Paranormal Activity, Insidious, ou encore Sinister. Muni d’un budget triple à celui de son prédécesseur, American Nightmare 2 bénéficie de pas moins de 9 millions de dollars, faisant de lui une « grosse » production dans la mesure où les films d’épouvante n’atteignent que rarement une telle somme. 

On nous sert donc une œuvre haletante tirant même à l’occasion sur certaines cordes émotionnelles. Les défauts sont rares et vite oubliés, parmi eux, on regrette une carence bénigne en hémoglobine. La dénonciation atteint son paroxysme en dépassant celle qu’était le concept même de la purge. Le soupçon d’élitisme morbide est remplacé par une conspiration creusant encore plus l’écart entre la « haute » et les plus démunis. Mais il est inutile d’en dire plus afin de ne pas gâcher l'intrigue du film. 

American Nightmare 2 est-il meilleur que son prédécesseur ? La réponse la plus simple est de constater qu’il est différent mais de valeur au moins équivalente. Il ne reste, en fait, qu’à accepter les nouvelles règles de la purge. 
N.M.  
EN BREF :
titre original : The Purge : Anarchy
pays d'origine : États-Unis / France
budget : 9 000 000 $
année de production : 2014
date de sortie française : 23 juillet 2014
durée : 103 minutes
adrénomètre : ♥♥
note globale : 4/5


† HANTISE
▲ Le casting
▲ La purge dans les rues
▲ Rythme haletant

-  DÉMYSTIFICATION -
▼ Carences en hémoglobine
▼ On regrette le charismatique Rhys Wakefield
▼Schéma scénaristique rincé

LIRE AUSSI :
American Nightmare
Replicas
World War Z

LE FLIP : Des hommes masqués bien décidés à concrétiser leur chasse à l'homme...




Commentaires

  1. J'avais détesté le premier...
    Celui ci a le mérite d'être honnête, bien fichu et assez efficace.
    Bien meilleur, il n'y a même pas de comparaison !!!

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

En cours de lecture