[Critique] LE RETOUR DE CHUCKY (2017 - DTV) de Don Mancini

Évaluation du dossier : 3/5 []
Internée dans un hôpital psychiatrique pour criminels depuis quatre ans, Nica Pierce est convaincue à tort d’avoir tué, à la place de Chucky, toute sa famille. Mais l’horreur refait vite surface et s’empare des lieux après une série d’événements sanglants. Le doute n’est plus permis, la poupée tueuse au sourire diabolique est bien de retour...


Chouette il revient ! Oui mais dans quel état... Explosé à la fin du sixième épisode à coup de fusil et à bout portant par le petit Andy devenu grand, un certain mystère planait quant à l'avenir de notre jouet psychopathe préféré.
 
 
Heureusement, le cinéma d'horreur nous a habitués aux résurrections de boogeymen les plus improbables – inoubliable Freddy Krueger qui renaît grâce à de la pisse de chien dans Le Cauchemar de Freddy – et cette fois encore, rien ne pouvait réellement mettre un terme aux agissements de l'incarnation en plastique du meurtrier Charles Lee Ray.


Pour ce 7e film, Don Mancini, toujours aux petits soins pour son "doudou" sanguinaire, nous livre un prologue politiquement savoureux où les pro-armes deviennent de pauvres victimes influencées par la peur de leur propre Chucky. Amusant, oui, tout comme la répartie de la poupée toujours prompt à sortir une réplique savoureuse après un meurtre bien sanglant du type "des fois je me fais peur à moi-même", toujours en conservant ce traitement plus "sérieux" observé depuis La Malédiction de Chucky. Car avant d'être drôle, Chucky est d'abord une poupée sacrément dérangée, bien qu'elle croise souvent le chemin d'êtres d'apparence moins monstrueuse mais pas moins cruels.

Après avoir goûté aux joies du mariage ou de la parentalité et après nous avoir fait visiter le monde du cinéma ou de l'armée, cette fois Chucky nous embarque au cœur d'un hôpital psychiatrique. Un lieu, certes, ultra exploité dans le domaine du cinéma d'horreur – du Cabinet du docteur Caligari à Freddy 3 : Les Griffes du cauchemar, en passant par Madhouse, The Ward, The Incident ou encore Shutter Island pour n'en citer qu'une poignée –  mais au potentiel dérangeant intact, ne serait-ce quand dans l'approche pathologique des patients amenés à rencontrer le pantin psychopathe. On y trouve une brochette de personnages parfois drôles : la vieille sénile qui se prend pour un fantôme de Sixième Sens, d'autres fois attachants : le schizophrène un peu ringard, ou d'autres fois inquiétants : la mère infanticide qui donne la tétée à son poupon...


Au casting on retrouve outre la voix de Brad Dourif (Halloween 2007, Pulse, Urban Legend), sa fille, Fiona Dourif, dans le rôle de Nica, de retour après avoir survécu à La Malédiction de Chucky, mais également Alex Vincent, aperçu dans le précédent volet et qui laissait augurer le retour d'Andy, le premier malheureux propriétaire de la poupée dans l’œuvre matricielle, sans oublier la sensuelle Jennifer Tilly, fidèle au poste depuis La Fiancée de Chucky (presque 20 ans déjà) dont le personnage s'amuse de sa ressemblance avec... Jennifer Tilly. Parmi eux, les "petits nouveaux" parviennent à trouver leur place, dont Allison Dawn Doiron (Seed), Dan De Jaeger (ATM), Michael Therriault (Damien) ou encore Zak Santiago (The Eye, Witches of East End)...

Près de 30 ans après sa création et pour ceux qui ne craignent par de se voir déflorer les nouveautés de ce nouvel opus – pour les autres, merci de passer directement au paragraphe suivant – on peut évoquer l'idée plutôt amusante de multiplier les poupées puis les animer grâce à un nouveau culte que Charles Lee Ray a déniché sur internet. Malheureusement, on regrette presque que cette démultiplication n'entraîne pas un nombre plus conséquent de meurtres, ce qui est censé quand même être le passe-temps favori de Chucky... Toutefois pas de panique, le programme reste très honorable et promet, outre une décapitation et autre énucléation, le minimum syndical d'horreurs visuelles qui pérennise la longue tradition meurtrière du pantin. D'ailleurs, le sang ressort plus que jamais dans cet hôpital aux couleurs dénaturées, extrêmement froides, sans doute pour mieux souligner ici les limites de la décoration moderne excessivement épurée que Chucky, en mode "décorateur d'intérieur", vient rééquilibrer...


Donc oui, fidèle à sa légende, Chucky offre avec cette séquelle quelques meurtres bien sanglants et son lot de frisson, même si l'on peut regretter des phases un peu trop bavardes. On se félicite toutefois que la franchise conserve ici, en partie, la magie des effets mécaniques, ce qui lui apporte une authenticité rare. Et après tout, Chucky est l'un des rares croquemitaines rescapés des années 80, détrônant, et enterrant même – qui l'aurait cru – Freddy Krueger et Jason Voorhees, que les remakes ne sont pas parvenus à replacer au sommet de l'affiche. Bien joué Chucky ! Non, je n'ai pas dit viens jouer ! Aaaargggh !
N.F.T.


EN BREF
titre original : Cult of Chucky
distribution : Allison Dawn Doiron, Alex Vincent, Brad Dourif, Fiona Dourif, Jennifer Tilly...
pays d'origine : États-Unis
budget : 5 000 000 $
année de production : 2017
date de sortie française : 24 octobre 2017 (DTV - Universal)
durée : 91 minutes
adrénomètre :
note globale : 3/5

† EXORCISME †
▲ Animation mécanique
▲ Gore
▲ Fun

- DÉMYSTIFICATION -
▼ Animation numérique
▼ Bavard
▼ Cadre classique pour un film d'horreur

LE FLIP
Chucky veut tirer une bouffée dans une cigarette...

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