The Incident (2011/2012 - DTV) de Alexandre Courtès

ADRÉNOMÈTRE  ♡ 
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Trois musiciens rêvent de connaître la gloire grâce à leur groupe de rock, mais survivent, en attendant, en travaillant comme cuisiniers dans un asile psychiatrique. Un soir, le système de sécurité tombe en panne à cause d'une grande tempête. Les patients, extrêmement dangereux, profitent de l'occasion pour fuir de leurs cellules, et neutraliser les gardiens. Les trois cuisiniers, isolés, se retrouvent alors face à un danger de mort...

C'est un passage au long-métrage réussi pour Alexandre Courtès, notamment connu jusqu'ici pour ses clips réalisés pour Noir Désir (Le Vent nous Portera), mais aussi Justice, U2, Jamiroquai... 
Un exercice ultra périlleux, tant les enjeux techniques, artistiques et économiques diffèrent et auxquels le bonhomme fait face avec une aisance déconcertante.
Extrêmement original, The Incident commence par s'intéresser aux relations d'une bande de potes qui partagent, en plus de leur vie de groupe de rock, leur vie professionnelle dans les cuisines d'un asile. Un endroit qui paraît très vite malsain quand sonne l'heure de servir les repas. Par la suite, il est moins question de survivre aux assauts d'une bande de psychopathes en roue libre, qu'engager une réflexion sur la vie d'un groupe, qui bat sérieusement de l'aile, et les choix individuels qui la fragilise. Un thème traité de manière très originale et qui, évidemment, touchera droit au cœur les rockers dans l'âme qui connaissent, ou ont connu, les affres de la vie de groupe. Une fois le film passé en mode survival, la situation est tellement critique que les "zikos", dotés d'un instinct de survie inné et refoulé, libèrent leur propre violence qui au final, les rend aussi fous que les internés. The Incident s'ingénie dès lors à souligner, jusqu'à sa dernière séquence, l'infime frontière qui sépare les personnes "saines" de la folie....

Une vitrine qui fait figure de frontière fragile et symbolique entre folie et esprit sain.
L'horreur, d'abord suggérée, rien de tel en effet que d'effroyables cris ponctués de coups pour imaginer le pire, se mue progressivement jusqu'à virer à un carnage plus graphique. Parmi ces débordements dégueu figurent un arrachage de pif avec les dents, un homme cuit vivant, ou encore un corps décapité... Tout un programme. Si côté trouille, il ne se passe rien de bien excitant, The Incident est souvent tendu comme un arc. Et grâce à un suspens parfaitement orchestré, il est impossible de ne pas ressentir une angoisse permanente à l'intérieur de cet hôpital psychiatrique désormais coupé du monde.  Il est juste conseillé de ne pas oublier de muscler son cerveau pour la fin du métrage, dont la légère pirouette scénaristique nécessitera un peu de réflexion. Une initiative fort appréciable tant elle nous ramène aux films codés de David Lynch.

L'ambiance de The Incident, subtile mélange d'atmosphère angoissante et d'action musclée, n'est pas sans rappeler par ailleurs le cinéma de John Carpenter par son utilisation du scope et de la musique, ainsi que le soin apporté au cadre... De là à dire que Courtès a réalisé L'Antre de la Folie que les détracteurs du film de big John désiraient, il n'y a qu'un pas que la sagesse m'encourage à ne toutefois pas franchir...
N.T.

En bref :
titre original : The Incident
pays d'origine : France / États-Unis / Belgique
année de production : 2011
budget : 500 000 $
date de sortie française : 4 juillet 2012 (DTV - M6 Vidéo)
adrénomètre : ♥
note globale : 4/5

Le flip : Un patient vous observe constamment...



Commentaires

  1. Il y a longtemps que je n'ai pas vu une histoire aussi nullissime. Le scénariste est débile ou a 3 ans. On se demande bien quels hopitaux psychiatriques le réalisateur a pu visiter.
    Un surveillant/gardien/flic? (aucun personnel soignant!!!!!!)pour une cinquantaine de détenus/malades/serial killers? ultra intelligents!!! qui, on se demande pourquoi, ont attendu des lustres pour se révolter. Forcément on voit tout arriver à 10000 km et on se fout très vite de ce qui peut suivre. Supportées les 10 ères minutes (quand on est sympa et bon public) on plonge dans un festival de choses archi vues et rererevues ( nuit d'orage, coupure de courant... !!!) et d'incohérences. Ne pas confondre accumulation de clichés gratuits et film de genre.
    Quels rapports avec Lynch et Carpenter ??????????
    J'ai quand même tenu 35 minutes.

    Remi Duvoilont.

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  2. L'éternelle question des goûts et couleurs... Je le répète, ne pas aimer une histoire n'en fait pas une mauvaise histoire pour autant. Pas plus d'ailleurs qu'une immersion en milieu hospitalier des créateurs l'aurait rendu meilleur. L'intérêt du film n'est pas vraiment dans la quantité du personnel soignant, ni dans une dénonciation sociale qui conduit les patients à la révolte, mais plutôt dans l'ambiance et la situation difficile dans laquelle on plonge avec les personnages. Et la mise en scène de Courtès participe parfaitement de ce climat mystérieux et violent. En ce qui concerne Lynch ou Carpenter, tout est expliqué dans la critique, à moins que tu n'en aies lu qu'un tiers, tout comme tu n'as vu qu'un tiers du film ?? Ceci relève presque de la critique d'un film que tu n'as pas vu finalement ? Petit malin... ;) N.T.

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