[Critique] THE JANE DOE IDENTITY (2016/2017) d'André Øvredal

Évaluation du dossier : 3.5/5 [♥]

Quand la police leur amène le corps immaculé d’une Jane Doe (expression désignant une femme dont on ignore l’identité), Tommy Tilden et son fils Austin, médecins légistes, pensent que l’autopsie ne sera qu’une simple formalité. Au fur et à mesure de la nuit, ils ne cessent de découvrir des choses étranges et inquiétantes à l’intérieur du corps de la défunte. Alors qu’ils commencent à assembler les pièces d’un mystérieux puzzle, le crématorium devient le théâtre d'évènement surnaturels...

Sept ans que l'on attendait le retour d'André Øvredal depuis qu'il nous avait largué sa bombe Troll Hunter, un monster movie en mode found footage qui, en un seul film, l'avait assis dans le fauteuil convoité des réalisateurs à suivre de près.
Avec The Jane Doe Identity ("traduction" française inspirée du titre original The Autopsy of Jane Doe...),  le cinéaste norvégien met cette fois de côté les monstres géants pour, à l'inverse, se frotter au huis-clos suggestif et minimaliste.

Grâce au soin apporté à sa réalisation, il parvient dès les premières images à donner du relief à son sujet et plonger le public dans un univers suffisamment crédible et réaliste pour l'immerger dans une histoire qui, dans un premier temps, semble annoncer une "banale" séance d'autopsie médicale. Difficile toutefois d'en dire plus dans le mesure ou l'essentiel de l'intrigue tient justement au mystère qui s'épaissit à mesure que le travail des deux médecins avancent.


Cela ne nous dispense pas en revanche de s'intéresser à la prestation des acteurs principaux, Brian Cox (Zodiac, Trick'r Treat, Le Cercle) convaincant dans ce rôle de patriarche attaché à transmettre son savoir-faire au fiston consciencieux et proche de son père interprété par Emile Hirsch (Speed Racer, Hotel Woodstock). Des personnages qui verront leur amour parental et filial mis à rude épreuve... Il serait toutefois injuste de passer sous silence la – brève – présence à l'écran d'Ophelia Lovibond (Chatroom, Les Gardiens de la galaxie) dans le rôle de la petite-amie du fiston et celle de Michael McHelhatton (Le Sanctuaire) dans celui du flic.

Produit notamment par IM Global à qui l'on doit quelques belles références de l'épouvante contemporaines comme Sinister, The Bay, Dark Skies ou The Lords of Salem, The Jane Doe Identity propose un bad trip movie, digne d'un épisode de La Quatrième dimension, le gore en plus. Car le métrage ne ménage pas le spectateur et se permet quelques scènes de charcutage assez graphiques qui pourraient choquer les plus fragiles, bien que l'intérêt du film ne soit, heureusement, pas uniquement là.


Ce huis clos rusé cherche avant tout à échafauder un climat pesant, puis progressivement étouffant à mesure que le duo avance dans ses recherches. Certes, le contraire aurait été étonnant lorsque l'on enferme des personnages dans une cave glauque, transformée en morgue, aux couloirs sombres et aux frigos remplis de cadavres.  Cependant, on regrette que la gestion des mécanismes de l'épouvante manque de punch et que l'ensemble s'avère au final moins flippant qu'il aurait pu l'être. On est donc encore loin  d'un monument du genre, du calibre de The Conjuring. On peut toutefois rapprocher sa rigueur d'écriture à d'autres œuvres indépendantes comme The Innkeepers de Ti West ou The Pact de Nicholas McCarthy.

Malgré ses qualités en termes de casting, de mise en scène et d’atmosphère, The Jane Doe Identity peine à convaincre là où on l'attend le plus : son capital pétoche. Certes, la tension y est bien palpable, mais les scènes les plus intenses et prometteuses s’essoufflent généralement avant d'atteindre le climax tant attendu. Toutefois, le résultat est plus qu'honorable et à le mérite de tenter des choses, jusqu'à son dénouement qu'il parvient à plutôt bien préserver. Le jury jeune du festival de Gérardmer ne s'y est d'ailleurs pas trompé en lui décernant son prix en 2017.
N.F.T.

EN BREF
titre original : The Autopsy of Jane Doe
distribution : Brian Cox, Emile Hirsch, Ophelia Ovibond, Michael McEllatton...
pays d'origine : Royaume-Uni / États-Unis
budget : Estimation entre 1 & 2 000 000 $
année de production : 2016
date de sortie française : 31 mai 2017
durée : 99 minutes
adrénomètre : ♥
note globale : 3.5/5

† EXORCISME †
▲ Huis clos étouffant
▲ Scénario original
▲ Casting

- DÉMYSTIFICATION -
▼ Manque de punch
▼ Histoire minimaliste
▼ Pas assez effrayant

LE FLIP
La clochette accrochée à la cheville d'un cadavre se met à sonner...

LIRE AUSSI


Commentaires

En cours de lecture