[Critique] THE INNKEEPERS (2011/2013 - DTV) de Ti West

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Après cent ans d'existence, l’hôtel The Yankee Pedlar n'est qu'à quelques jours de sa fermeture définitive. Les derniers employés, Claire et Luke, sont bien décidés à profiter du peu de clients pour percer le mystère de cet établissement considéré comme le plus hanté de la Nouvelle-Angleterre...

Pas simple de faire original lorsque l'on décide de s'attaquer au film de maison hanté, surtout quand le genre est ponctué de chefs-d’œuvre auxquels il sera systématiquement (et à tort), comparé.
Pour Ti West, jeune passionné du genre qui s'est déjà fait remarqué au poste de réalisateur sur le segment "Second Honeymon" de V/H/S, sur le sketch, "M for Miscarriage" dans The ABCs of Death , mais également sur des longs métrages tels l'étonnant The House of the Devil, la séquelle de Cabin Fever ou prochainement, The Sacrament, il n'est pas question de se laisser impressionner. Et en effet, le jeune réalisateur a compris la parade, qui consiste en toute modestie, à apporter sa patte, sa plus value, sans craindre de jouer avec les codes d'un genre ultra balisé.


Ce petit extra, il ne va donc pas le chercher dans les apparitions de fantômes, somme toute assez classiques, tout comme les maquillages, ni dans les multiples manifestations surnaturelles, ni les travelling de couloir, ou dans l'usage de la suggestion, qui ne révolutionnent rien non plus, mais plutôt dans l'écriture de ses personnages. Des personnalités souvent fortes, atypiques et parfaitement dessinées. Il est donc ici question d'un duo d'employés, dont on partage l'ennui depuis la réception de l'hôtel, et ayant pour hobbies, la chasse aux fantômes. Présenté comme des anti héros, ces derniers nous renvoient directement, accentué par la bande son de Jeff Grace faussement guillerette, à quelques pépites des années 80, à l'image de SOS Fantômes et sa parfaite alchimie entre humour et épouvante.

Ti West, de son côté, ne cesse d'étonner, chacun de ses projets témoignant d'un amour du genre et d'une progression constante. Sa mise en scène s'avère ici plutôt soignée, voire même élégante, préférant jouer sur la mise en place d'atmosphères, via des mouvements de caméra discrets, plutôt que sur un montage épileptique. Mais l'autre intérêt de The Innkeepers réside dans ses personnages et, donc dans son casting, parfaitement choisi, avec en tête Pat Healy (Six Feet Under, Magnolia) qui campe un spendide amateur de surnaturel courageux mais pas téméraire, mais surtout Sara Paxton (La Dernière Maison sur la Gauche) qui incarne une jeune adulte coincée et maladroite, dont la fragilité apporte un cachet inhabituellement réaliste dans ce genre de métrage.


Au rayon peur, Ti West s'il ne propose pas le film d'épouvante de l'année, parvient à créer et entretenir quelques moments de pure angoisse, la décoration de l'hôtel favorisant le sentiment de malaise, toute comme la visite de la cave, toute en tension, et offre même de temps en temps un petit jump scare histoire de pimenter un peu tout ça. Privilégiant les ambiances davantage que les effets ponctuels et marqués, il se rapproche un peu de Conjuring : Les Dossiers Warren sorti quelques semaines plus tôt en salles. D'ailleurs on retrouve dans les deux films l'utilisation paroxystique de la suggestion, lorsque la terreur naît uniquement d'un personnage effrayé, filmé en gros plan, sans jamais montrer l'objet de son tourment.

Ainsi, si le contrat peur est tout juste respecté, les amateurs de frayeurs soutenues et d'attaques de spectres en tout genre s'exposent à une petite déception. Toutefois, difficile de faire la fine bouche face aux efforts menés sur la caractérisation de ces personnages paumés, mais plutôt réalistes et profondément sympathiques. Une autre qualité du métrage tient dans l'emploi de l'humour, suffisamment équilibré pour ne pas le faire tomber dans la comédie potache – il disparait d'ailleurs dans la dernière partie –, ainsi qu'une mise en scène inspirée qui donne à The Innkeepers une identité propre. Et malgré un budget mini, inférieur à 1 million de dollars, ce dernier est très loin de sombrer dans l'accumulation de clichés habituelle du genre. Une petite surprise en somme, bien sûr, pour qui veut bien se laisser surprendre.
N.T.

EN BREF
titre original : The Innkeepers
pays d'origine : États-Unis
année de production : 2011
date de sortie française : 28 août 2013 (DTV - TF1 Vidéo)
durée : 105 minutes
budget : 750 000 $
adrénomètre : ♥♥
note globale : 3/5 


† HANTISE
▲ Les personnages
▲ L'humour
▲ Évite l'accumulation de clichés du genre
 -  DÉMYSTIFICATION -
▼ Pas le film d'épouvante de l'année
▼ Histoire de fantômes classique
▼ Un peu mou

LE FLIP
La cave...

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