[Critique] REPLICAS (2012/2014 - DTV) de Jeremy Power Regimbal

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Après la mort accidentelle de leur fille, la famille Hughes quitte pour un temps sa vie urbaine et frénétique pour se ressourcer dans une maison de campagne isolée. Ils font très vite la connaissance de leurs étranges voisins qu’ils se sentent obligés d’inviter à dîner...

Prenez Funny Games, expurgez-le de son discours un poil prétentieux et de sa violence gratuite, conservez son contexte hautement anxiogène et vous vous rapprocherez sans doute de Replicas (In their skin), qui, bien qu'aux prétentions moins "intellos", n'a pas à rougir de son modèle.
Mieux, là où l'Autrichien Michael Haneke se tire une balle dans le pied en nous servant un étrange plaidoyer de type "arroseur arrosé" et dénonce le voyeurisme intrinsèque à la violence sur pellicule, Replicas s’affranchit de tout cynisme et s'affirme assez rapidement comme un home invasion simple, mais efficace.

D'ailleurs, il s'écoule peu de temps avant que le malaise s'installe autour de cette famille en reconstruction suite à un terrible affront du destin. Ce dernier semble par ailleurs s’acharner sur eux, et autant dire que la tension ne descendra plus une fois qu'ils seront face à leurs pseudo-voisins aux mauvaises intentions évidentes. 


Ce suspense tendu comme un arc, est obtenu grâce à un scénario suffisamment huilé pour rendre le trio d'intrus de plus en plus inquiétant. Les prouesses sont aussi à relever niveau casting, absolument impeccable dans les deux clans. Le couple en reconstruction, fragilisé par la perte de leur enfant, est interprété par Salma Blair (Scream 2, Hellboy) et Joshua Close (L'Exorcisme d'Emily Rose, Diary of the Dead). Ils donnent  la réplique à la très perturbée Rachel Miner (L'Effet Papillon 3) et l'effrayant James D'Arcy (L'Exorciste, au Commencement, American Haunting). Les ados livrent une performance tout aussi crédible. Quinn Lord est abonné aux films d'horreur (Possédée), et aux rôles pour le moins singuliers dans Trick'r Treat ou encore The Hole et Alex Ferris a essentiellement évolué dans le monde de la série télé, et notamment pour Tobe Hooper dans la deuxième saison des Masters of Horror.


Pour son premier long-métrage, Jeremy Power Regimbal, issu du monde de la pub et du clip vidéo, livre un thriller efficace, un home invasion simple mais pas moins effrayant, avec pour toile de fond, le fossé creusé entre les classes sociales par un capitalisme exacerbé, et le sentiment d'inégalité qui en découle. Au-delà de ce message sociétal que tout à chacun jugera selon sa sensibilité, et s'il n'atteint pas la radicalité de Funny Games, auquel il est, à raison, systématiquement comparé, Replicas tire son épingle du jeu grâce à un casting béton et son scénario. Même si conventionnel, ce dernier est parfaitement calibré pour maintenir un climat anxiogène jusqu'à son dénouement. Et on ne lui en demandait pas plus...
N.T.

EN BREF : 
titre original : Replicas ou In their skin
pays d'origine : Canada
année de production : 2012
date de sortie française : 13 septembre 2014 (DTV)
durée : 92 minutes 
budget : 4 000 000 $
adrénomètre : ♥
note globale : 3.5/5

† HANTISE
▲ Scénario parfaitement huilé
▲ Climat anxiogène du début à la fin
▲ Casting impeccable

-  DÉMYSTIFICATION -
▼ Histoire conventionnelle
▼ Moins radical que Funny Games
▼La partie "exposition" un peu longue

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