Paranormal Activity 4 (2012) de Henry Joost et Ariel Schulman *

Résumé :  Henderson, une banlieue tranquille quelque part dans le Nevada. Alex, 15 ans, et Wyatt, 6 ans, mènent une existence sans histoire auprès de leurs parents jusqu'au jour où une jeune femme et son fils emménagent dans la maison d'en face. À la suite de l'hospitalisation soudaine de cette dernière, le gamin, Robbie, est recueilli par la famille d'Alex. L'adolescente réalise très vite qu'il il y a un lien entre l'enfant et les phénomènes étranges qui surviennent depuis peu dans la maison.

Terreur Vision (garanti sans spoiler) : Est-ce que la mise en chantier d'un quatrième Paranormal Activity était nécessaire ? Sans aucun doute, les fans acharnés répondront oui et à juste titre puisque de nombreuses interrogations étaient laissées en suspens à l'issue du deuxième film (et non pas le troisième qui se déroule chronologiquement avant le premier opus) et méritaient de trouver enfin une réponse.

La première étant bien entendu, de savoir ce qui est arrivé à Hunter et tante Katie, mais aussi d'en savoir plus sur ce mystérieux Toby, sur ce pacte avec le mal, entretenu par une confrérie de sorcières à qui l'on a visiblement refusé le terme cela dit très laid de consoeurie... Et tandis que les indécrottables détracteurs, opposants, manifestants et même voyants extralucides (si si, vous savez, ceux qui critiquent sans avoir vu les films !) de toute sorte ne manqueront pas de rappeler le sacrilège cinéphilique que constitue cette œuvre au combien blasphématoire et nuisible à la bienséance cinématographique, il faut bien se rendre à l'évidence... Et admettre que cette fois, ils ne sont pas loin d'avoir raison.

Une nouvelle tendance devrait donc se dégager à la suite du visionnage de ce quatrième opus pourtant plein de promesses mais qui, au final, ne répond pas vraiment aux questions, même pire, se permet d'ouvrir de nouvelles portes, comme si la saga allait encore tenir des années, alors que la récente vague de found footage la met régulièrement à l'amende. Donc ce nouveau groupe qui jusque-là, avait su apprécier la constante évolution garantissant la réussite de la franchise, sortira de la salle, avec une impression persistante d'amertume.

Car à y regarder en détail, le compte n'y est pas. On est loin, voire même très loin de ce qui sauvait jusqu'ici la série, à savoir une économie de moyen qui rendait les mécanismes de certains effets de peur fascinants, et nécessitait d'innover pour ne pas trop donner l'impression de refaire à chaque fois le même film. Par exemple la trouvaille du premier était bien évidemment le concept global de la maison hantée présentée sous forme de journal vidéo, mais surtout ces plans inquiétants qui montraient Katie observer son mari la nuit debout face au lit pendant des heures... Et puis dans le deuxième film on assistait à la multiplication des points de vue grâce à l'installation de caméras dans toute la maison, permettant une certaine linéarité dans la narration. Enfin dans le troisième film, c'est une caméra montée sur un ventilateur qui balayait cuisine et séjour, permettant de formidables jeux de hors champ et d'intrusion dans le cadre... Or ici, le plus gros de l'astuce du film tourne autour des nouvelles technologies et plus particulièrement du Kinect (merci le placement de produit !) qui, un fois passé l'émerveillement face à ces milliers de points qui s'affichent en vision nocturne, digne d'une soirée disco chez Luke Skywalker, n'apporte au final rien d'autre qu'un jeu d'apparitions furtives, limite imperceptibles, et donc dénué de tout effet d'angoisse.


Les webcams enregistrées ou en live sont également omniprésentes, une trouvaille qui tire peut-être davantage son épingle du jeu que le Kinect puisqu'elle permet au spectateur de voir ce que le personnage ne voit pas, soit derrière lui. Un effet parfois efficace, sauf qu'il n'est pas sans rappeler l'un des segments les plus flippants du film V/H/S, bien mieux réussi, dans lequel une jeune fille est en proie à des apparitions de fantômes d'enfants.


Donc oui, on flippe, mais très peu, et pendant près d'une heure, la trouille n'est jamais provoquée par un effet paranormal (donc déstabilisant) mais par l'accumulation de jumpscare foireux. Évidemment, dans la salle, l'effet fonctionne chez les moins aguerris, mais on est loin du climax atteint par les précédents opus. Un comble pour un film d'épouvante... Et puis l'histoire, de son côté, semble s'étendre à l'infini, à croire que les scénaristes ont rédigé un épisode pour une série télévisée. Sauf que c'est bien du cinéma et que passé les 20 première minutes et le bonheur de retrouver enfin notre bon vieux found footage d'halloween, on attend vainement qu'arrive LE truc qui installera enfin un climat d'angoisse persistant. Dommage car, comme de coutume, les dernières minutes sont mémorables, même si elles s'inspirent directement de l'ambiance et de l'univers graphique d'un Grave Encounters, un modèle du genre qui aura poussé très loin le concept du found footage d'épouvante.

L'une des rares qualités de Paranormal Activity 4, est de proposer plusieurs mini intrigues simultanées que l'on suit avec un certain intérêt (la scène du couteau inopinément disparu est l'une d'elle, tout comme celle de cet étrange voisin, le mystérieux Robbie, et ses cachotteries avec le jeune Wyatt, ou encore le mystère que recèle la maison des voisins). À noter que le film réserve également un petit twist dans son dernier tiers étonnant et plutôt bien vu. Un autre point à mettre au crédit PA4 est la capacité de son casting à faire gober ce grand n'importe quoi surnaturel tout en ajoutant une pincée d'humour bien vue, déjà intégrée avec parcimonie dans PA3. Le couple d'ado est à ce titre remarquable et offre quelques échanges cocasses. On note aussi quelques références ici ou là à des classiques de l'épouvante tels Poltergeist et l'incontournable scène des chaises mouvantes dans la cuisine, ou de l'enfant parlant à un écran de télévision (remplacé ici par le système Kinect) mais surtout, Shining, où la scène du tricycle prend cette fois une tournure assez inattendue, répondant directement à la séquence culte du chef-d’œuvre de Stanley Kubrick.


Un résultat mi-figue, mi-raisin donc, d'où un certain questionnement qui va, à chaud, jusqu'à faire douter des raisons qui pourrait avoir motivé cet attrait pour la saga. À savoir si, finalement, cet intérêt ne serait pas qu'un accident, un pur fruit du hasard... Un argument tout cuit pour les détracteurs, certes, mais pour ne pas dramatiser la chose plus qu'elle ne le mérite, toutes les franchises des Griffes de la Nuit à Vendredi 13, de Massacre à la Tronçonneuse à Halloween ont eu leurs films boulets. Sauf qu'ici l'échec est d'autant plus cinglant qu'il vient casser pour la première fois une dynamique d'amélioration constante.

Enfin, face à un hypothétique tribunal où la saga semble devoir constamment justifier sa raison d'être, les questions et les réponses seraient claires et concises, du genre : Paranormal Activity 4 fait-il peur ? Oui, pour les plus jeunes et les moins aguerris au genre, pour les autres il faudra attendre les ultimes minutes ! PA4  propose-t-il un scénario ? Bof ! Un quatrième opus était-il légitime ? Oui, s'il avait répondu aux questions découlant des précédents films plutôt que de chercher à tirer encore l'ensemble vers un cinquième volet d'ores et déjà programmé. Dans ce cas, peut-être serait-il temps de mettre un peu de sang neuf au scénario et à la réalisation. Et songer à mettre un terme définitif à la saga tant qu'il en est encore temps...
N.T. 

En bref : 
titre original : Paranormal Activity 4
pays d'origine : États-Unis
année de production : 2012
date de sortie française : 31 octobre 2012
durée : 95 minutes 
adrénomètre : *
note globale : 2.5/5

Lire aussi : 
Paranormal Activity
Paranormal Activity, Tokyo Night 
Paranormal Activity 2
Paranormal Activity 3

Le flip : Les dix dernières minutes...



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L'avis du petit Scaretrapper
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Bien que l’histoire se déroule cinq ans après Paranormal Activity 2, on retrouve l’une des caractéristiques ayant fait la popularité de la franchise. Les plans sont tournés à la manière d’une caméra de surveillance, avec quelques gadgets en plus : le Kinect et les points de repérage, les webcams sur les ordinateurs, les fans ont donc l’impression d’être immergés dans l’histoire.

Pour en revenir au film, avant tout l’engouement qu’il y avait autour, je dois dire que j’ai été légèrement déçu quant aux frayeurs éprouvées durant son visionnage. Tout d’abord à cause du scénario, qui, même s'il reste dans l’esprit de Paranormal Activity -assez simple-, ne va pas chercher plus loin que le bout de son nez. Avec le "Ça n’a jamais été aussi proche" diffusé durant la bande-annonce, je dois avouer que je m’attendais à mieux. Côté explications non plus, ce n’est pas glorieux, si vous allez voir ce film, ne vous attendez pas à avoir des réponses à vos questions, au contraire, vous n’en ressortirez qu’avec plus de mystères à élucider ! Il faut aussi dire que l’histoire se répète sans cesse, c’est toujours la même chose avec deux, trois petits trucs en plus, un démon qui terrorise une famille, qui change de temps en temps, avec l’histoire de l’ami imaginaire Tobby, qui fait sont apparition dans le troisième film.


Le film en lui-même ne fait pas très peur, c’est surtout l’ambiance, le fait de ne pas savoir ce qu'il va arriver, qui provoque l'angoisse. Ce sentiment est là mais arrive trop tard. Lorsque les caméras sont mises en marche, l’ambiance n’y est toujours pas, l’ambiance horrifique n’apparait qu’a partir des quarante premières minutes du film. 

L’humour intégré dans cet opus détend l’atmosphère quelques fois, et peut-être trop souvent. La fin du film -les dix dernières minutes- est sûrement l’une des seules raisons d’aller voir ce film, bien que la fin soit pour le moins abrupte -vous comprendrez en regardant le film- elle en reste la partie la plus flippante de Paranormal Activity 4 ! C’est vraiment à cet instant qu’on reconnaît l’esprit de la franchise, malheureusement, cette fin, comme dit plus tôt, ne prend que dix minutes du film, mais ce sont les dix meilleures minutes du film.

Le flip : La séquence durant laquelle Wyatt parle avec le démon, près du Kinect, sur les points de repérages se dessine la forme d’une autre présence...
ma note : 3/5
adrénomètre : * 

Deadwalker, 14 ans. 


2 commentaires:

  1. CE PA n'apporte absolument rien de nouveau, donc si vous voulez perdre 1h30 de votre vie c'est le bon film !

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  2. Nous sommes d'accord sur ce point !
    N.T.

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