[Critique] A CURE FOR LIFE (2016/2017) de Gore Verbinski

Évaluation du dossier  :  3/5 []

Lockhart, jeune cadre ambitieux, est lancé sur la trace de son patron disparu dans un mystérieux centre de bien-être en Suisse. Pris au piège de l’institut et de son énigmatique corps médical, il découvre peu à peu la sinistre nature des soins proposés aux patients. Alors qu’on lui diagnostique le même mal qui touche l’ensemble des pensionnaires, Lockhart n’a plus d’autres choix que de se soumettre à l'étrange traitement délivré par le centre.

Les hôpitaux n'ont pas vocation à fidéliser leur patientèle et celui dans lequel se tient l'intrigue de A Cure for Life ne déroge pas à la règle.  Car à l'instar de Grave Encounters, The Ward, Fragile et autre Shutter Island, pour n'en citer qu'une poignée, ce lieu cache des recoins et secrets bien lugubres pour peu que l'on fouine un peu.

Après s'être attelé essentiellement aux trois premiers Pirates des Caraïbes et à Lone Ranger, Gore Verbinski revient au thriller d'épouvante, genre auquel il avait contribué avec son sympathique Le Cercle, version occidentale du phénomène de l'épouvante nippone, Ring. Il s'associe ici au scénariste Justin Haythe, nouveau-venu dans le genre puisqu'on lui doit plutôt des scriptes orientés action (Lone Ranger, Les Infiltrés) ou drame (Les Noces rebelles). Une bonne idée ? Pas forcément, s'atteler à une histoire de savant fou dans un hôpital glauque est une chose, mais en tirer un récit original qui légitime l'initiative en est une autre. Malheureusement, encore une fois, la frilosité actuelle d'Hollywood à sortir des sentiers battus ne paye pas.


Ainsi, on n'échappe pas aux médecins louches et pas vraiment bien intentionnés, aux patients pas vraiment en rémission, aux manipulations et aux complots de toute sorte, ni non plus aux recoins morbides à éviter d'un hôpital isolé dont on ne peut s'échapper.... Bref, le chantier est titanesque pour ne pas tomber dans les clichés du genre et pour justifier une nouvelle variation sur ce thème récurrent. Vous l'aurez deviné, l'écueil n'est malheureusement pas évité et le sentiment de déjà-vu persistant finit par faire naître un sentiment d'ennui qui s'accentue à mesure que l'intrigue avance, entre coups de théâtre cousus de fil blanc et tentative maladroite d'envelopper l’œuvre d'une aura mystérieuse.

Un handicap d'autant plus frustrant que A cure For Life n'est pas fondamentalement mauvais, très loin de là même. On reconnait chez Gore Verbinski un certain talent pour la mise en image et son bébé (il est aussi à l'origine du récit et producteur) recèle, difficile de le nier, d’excellentes idées visuelles et de séquences fortes notamment autour des hallucinations et autres flash-back auxquels le héros est confronté. Et on jubilait presque d'avance devant ce puzzle malsain et énigmatique que tente de résoudre le héros, ne serait-ce qu'au souvenir du potentiel flip contenu dans Le Cercle.


Sauf que sur ce point précisément, la déception est au rendez-vous. Rien, que nenni, nada ! Bien qu'on apprécie l'esthétique gothique réussie au service d'un suspense constant et plutôt bien calibré, A Cure for Life ne se révèle jamais flippant et peine à mettre les nerfs du spectateur autant à l'épreuve que ceux de son personnage principal. Dommage, car le potentiel est quant à lui bien présent, dans cette mystérieuse jeune fille qui s'attache au héros, dans sa découverte de lieux interdits au public, dans l'hostilité des villageois, dans l'effrayante apathie des patients ou même dans les différentes expériences curatives auxquelles Lockhart sera confronté. Sans parler de la ritournelle entêtante signée Benjamin Wallfisch (Pressure, Dans le noir, Annabelle 2, It) digne d'une production Guillermo Del Toro.

Bien que très imparfait, tout n'est pas à jeter et le brillant casting en est la preuve. Il est mené avec brio par Jason Isaacs (Resident Evil, Harry Potter) et Mia Goth (Nymph()maniac, Suspiria), sans oublier dans le rôle principal, Dane DeHaan (Chronicle, The Amazing Spider-Man 2) dont l'étonnante ressemblance avec Leonardo DiCaprio ne fait qu'attiser davantage les similitudes avec Shutter Island. Et bien que cela desserve fortement la cohérence du projet, on se laisse malgré tout porter par les 2 h 20 d'intrigue ne serait-ce que pour savoir où cette dernière compte bien mener son personnage central en pleine crise existentielle... et nous avec, car c'est bien nous et la société de consommation que Gore Verbinski évoque ici sous forme d'allégorie.
N.F.T.


EN BREF
titre original : A Cure for Wellness
distribution : Dane DeHaan,Jason Isaacs, Mia Goth...
pays d'origine : États-Unis / Allemagne
budget : 40 000 000 $
année de production : 2016
date de sortie française : 15 février 2017
durée : 146 minutes
adrénomètre : ♠
note globale : 3/5

† EXORCISME †
▲ Réalisation
▲ Esthétique gothique
▲ Casting

- DÉMYSTIFICATION -
▼ Impression de déjà-vu persistante
▼ Thriller inoffensif
▼ Long

LE FLIP
Un mauvais moment à passer chez le dentiste...

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Shutter Island
The Ward
La Maison de l'horreur



Commentaires

  1. 44Philippe44

    Vu au cinéma, et effectivement c´est long, très long, le film manque d´intensité et le dénouement final perd de plus en plus d´intérêt pour un spectateur endormi.

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    1. 44Philippe44
      Mais mention spécial à Jason Isaacs qui est remarquable.

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