[Critique] RESIDENT EVIL (2002) de Paul W.S. Anderson + [Dossier] Saga UMBRELLA

Évaluation du dossier : 3/5 [♥♥]

Un virus hautement contagieux et mortel se propage dans les couloirs d'un laboratoire souterrain ultra-secret où il met fin à toute vie humaine en quelques minutes. Au même moment, Alice se réveille dans un somptueux manoir. Amnésique, elle fait la rencontre de Matt, un policier, juste avant qu'un groupe d'intervention militaire, les S.T.A.R.S, ne débarque de nulle part et les oblige à les suivre dans les sous-sols où ils doivent neutraliser la Red Queen, une intelligence artificielle que l'on tient pour responsable du désastre.

Dès ce premier volet, Resident Evil version cinéma annonçait la couleur : bande-son métal et branchée à laquelle participe Marilyn Manson, volonté de faire flipper à coup de jump/fake scares, clins d’œil à la franchise vidéoludique dont il s'inspire... mais malgré tous ces efforts, on demeure très loin de l'ambiance et de l'esprit du jeu.

On se prend alors de rêver à ce qu'aurait pu être la version George Romero, docteur ès zombie impliqué dans un premier temps sur cette adaptation. Il en sera, au final, écarté pour différend artistique avec les producteurs. Ce qui peut paraître bien saugrenu au regard de la version retenue, alors que son script reprenait pour cadre essentiel le manoir du jeu et paraissait bien plus fidèle à sa matière première. Après un Event Horizon relativement bien perçu à l'époque, c'est Paul W.S. Anderson qui hérite de la lourde tâche, quasi-ingrate tant les adaptations vidéoludiques de l'époque sont décevantes lorsqu'elles ne sont pas carrément affligeantes. Toutefois, chacun jugera en son âme et conscience le flair des producteurs qui se tournent alors vers le responsable de l'adaptation filmique du jeu Mortal Kombat, dont les fortes recettes n'ont d'égal que la faiblesse de sa pertinence artistique.



Avec Resident Evil, Paul W.S. Anderson fait clairement du zèle à trop vouloir surprendre et prendre ses distances avec le jeu. Si le divorce est consommé avec les puristes, force est de constater que l'histoire donne l'impression d'être un minimum fouillée étant basée sur une trame narrative ponctuée de flash-back qui distillent les clés de l'histoire au compte-goutte. Cependant, avec un coût final estimé entre 30 et 60 millions de dollars selon les sources, on ne s'explique pas complètement son allure persistante de série B, certes, pas fondamentalement désagréable à visionner, mais dont on attend mieux, ne serait-ce qu'un impact proche de l'expérience offerte par le jeu vidéo qui était essentiellement basé sur l'effroi et l'horreur. Resident Evil, bien que réalisé par un fan de la franchise, ne respecte ni l'histoire, puisqu'il crée l'héroïne centrale de la saga, ni le côté effrayant, bien que quelques fake scares viennent ponctuellement vous flanquer les miquettes, ni même l'aspect gore puisque les scènes sanguinolentes sont édulcorées et réduites au minimum quitte à couper les plans "sensibles" juste avant l'effusion. Ainsi, avec sa volonté flagrante de ne pas trop choquer le grand public, ce premier volet finit par générer de grosses frustrations. 


Cependant, on ne peut pas condamner définitivement un scénario relativement fouillé – mais peut-on en attendre moins au vu de la richesse de l’œuvre source qui en 2002, était déjà développée sur quatre épisodes vidéoludiques – ne serait-ce que pour sa narration morcelée, le spectateur découvrant aux côtés de l’héroïne son trouble passé et les enjeux qui vont la guider. C'est ici un des angles acceptables, combiné au talent de la belle Milla Jovovich, qui permettent de réévaluer ce qui, bien des années plus tard, semble beaucoup moins catastrophique qu'à l'époque et peut tout à fait devenir un petit plaisir coupable, pour peu qu'on accepte d'ignorer le matériau d'origine.
N.F.T. 
EN BREF
titre original : Resident Evil
distribution : Milla Jovovich, Michelle Rodriguez, Ryan McCluskey...
pays d'origine : Royaume-Uni, Allemagne, France, États-Unis
budget : 30 à 60 000 000 $
année de production : 2002
date de sortie française : 3 avril 2002
durée : 100 minutes
adrénomètre : ♥♥
note globale : 3/5

† EXORCISME †
▲ Scénario travaillé
▲ Milla Jovovich
▲ La B.O. de Marilyn Manson et Marco Beltrami

- DÉMYSTIFICATION -
▼ Trop éloigné de l'esprit du jeu
▼ Allure de série B malgré un gros budget
▼ L'éviction de Romero du projet

LE FLIP
Un ascenseur mortel...

LIRE AUSSI



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DOSSIER  TERREURVISION :


LA SAGA UMBRELLA
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Souvent conspuée car jugée trop éloignée du jeu, la saga cinématographique Resident Evil, ne nous voilons pas la face, mérite en partie sa réputation. Cependant, tout n'est pas à jeter et les intentions post-Matrix prégnantes mais maladroites lui insufflent au fil du temps un petit côté attachant, comme peut l'être une série B sincère, que l'on ne peut définitivement pas complètement détester. À l'occasion de la sortie de Resident Evil : Chapitre Final, nous vous proposons un petit retour sur une saga qui a toujours assumé ses infidélités au hit de Capcom, au grand dam des fans et témoins de ce que fût cette révolution vidéoludique, dorénavant passée à la réalité virtuelle. Le mieux pour l'aborder est alors peut-être de considérer la saga cinématographique comme un univers librement adapté du jeu. 






03/04/2002
RESIDENT EVIL de Paul W.S. Anderson
(Lire notre critique ci-dessus)



06/10/2004
RESIDENT EVIL : APOCALYPSE d'Alexander Witt



Un virus mortel s'est abattu sur la ville de Raccoon et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Avec un groupe de survivants, Alice, dont le métabolisme a mystérieusement été modifié amplifiant sa puissance, doit affronter ce fléau. Elle est rejointe dans son combat par Jill Valentine, un ancien membre des forces spéciales d'Umbrella. Ensemble, elles vont devoir combattre le Némésis, une véritable machine à tuer lancée sur leurs traces.

On prend les mêmes, du moins les chanceux survivants, et on recommence. Cette fois le virus se répand sur Raccoon City qui voit sa population se muer inéluctablement en zombies sanguinaires. Malgré une intervention militaire d'envergure, il est déjà trop tard. Ce volet, toujours orienté action avec un zeste de science-fiction à la sauce européenne évoque souvent le cinéma de Luc Besson au point qu'on s'imagine facilement le réalisateur de Lucy et du Cinquième élément tenir les rênes de ce deuxième volet.

Soyons cependant clairs, Resident Evil : Apocalypse affiche toujours une retenue scandaleuse en terme d'horreur graphique, empêchant encore une fois les amateurs du jeu d'y trouver un réel intérêt thématique, d'autant que George Romero a déjà traité ce même sujet en long, en large et en travers avec la liberté artistique qu'on lui connait. Pire, le remake de son Zombie, L'Armée des morts et ses morts-vivants hystériques, sorti la même année, donne une véritable leçon de zombie movie à cette suite qui finit très loin derrière bien qu'elle ait couté le double de billets verts. Enfin, le manque d’intérêt pour une histoire sans saveur n’arrange pas les choses. Reste le plaisir de croiser le Némésis et c'est à peu près tout.

adrénomètre : ♥
note globale : 2.5/5
N.F.T.


03/10/2007
RESIDENT EVIL : EXTINCTION
de Russell Mulcahy




Le virus expérimental mis au point par la toute-puissante Umbrella Corporation a mené le monde au chaos. Un groupe de survivants a pris la route dans un convoi armé dans l'espoir de retrouver d'autres humains non infectés et gagner l'Alaska, leur dernier espoir d'une terre préservée. Ils sont accompagnés dans l'ombre par Alice, elle-même surveillée à distance par le Dr. Isaacs depuis le laboratoire d'Umbrella. Il pense qu'elle est la seule personne qui rende possible la mise au point d'un remède...

Comme on dit : jamais deux sans trois et c'est sous l'égide de Russell Mulcahy (Razorback, Highlander) que la franchise semble portée par un nouveau souffle. Certes, elle se démarque encore une fois du jeu vidéo – peut-il en être différemment désormais ? – mais proposer un spectacle inspiré de l'univers de Mad Max qui oscille entre le western et l'horreur ne peut que titiller notre intérêt.

Après avoir créé une confusion très amusante avec le premier volet dans son introduction, Resident Evil : Extinction cherche et parvient à s'imposer comme un segment à part dans la série. En apportant un savant dosage de fun et de spectaculaire, la franchise semble avoir enfin trouvé une recette séduisante, du moins pour ceux qui apprécient s'en prendre plein les mirettes à défaut de se prendre la tête.


Certes, beaucoup peuvent reprocher à ce troisième volet ses accointances à peine dissimulées avec la saga de George Miller mais l'extinction de l'humanité et le grand combat pour la survie en général, renvoient forcément à l'univers de Mad Max et plus précisément au 2 auquel il emprunte beaucoup de la structure narrative. Mais comment lui jeter la pierre alors que l'œuvre en question a ouvert la porte à toutes les bisseries qui ont fait suite au succès du guerrier de la route dans les années 80.

Bien plus linéaire dans sa structure, Resident Evil : Extinction se veut immersif et sans réels temps morts. Bien qu'on y retrouve Claire Redfield, Albert Wesker, le Tyran, les Crimson Heads, les Cerbères ou encore la fameuse nuée mortelle de corbeaux infectés, l'impression d'infidélités à répétition au jeu, bien que réduite, s'avère tenace. La dynamique horrifique se voit amplifiée par rapport aux opus précédents, accompagnée parfois de moments de tensions assez efficaces. On pense aussi beaucoup à The Walking Dead dont l'adaptation télévisée du comics allait sortir 3 plus tard, empruntant la même voie du zombie movie post apocalyptique et du scénario qui ne brosse pas le spectateur dans le sens du poil, ce dont personne ne se plaindra. Tout comme les fans de Milla Jovovich seront tout à fait ravis lorsqu'ils découvriront l'armée qui se lève pour combattre l'affreuse Umbrella Corporation.

adrénomètre : ♥♥
note globale : 3/5
N.F.T.



22/09/2010
RESIDENT EVIL AFTERLIFE 3D
de Paul W.S. Anderson




Alice garde l'espoir de trouver un lieu sûr pour elle et les survivants du terrible virus qui a dévasté le monde. Cette quête les mène à Los Angeles où la jeune femme retrouve un vieil ami. Mais tous sont sur le point de tomber dans un piège orchestré par Umbrella...

Quatrième opus de la franchise, Resident Evil : Afterlife marque un tournant dans la saga. Constatant que ses prédécesseurs commençaient à faire du bon boulot, Paul W. S. Anderson reprend sa place derrière la caméra, bien décidé à faire l’impasse sur la créativité et la cohérence. On retrouve également Alice qui, dépossédée de ses pouvoirs après l’injection d’un sérum, va reprendre du service en tatanant zombies, monstres et autre scientifique mégalo. Notre héroïne est toujours interprétée par Milla Jovovich, la belle américano-ukrainienne ayant d’ailleurs signé un pacte avec le diable - ou un fournisseur de botox - pour ne pas vieillir. 

Au menu de ce quatrième volet, on retiendra des scènes d’action sans subtilité et un afflux de personnages issus des jeux vidéo pour le fan service. On gardera également bon souvenir de la séquence en présence du big boss à la hache ainsi que du cliffhanger final, devenu la marque de fabrique de la saga. Véritable cauchemar des cinéphiles, on ne peut cependant pas retirer à Resident Evil : Afterlife sa générosité en termes de fun. Si l’heure n’est évidemment pas à la prise de tête, le film n’en reste pas moins bas de gamme.

adrénomètre : ♥
note globale : 2.5/5
N.M.




26/09/ 2012
RESIDENT EVIL : RETRIBUTION 3D de Paul W.S. Anderson




Alice s'éveille au cœur du plus secret  des complexes industriels d'Umbrella. Au fur et à mesure qu'elle avance, des zones d'ombre de sa vie s'éclairent. Dans les grandes villes de la planète, elle pourchasse les responsables de l'atroce infection et va devoir se battre dans un monde au bord du néant, jusqu'à une révélation explosive qui va remettre en question ses certitudes.

Le virus synthétisé par Umbrella Corporation n’a pas encore trouvé de remède et Alice dispose toujours d’un bon stock de zombies à massacrer. Par conséquent, la franchise perdure et curieusement, la fidélité du public ne tarit pas au vu des recettes mondiales toujours aussi élevées et même grandissantes. Comment expliquer le phénomène ? Un Resident Evil est au cinéma ce que le fast food est à la gastronomie et l’on comprend tout à fait le spectateur désireux de se vider la tête devant un film d’action décérébré. Mais dans cette optique, ce dernier volet assume beaucoup trop son image de série B nanardesque jusqu’en devenir autoparodique. Frôlant le néant scénaristique, Resident Evil : Retribution reste le plus mauvais épisode de la saga au vu de sa fainéantise d’écriture et de son manque de renouveau. 
adrénomètre :♥
note globale : 2/5
N.M.




3 avril 2002 - RESIDENT EVIL : CHAPITRE FINAL 3D de Paul W.S. Anderson
(Prochainement) 
 


Films d'animation :

23/05/2016 (VOD)
RESIDENT EVIL : DEGENERATION de Makoto Kamiya



Sept ans après Racoon City, alors que Claire Redfield est de passage dans l'aéroport d'Harvardville, elle se retrouve piégée dans le carré VIP de l'aérogare, entourée d'infectés par le Virus T. Avec quelques survivants, elle parvient à se réfugier dans une pièce sécurisée. Pour les sauver, Leon S. Kennedy est envoyé sur place avec deux agents du gouvernement.

Assez méconnu par rapport à la franchise initiée par Paul W. S. Anderson en 2002, Resident Evil : Degeneration est un film d’animation servant de transition entre les épisodes 4 et 5 de la licence de jeux vidéo. S’il peut avoir un intérêt limité pour un public non-gamer, il n’en reste pas moins une petite surprise horrifique à découvrir.

On y suit les péripéties du personnage emblématique Léon S. Kennedy envoyé pour faire un peu de nettoyage dans un aéroport peuplé d’infectés. En plus d’être une adaptation plus que fidèle de la série, ce long-métrage enchaîne les scènes d’action avec rythme et réveille notre peur des espaces confinés, ce qui fait la réputation des jeux en somme. En guise de point négatif, on peut reprocher une animation manquant de fluidité, mais qui ne gâche pas pour autant le plaisir du visionnage.

adrénomètre : ♥
note globale : 3/5
N.M.



 
23/05/2016 (VOD)
RESIDENT EVIL
  :
DAMNATION de Makoto Kamiya


En 2011, Leon S. Kennedy est envoyé par le gouvernement américain dans un ex-satellite de l'URSS pour y déceler la présence d'armes bio-organiques.

Dans cette suite officielle à Resident Evil : Degeneration, on retrouve une nouvelle fois Léon qui décolle vers un ex-pays de l’URSS au bord de la guerre civile. Reprenant la casquette du réalisateur, Makoto Kamiya a décidé de laisser de côté la simplicité pourtant efficace du premier film pour se concentrer sur un scénario aux enjeux nettement plus matures. S’il en coûte une légère baisse de régime en termes de flip pur, l’histoire de cette suite se voit, en revanche, plus sombre et immersive. Ajoutons à cela un final en feu d’artifice nous rappelant l’adrénaline des bons gros boss de fin de partie. 
 
adrénomètre : ♠
note globale : 3/5

N.M.


27/05/2017 (sortie mondiale)
RESIDENT EVIL : VENDETTA de Takonori Tsujimoto


Chris Redfield, aidé par Leon S. Kennedy et du professeur Rebecca Chambers doivent combattre un marchand de mort déterminé à mettre la ville de New-York à feu et à sang.
(prochainement)


Dossier réalisé par Nicolas François-Tholozan et Nicolas Monfort.

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