DREAMKATCHER (2020 - DTV) de Kerry Harris [Critique]

 Évaluation du dossier : 2/5 []

 

Gail est psychothérapeute à Manhattan. Elle part s’installer quelques temps au calme dans les montagnes avec son beau-fils Josh qui souffre de terribles cauchemars. Ils ne tardent pas à rencontrer leur étrange voisine Ruth qui collectionne les attrape-rêves. Quand Josh lui dérobe l’un d’entre eux, ses cauchemars disparaissent mais son comportement en est profondément modifié...


Le producteur/superviseur artistique Kerry Harris (The Haunting Of Hill House) endosse pour la première fois le costume de réalisateur de long-métrage de cinéma et, pour l’occasion, se paie un casting de choix. Preuve en serait-il que vendre du rêve, ou en produire, est un métier bien distinct de celui de sa mise en images ?

Attention à ne pas confondre ce Dreamkatcher avec le Dreamcatcher inspiré d'un roman de Stephen King, sorti en 2003. Le seul lien entre les deux, hormis le genre de l’horreur et le titre à une lettre près, reste ce rapport à l’écrivain, dans la référence planante au film Shining. On la retrouve par exemple dans l’emprunt de quelques plans comme la scène de post-introduction, l’utilisation d’éléments de scénario comme l’isolement et le noyau familial, ou plus concrètement dans un accessoire comme la hache.


L’histoire se nourrit de la thématique des enfants maléfiques chère au cinéma horrifique. Josh, âgé d’une petite dizaine d’années, passe un week-end avec son père Luke et sa belle-mère Gail, nouvelle compagne de son père, dans leur maison de campagne perdue au fond des bois. La scène inaugurale laisse entendre que la mère du garçon est morte tragiquement trois ans auparavant dans cette même maison. Luke devant s’absenter, Josh et Gail entament une cohabitation houleuse en tête-à-tête, d’autant plus que le sommeil de l’enfant est perturbé par des visions cauchemardesques de sa mère. Ruth, une ermite du voisinage entourée de bibelots issus de divers folklores, suscite la curiosité de Josh qui se met en tête de lui soutirer un de ses attrape-rêves.


Dreamkatcher tente de semer le doute entre troubles de la personnalité, manipulation, surnaturel et paranoïa. Malheureusement pour son audience, il sème surtout le désarroi et l’ennui. Non seulement le synopsis ne tient pas la route bien longtemps (pourquoi emmener en vacances sa conjointe sur les lieux de la mort de son ex en lui cachant la véritable cause du décès ?), mais les effets tombent à plat sous le joug d’une réalisation réduite au minimum vital. Les personnages sont survolés ou caricaturaux. Les dialogues sont insipides. Sous une bande-son cache-misère, Harris survole son sujet, n’adopte aucun point de vue et laisse les spectateurs en dehors de son histoire, face à une succession de clichés peu crédibles qui sombrent dans une fin ridicule (sans parler de la scène post-générique). Dreamkatcher n’est pas franchement honteux, mais l’ensemble résonne comme un gros bâclage de plus. Le plus gênant reste un arrière-goût moralisateur et manichéen, comme cette volonté de réduire le personnage de Josh à une simple victime en le dédouanant de ses actes, d’annihiler du film tout aspect malaisant, celui-là même que provoquent ces petits personnages malfaisants à figure d’enfants et qui pose question.


L’échec n’avait pourtant rien d’annoncé au vu du casting. Dans le rôle du père, Henry Thomas, alias Elliott d’E.T. et de retour sous les feux de la rampe depuis The Haunting Of Hill House, s’en sort à peu près, tout comme Lyn Shaye (Insidious, Ouija : les origines) dans la peau de Ruth. Radha Mitchell (Phone Game, Melinda and Melinda), qui incarne Gail, jette l’éponge en cours de route, mais comment lui en vouloir ? Néanmoins quelques plans survivent au naufrage, comme la scène d’ouverture et les flash-back et les décors sont assez réussis. Néanmoins, il est à craindre que le petit Josh n’hantera pas très longtemps la cour de récré des Damnés et autres Innocents.
M.V.



EN BREF 
titre original : Dreamkatcher
distribution : Mitchell Rahda, Henry Thomas, Finlay Wojtak-Hissong, Lin Shayre, Jules Willcox, Joseph Bishara, Duncan Foster-Allen, J Ingvordsen...
pays d'origine : États-Unis
budget : N.C.
année de production : 2020
date de sortie française : 10 août 2020 - VOD, DVD & Blu-ray (Metropolitan Filmexport)
durée : 85 minutes
adrénomètre : ♥
note globale : 2/5

† EXORCISME †
▲ Décors
▲ Henry Thomas
▲ Thématique

- DÉMYSTIFICATION -
▼ Scénario
▼ Réalisation
▼ Clichés

LE FLIP 
Une visite de monstre au milieu de la nuit...

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