[Critique] 666 ROAD (2015/2017 - DTV) de Roxanne Benjamin, David Bruckner, Patrick Horvath...

Évaluation du dossier  :  3/5 [♥♥]

Dans un désert américain, sur une route abandonnée, des voyageurs éprouvés – deux hommes en fuite, un trio de rockeuses en tournée, un automobiliste qui va basculer dans l'horreur, un frère à la recherche d'une sœur depuis longtemps disparue et une famille en vacances – doivent affronter, au cours de cinq histoires cauchemardesques, leurs plus sombres secrets.

Bien que très appréciés pour leur format court et leur diversité, les films à sketches souffrent souvent d'un manque de cohésion interne, ce à quoi 666 Road tente d'échapper.
Il propose donc, au fil de ses cinq histoires, un ensemble cohérent qui peut sembler au premier abord décousu. Mais cela est dû essentiellement à un scénario qui ne dévoile ses éléments qu'au compte-gouttes, histoire de ne pas trop faciliter la tâche au spectateur. Et la démarche paye immédiatement puisque l'ensemble prend une logique et une consistance assez inhabituelle pour ce type de format.


Très honorable, le résultat s'avère également éclectique et le métrage sait se montrer aussi mystérieux et angoissant que sadique et gore, relevé parfois d'un poil d'humour noir. L'esprit du genre est respecté, bourré de clins d’œil (La Quatrième dimension, The Strangers...) et baignant dans une intemporalité bienvenue. À ce niveau, on peut aussi évoquer la bande-son froide, intense et électro de The Gifted, qui rappellera ostensiblement aux plus mélomanes le travail de Disasterpeace sur It Follows voire celui de Rob ou encore John Carpenter.

666 Road débute avec The Way Out, réalisé par le collectif Radio Silence. Derrière ce nom digne d'un groupe de rock se cache en fait Matt Bettinelli-Olpin, Tyler Gillett et Chad Villella à qui l'on doit le segment 10/31/98 de V/H/S et le long-métrage The Baby. Ils nous présentent deux personnages de retour au petit matin d'une soirée visiblement arrosée (de sang) au cœur d'un désert cerné d'entités flippantes. C'est à Justin Martinez (V/H/S) que l'on doit les effets visuels particulièrement réussis, notamment les spectres tueurs flottants. On apprécie aussi lors de cette ouverture le soin apporté à l'image qui donne une dimension doucement onirique à cette contrée désertique et ce même si l'on ne comprend pas grand chose à sa conclusion, n'ayant, à ce moment du film, pas encore toutes les clés en main.


Dans Siren, de Roxanne Benjamin (XX), un trio de rockeuses tombe en panne au milieu de nulle part et se laisse prendre en auto-stop par un couple bizarre qui les accueille dans leur non moins étrange foyer. Trouvant prétexte à les faire rester pour la nuit et après une scène de dîner malsaine, les évènements dégénèrent faisant surgir des fantômes du passé sur fond de rituel. Ici le mélange des genres est réussi et on accroche très vite, ce qui renforce d'autant plus les quelques moments de flip.

Avec The Accident, David Bruckner (The Signal) livre le segment le plus intense et le plus gore. Il débute comme un spot de sécurité routière et vire vers un enchaînement de situations horrifiques cauchemardesques. Le réalisateur parvient à retranscrire l'urgence de la situation et la rend crédible malgré les décisions sanguinolentes qui en découlent. Au final, le message est clair : n'utilisez jamais votre téléphone au volant, cela vous évitera ce genre de drame !


Jailbreak de Patrick Horvath (The Devil's Pact) nous raconte l'histoire de Jim, un homme usé mais déterminé, à la recherche de sa sœur depuis des années. Il finit par la retrouver dans un endroit glauque à souhait il se met en danger. Il s'agit là peut-être du court le moins intéressant, principalement à cause de son récit sans saveur et d'un manque de rythme qui dénote avec les autres histoires.

666 Road s'achève avec The Way in, toujours réalisé par Radio Silence. Il s'agit de la préquelle de The Way out qui passe ainsi du road movie au home invasion. La réalisation, toujours aussi soignée, est au service d'un scénario qui vient boucler la boucle avec le premier segment dont il livre des éléments de compréhension indispensables. Nerveuse, cette conclusion s'intéresse à la mésaventure d'une famille qui pensait pouvoir, à tort, pouvoir profiter à fond de ses derniers jours de vacances.


Assez inégal en qualité, mais bénéficiant d'un casting impeccable, de bonnes idées visuelles et d'un niveau de flip plutôt élevé, on apprécie également dans 666 Road la tentative de proposer quelque chose de construit dans la globalité, autour de cette étrange route de la rédemption sur laquelle les personnages sont traqués par leurs péchés. Et comme le dit l'animateur radio : il faut apprendre à faire taire ces démons et s'éloigner une bonne fois pour toute de cette route que nous sommes tous menés à emprunter un jour...
N.F.T.


EN BREF
titre original : Southbound
distribution : Chad Villella, Matt Bettinelli-Olpin, Kristina Pesic, Fabianne Therese, Nathalie Love...
pays d'origine : États-Unis
budget : N.C.
année de production : 2015
date de sortie française : 17 février 2017 (VOD) -14 mars 2017 (DVD)
durée : 89 minutes
adrénomètre : ♥♥
note globale : 3/5

† EXORCISME †
▲ Lien entre les segments
▲ Effets spéciaux
▲ Flippant

- DÉMYSTIFICATION -
▼ Des questions en suspens
Inégal en originalité
▼ Inégal en qualité

LE FLIP
Les spectres texture cactus...

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