[Critique] HAUNTER (2013/2014 - DTV) de Vincenzo Natali

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Lisa est décédée dans des circonstances mystérieuses aux côtés de sa famille en 1985. Tous les membres, devenus esprits, sont désormais piégés dans leur propre maison et revivent la même journée. Consciente de cela, Lisa va alors tenter de briser le cycle et protéger les nouveaux habitants de la demeure qui pourraient subir le même sort. 
Abonné aux idées tordues (personne n'a oublié son culte, Cube, sorti en 1997), Vincenzo Natali maintient le cap et revient avec un nouveau film concept.
Écrit par Brian King, avec qui Natali avait déjà collaboré sur Cypher, la bonne idée de Haunter réside dans son histoire de maison hantée, racontée au travers du regard d'un fantôme.

Ainsi, Haunter débute comme Un Jour sans Fin, l’héroïne se réveillant chaque matin pour revivre ce qui s'annonce comme une journée similaire à la précédente. Au cours de cette mort sans fin, évoluant au sein d'une famille qui peine à comprendre ses excès de lucidité, la communication semble impossible. Difficile de ne pas voir, dans cet éveil, une parabole sur les troubles de l'adolescence, ici renforcée par le concept de la conscience de soi et la représentation du cocon familial subi, à l'allure figée. 

 


Prisonnière d'un foyer qui ne la comprend pas, coincée dans une demeure cernée d'arbres décharnés et d'un épais brouillard, elle finit par s'attirer des ennuis alors qu'elle tente de comprendre ce qui lui arrive. Cela semble modifier le comportement de son père et un homme inquiétant débarque pour lui confirmer les risques qu'elle fait encourir à sa famille si elle poursuit ses investigations. Qui est-il ? Quel terrible secret essaie-t-il de dissimuler ? Là réside l'intrigue principale de Haunter, sous la forme d'un puzzle que l’héroïne va devoir reconstituer minutieusement, pièce après pièce. 

Côté distribution, la petite Abigail Breslin de Little Miss Sunshine a bien grandi. Elle fait désormais dans le gothique, revêt un sweat de Siouxsie and the Banshees et parvient à porter sur ses frêles épaules une bonne partie du concept. Le jeune Peter DaCunha vu dans The Forest de Bousman lui donne la réplique, dans le rôle de son jeune frère accro à Pac-man. Les parents à la ramasse et à l'humeur changeante sont incarnés par Peter Outabridge (Mission to Mars, Saw 6) et Sarah Manninen. Enfin, l'inquiétant bad guy, qui n'est pas sans évoquer le chauffeur vicelard de Trauma est interprété par Stephen McHattie (300, The Secret).


Sous une carapace mollassonne qui pourrait être facilement interprétée comme source de lassitude, Haunter finit par s'affirmer comme une touchante ghost story, se rapprochant du conte (l'adolescente incomprise doit dépasser et transgresser sa condition de fantôme discipliné pour tenter de se libérer et sauver son entourage) et dont la noirceur étouffe dans l’œuf tout risque d'être associé au teen movie de base. Ainsi nait une peur tranquille, ponctuée de quelques (rares) séquences d'angoisse plus percutantes. Bien sûr, on retrouve les figures habituelles du genre, de la recherche vidéo, à l'intrus invisible qui s'invite dans la chambre à coucher, des portes qui claquent à la possession, mais le traitement original de l'histoire, du point de vue du fantôme, apporte un intérêt indéniable à l'ensemble.

Si d'aucuns pourraient regretter une impression de film cloisonné et hermétique, voire en manque d'inspiration, Haunter, à bien y regarder, parvient à mettre en avant ses qualités. Intelligent, sensible, empreint d'une certaine poésie, parfois flippant, son atmosphère inquiétante et éthérée en fait une œuvre personnelle, certes en deçà d'une bombe comme Cube, mais qui confirme un réalisateur inspiré, refusant le confort de son statut en ne tombant jamais dans la facilité.
N.T.

EN BREF
titre original : Haunter
pays d'origine : Canada
année de production : 2013
date de sortie française : 15 janvier 2014 (DTV - Wild Side Video)
durée : 97 minutes
budget : ?
adrénomètre : ♥
note globale : 3/5

† HANTISE
▲ Atmosphère inquiétante
▲ Refus de la facilité
▲  Approche thématique originale
 -  DÉMYSTIFICATION -
▼ Un peu apathique
▼ Mise en scène sans éclat
▼ Un côté mystérieux qui peut rebuter

LE FLIP
Le grenier...

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