[Critique] KINGDOM COME (2014 - DTV) de Greg A. Sager

ADRÉNOMÈTRE  ♡ 
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Un groupe de jeunes se réveille dans un hôpital psychiatrique sans savoir pourquoi. Tous cherchent alors à s'enfuir mais ils sont rattrapés par des forces surnaturelles qui les retiennent prisonniers. Très vite, des tensions naissent au sein du groupe et au fur et à mesure qu'ils apprennent à se connaître, les jeunes individus se rendent compte qu'ils sont tous liés les uns les autres par un passé commun...

Après le pénible Devil Seed, Greg A.Sager nous propose Kingdom Come, avec à nouveau un résultat mi-figue, mi-raisin. Même si l’on sent cependant une légère amélioration, ce qui est de bon augure pour l’avenir, cette évolution reste bien en dessous de ce qu’on l’on peut attendre d’un budget de 3 millions de dollars, et tout particulièrement si l’on fait le parallèle avec le studio Blumhouse.


Pourtant doté d’un bon matériau de base, Kingdom Come ne possède pas cette étincelle qui caractérise le film d’épouvante de qualité. Le scénario, qui oscille entre le bon et l’acceptable reste, tout de même, un des points forts de ce long-métrage. La première scène est l’antithèse de l’originalité, le personnage principal se réveille dans un bâtiment désaffecté sans aucun souvenir, ni idée de la raison de sa présence. Bientôt, il rencontre deux autres protagonistes et ce joli petit monde commence à se poser des questions, jusqu'à ce que le héros prenne un vilain coup et perde connaissance. Le fait qu’un évanouissement soit prétexte à une ellipse au rabais n’est pas le plus gênant en soi. Mais lorsque cette même ellipse vient souligner -  dans ce cas-ci, c’est plutôt entourer d’un néon fluorescent  -  le plus gros défaut du film, cela devient problématique. En effet, notre ami reprend ses esprits entouré de la dream team du film d’épouvante au grand complet. Si le casting est constitué d’acteurs encore moins convaincants que les candidats d’une téléréalité, la légitimité de l’introduire d’un seul jet est à remettre d’urgence en question.

Les personnages, dans le surjeu total, ne parviennent évidemment pas à convaincre et le sentiment d’effroi censé être généré par le métrage s’envole avec sa crédibilité. Ils se disputent, s’envoient des clichés en masse, se séparent en groupes de plus en plus petits pour faciliter la tâche aux bestioles... Cet aspect amateur est regrettable car Kingdom Come proposait quelques idées intéressantes, notamment le fait que les personnages soient confrontés à leurs mauvaises actions, concept déjà présent dans Catacombes de John Erick Dowdle. Avec une structure proche de celle d’Identity de James Mangold, Kingdom Come nous rappelle de bons partis comme Grave Encounters des Vicious Brothers, et ses créatures sont, en quelques sortes, des croisés entre les crawlers de The Descent et les monstruosités de Silent Hill.


On regrettera aussi des scènes héroïques assez maladroites et des passages à la limite du tire-larmes, desservis par ce casting toujours en dessous de nos exigences. Les sursauts se font rares et l’angoisse -  logiquement liée à l’ambiance  -  est inexistante. Les monstres ont cependant le mérite de faire dresser le poil tant leurs apparitions peuvent être aussi inattendues que cauchemardesques. D'autre part, les quelques scènes gores sont les bienvenues malgré des effets spéciaux globalement trop cheap. 

Dépourvu de l’aura indispensable à l’immersion du spectateur, Kingdom Come manque aussi cruellement d’élégance. La faute à quoi ? Le manque de professionnalisme et de personnalité est évident, avec en vis-à-vis, des ambitions peut-être trop grandes.  
N.M.

EN BREF :
titre original : Kingdom Come
pays d'origine : Canada
année de production : 2014
budget : 3 000 000 $
date de sortie française : 1 octobre 2014 (DTV - M6 Vidéo)
durée : 97 minutes
adrénomètre : ♥
note globale : 2/5


† HANTISE
▲ Légère amélioration du réalisateur
▲ Scénario entre bon et acceptable
▲Quelques rares scènes gores

-  DÉMYSTIFICATION -
▼ Casting en surjeu
▼ Angoisse inexistante
▼ Réaction des personnages peu crédible

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