Trauma (1976) de Dan Curtis

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La famille Rolfe emménage pour les vacances dans une immense demeure victorienne. Ils s'occupent durant leur séjour de Mme Allardyce, censée habiter sous les combles et ne jamais quitter sa chambre. Marian, l'épouse de Ben Rolfe, décide de porter ses repas à l'étrange vieille dame. Pourtant, très vite, les événements étranges s'enchainent. Ben est hanté par un cauchemar lié à un traumatisme d'enfance, son fils David frôle la mort à plusieurs reprises, et la santé d'Elizabeth, la vieille tante de Ben, se dégrade subitement. De son côté, Marian passe des heures à contempler la vaste collection de photos de son hôte... Ben comprend que quelque chose de maléfique vit dans cette maison, et tente de détruire sa famille...

Trauma est une adaptation du roman "Notre vénérée Chérie" de l'américain Robert Marasco, sorti en 1974. Curieusement, le film n'est jamais sorti en DVD en France après avoir connu plusieurs éditions à l'époque de la VHS.
Il fait partie de ces classiques du cinéma fantastique qui souffrent d'un esthétisme très old school, notamment pour trois raisons : sa volonté d'un ancrage fort dans le monde contemporain -de son époque-, et en 1976, c'est un festival de cheveux longs et pantalons pattes d’éléphant, d'autre part, ce petit monde évolue dans un décor plus classique, dont l’esthétique se veut fidèle à l'esprit d'une maison victorienne. Et cerise sur le gateau, l'image souffre d'un transfert légèrement flou qui lui donne une allure de vieux téléfilm. Comparé aux Dents de la Mer, difficile de croire que les deux films sont sortis sur nos écrans la même année.

Côté interprétation, le métrage bénéficie d'une brochette de comédiens carrément cultes tels les regrettés Bette Davis (Qu'est-il arrivé à Baby Jane, Les Yeux de la Forêt), et Oliver Reed (Tommy, Chromosome 3...), ainsi que Karen Black (Easy Rider, La Maison des 1000 Morts, Dark Blood) et Lee Montgomery (Ben, Girls just want to have fun...) dans le rôle de Billy. En revanche, la VF, aux doublages repoussants, sont à éviter dans la mesure du possible. En effet, il faut entendre pour le croire, la voix française du jeune Billy, dont la gravité dénote avec sa corpulence.

Niveau frisson, Trauma ne vous flanquera pas la trouille du siècle. Très habile en revanche dans sa construction de l'angoisse, il sait rendre certaines situations extrêmement stressantes, et il faut dire qu'un climat de folie fait rapidement son apparition. À commencer par la scène de la piscine où le père, jouant d'abord avec son fils, finit par tenter de le noyer. Une réaction d'autant plus inquiétante qu'il semblerait que Ben soit poursuivi par le souvenir d'un passé traumatique. Marian, de son côté, commence à afficher une dévotion obsessionnelle envers une veille femme invisible. Et la maison, de plus en plus organique, influence les comportements et les éléments, s'embellissant même au rythme des événements négatifs qui s'y déroulent. Jusqu'à une fin plutôt tendue et son ultime coup de pression. À l'aise pour ce qui est d'entretenir une tension psychologique, Dan Curtis pousse le spectateur à s'interroger sur ce petit monde qui commence à douter et se méfier de l'autre. Le film enchaine ainsi, à un rythme de plus en plus effréné rebondissements et scènes "d'action".

La maison est prête à tout pour garder les Rolfe auprès d'elle, et c'est bien là leur problème...
S'il souffre de quelques incohérences (le père cherche à déplacer un arbre par la force des bras, une voiture toujours en état de rouler après avoir percuté plusieurs fois un arbre, ...) et d'une scène ou deux un peu surjouées (un quasi noyé qui ressort de la piscine tel un champion de plongée, la découverte finale du père dont les conséquences, inattendues, rendront même la voix américaine d'origine au jeune Billy, Trauma n'en est pas moins un petit film à l'ancienne, sympathique à visionner. Il est servi par un score réussi, mystérieux et entêtant, de Bob Cobert, bénéficie d'une réalisation soignée de Dan Curtis (créateur de la série Dark Shadows et réalisateur de la cultissime Malédiction de la Veuve Noire...) et certains plans, qui évoquent des classiques tels La Maison du Diable ou Psychose, y sont sans doute pour quelque chose.

Certaines images demeurent fortes pour l'époque, et qui ont sans doute inspiré des futurs classiques comme Evil Dead (la scène où une branche saisit la jambe du père), ou même Rose Red, lorsque la maison fait elle-même ses propres travaux. Un autre lien, plus troublant s'établit très naturellement avec la maison d'Amityville dont l'influence néfaste sur ses habitants est similaire à celle habitée par la famille Rolfe. Alors, Trauma, Burnt Offerings en VO, aurait-il inspiré les protagonistes de cette affaire pour monter le mythe d'Amityville ? La question mérite d'être posée...
N.T.

En bref : 
titre original : Burnt Offerings
pays d'origine : États-Unis
année de production : 1976
date de sortie française : ?
durée : 114 minutes
adrénomètre : ♥
note globale : 3/5


Le flip : Alors qu'ils jouent dans la piscine, Ben devient violent et tente de noyer son fils


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