THE FURIES (2019) de Tony D'Aquino [Critique]

Évaluation du dossier : 3/5 []

8 jeunes femmes sont kidnappées et relâchées au beau milieu du bush australien. Kayla l’une d’entre elles, pense d’abord à une blague de mauvais goût jusqu'à ce qu’elle tombe sur deux autres victimes poursuivies par un homme masqué armé d’une hache. Se rendant compte qu’elles ne sont que de vulgaires proies d’une chasse organisée par une bande de sadiques, leur cauchemar ne fait que commencer...


Pour son premier long-métrage, le réalisateur et scénariste australien Tony d'Aquino frappe fort avec un survival imparfait mais furieux et qui ne cherche pas à arrondir les angles.

S'il donne l'impression de sortir un peu de nulle part, Tony d'Aquino a pourtant déjà un bon bout de carrière derrière lui. Après s'être fait les dents sur une centaine de clips, de pubs et de courts-métrages, il passe à la vitesse supérieure avec The Furies, un survival tonique, débarqué tout récemment dans les bacs sous l'égide de l'éditeur Factoris Films. Un premier long-métrage dont on pourrait qualifier la mise en scène de classique mais qui fait le boulot. En revanche, le gaillard sait très bien où cueillir le public amateur de péloches horrifiques et semble parfaitement en phase avec le genre. C'est donc l'occasion de sortir de sa léthargie le cinéma d'horreur bien cracra de papa


The Furies s'intéresse à la traque de pauvres jeunes filles arrachées à leur confortable environnement citadin et lâchées en pleine nature avec des chasseurs masqués sadiques collés aux trousses. Un survival de base diront ceux qui connaissent déjà bien le genre, des Chasses du comte Zaroff, à Délivrance, en passant par Massacre à la tronçonneuseWolf Creek ou Eden Lake. Mais The Furies suit sa voie et apporte sa contribution au genre en établissant sa propre règle du jeu. Nous ne la développerons pas ici afin d'en conserver le mystère, mais elle apporte une petite nuance dans sa mécanique mortelle qui enrichit les enjeux dramatiques du film est ajoute une petite saveur supplémentaire à une activité qui aurait très vite pu s'avérer routinière.


Les saisissants effets gores qui viennent ponctuer le métrage sont toujours très réalistes. On retrouve pêle-mêle un visage découpé au couteau comme une vulgaire tranche de jambon, une énucléation, une explosion de tête, un démembrement... et tout un tas de petites choses qui réjouiront les habitués du rayon boucherie. Une surenchère fait figure de généreux lot de consolation lorsque le public découvre, un peu déçu, le mystère qui se cache derrière cette activité macabre. En effet, de ce côté, on tombe dans le manichéisme habituel à base d'éternelle lutte des classes, virant ici à la guerre des sexes. Néanmoins, la volonté de mettre un coup de pied dans les vieux schémas de nos sociétés misogynes et patriarcales est appréciable, surtout lorsque cela est fait par des héroïnes au caractère bien trempé. 

Niveau casting, le job est fait, de Airlie Dodds (Killing Ground) dans le rôle de Kayla, plutôt passive au début et qui va bien devoir prendre les choses en mains, à Linda Ngo (Top of the Lake) qui interprète la jeune Rose, dont la fragilité apparente cache en fait une redoutable mécanique de défense. Ebony Vagulans se charge d'incarner la meilleure copine un peu rebelle et Taylor Ferguson (The Turning, Glitch) tente de survivre aux côtés de Danielle Horvat dans les rôles respectifs de Sheena et Jess. De manière globale, on apprécie que ce casting féminin soit au service de personnages qui n'attendent pas tranquillement de se faire trucider comme dans la plupart des slashers, mais prennent leur destin en main et se battent pour leur survie.


Si l'on regrette des personnages pas autant développés qu'ils l'auraient mérité et un petit manque d'ambition en termes de réalisation, The Furies s'en sort plutôt bien grâce à son sous-texte en phase avec l'actualité et sa violence qui en fait un véritable film coup de poing, parfaitement dans l'air du temps et auquel il serait dommage de ne pas laisser sa chance.
N.F.T.


EN BREF
titre original : The Furies
distribution : Airlie Dodds, Linda Ngo, Taylor Ferguson...
pays d'origine : Australie
budget : 1 140 000 $
année de production : 2019
date de sortie française : 3 septembre 2019 (DVD - Factoris Films)
durée : 82 minutes
adrénomètre : ♥
note globale : 3/5

† EXORCISME †
▲ Pas le temps de s'ennuyer
▲ Gore
▲ Sous-texte dans l'air du temps

- DÉMYSTIFICATION -
▼ Personnages peu développés
▼ Peu flippant
▼ Fin téléphonée

LE FLIP
Le sort explosif d'un des chasseurs...

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