[Critique] 47 METERS DOWN (2017) de Johannes Roberts

Évaluation du dossier : 4.5/5 []
Après sa rupture difficile, Lisa se laisse embarquer par sa sœur Kate au Mexique. Avides d'aventures, elles se mettent au défi de plonger parmi les requins blancs, protégées par une cage. Une fois dans l'eau, le spectacle est incroyable. Mais subitement, le câble qui retient la cage au bateau cède, et les deux sœurs se retrouvent coincées au fond de l'océan, à 47 mètres de profondeur. Il ne reste qu'une heure d'oxygène et les grands blancs rôdent...

Avec des bénéfices s’élevant à plus de 100 millions de dollars au box-office pour un budget de seulement 17 millions, Instinct de Survie a démontré que le film de requin n’était pas mort. En concurrence directe avec ce dernier et le bikini de Blake Lively, 47 Meters Down s’était retrouvé sur la touche en sortie VOD distribuée par Dimension Film avec, en cadeau, le nouvel intitulé « In the Deep ».
Toutefois, grâce au rachat des droits de distribution par Entertainment Studios, 47 Meters Down bénéficie finalement d’une sortie en salle aux États-Unis et d’un retour aux sources en récupérant son titre originel. Vous n’avez pas tout compris ? Nous non plus.


Et c’est tant mieux, car le long-métrage de Johannes Roberts (The Door) n’a en rien à rougir face à son rival. En effet, Instinct de Survie ne parvenait pas à s’émanciper de son gabarit hollywoodien alors qu’en comparaison, 47 Meters Down adopte une dimension bien plus ancrée dans le cinéma de genre.

À ce propos, la gestion de l’obscurité est exemplaire dans la mesure où l’on finit séquestré dans une paranoïa constante avec la peur de voir débarquer un squale d’humeur câline. L’attente et la contemplation du noir des profondeurs sont finalement aussi éprouvantes que les attaques elles-mêmes. L’agressivité des requins est anormalement exagérée pour un souci de rythme et d’adrénaline, ce qui attirera d’ailleurs peut-être les foudres des océanographes et autres défenseurs des animaux comme ce fût le cas lors de la sortie d’Instinct de Survie. À cette allure, des manifestations d’ornithologues seront bientôt organisées devant la tombe d’Alfred Hitchcock…


En plus d’un niveau de frissons particulièrement élevé pour ce type de productions, on soulignera le paradoxe de la cage à requins : une prison métallique qui représente autant une barrière de survie face aux monstres des alentours qu’un cercueil potentiel, compte tenu de l’oxygène limité. Donc en addition à la peur universelle du noir, l’œuvre joue également sur le sentiment de claustrophobie du spectateur et sur le « contre-la-montre » d’une asphyxie imminente. Décidément, on est servis.

Évidemment, Mandy Moore et Claire Holt, interprétant nos deux protagonistes en quête de sensations fortes, portent le film entier sur leurs épaules et éclipsent les rôles masculins nettement moins intéressants, pour ne pas dire inutiles. Côté références, 47 Meters Down renvoie bien sûr à d’autres productions du genre plus connues, mais fait également écho à The Descent de Neil Marshall.


Avec un scénario simple et sans détour, ce nouveau rejeton de la sharksploitation ne fait pas plus la promotion des activités en haute mer que des sports extrêmes. Cependant, n’ayons pas peur des mots, on n’avait pas vu un film de requins d’une telle qualité depuis Les Dents de la Mer de Spielberg et malheureusement, cette perle devra se contenter d’une sortie en e-cinéma en France. Voyons le verre à moitié plein : au moins, personne ne viendra perturber la séance…
N.M.



EN BREF
titre original : 47 Meters Down
titre alternatif : In the Deep
distribution : Mandy Moore, Claire Holt, Matthew Modine, Chris Johnson...
pays d'origine : Royaume-Uni / États-Unis / République Dominicaine
budget : 5 500 000 $
année de production : 2017
date de sortie française : 28 septembre 2017 (e-cinéma) - 8 novembre 2017 (BD/DVD - Wild Side)
durée : 89 minutes
adrénomètre : ♥♥♥
note globale : 4.5/5

† EXORCISME †
▲ Particulièrement stressant
▲ Utilisation de l'obscurité des fonds marins
▲ Les deux actrices principales

- DÉMYSTIFICATION -
▼ Scénario simple
▼ Seconds rôles moyens
▼ Pas de sortie en salle chez nous

LE FLIP
Une remontée périlleuse vers la surface...

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