[Critique] OUT OF THE DARK (2014/2015 - DTV) de Lluís Quílez

Évaluation du dossier : 2/5 [♥♥♥]

Un jeune couple américain, Paul et Sarah Harriman, emménagent en Colombie avec leur petite fille Hannah, afin de reprendre l’entreprise familiale dirigée par le père de Sarah. Mais très vite, d’étranges phénomènes vont se produire dans leur nouvelle maison située en marge d'une ville, hantée par un passé sanglant…

Souvent comparé à L'Orphelinat, avec sa bâtisse et sa famille tourmentées par une horde d'enfants fantômes, Out of the Dark se frotte du même coup à un rapprochement dangereux avec ce chef-d’œuvre de l'épouvante livré en 2007 par Juan Antonio Bayona.

Malheureusement davantage qu'au film de Bayona, c'est plutôt au Mexicain Kilomètre 31 qu'il se rapprocherait. Soit un film surnaturel à base de fantômes revanchards, pas complètement abouti malgré d’excellentes idées. Sa tentative d'apporter une pointe d'exotisme au traditionnel film de maison hantée en huis clos en est une et la nature sauvage de Bogota apporte son lot de mysticisme New Age. Les autres bonnes idées seraient davantage d'ordre visuel telles des traces de pas humides qui apparaissent sur les marches d'escaliers – effet anxiogène garanti – ou encore les gouttes qui s'évaporent du corps des enfants – effet mouillé garanti – ce qui tend à sauver le métrage du ratage complet et diluer un peu ses faiblesses pour le moins handicapantes.


Côté flip, les tentatives intéressantes de mise en scène permettent de nous asséner quelques jump scares bien sentis. C'est d'ailleurs à ce niveau que le film s'en sort le mieux, même s'il manque cette atmosphère angoissante persistante qui fait la force des plus grands. Idem du côté de la petite touche tragique en fin de métrage, on pense encore à L'Orphelinat, mais aussi à Mama ou Fragiles, sans toutefois en atteindre l'intensité. Les séquences s'enchaînent mécaniquement du début à la fin et manquent cruellement de fluidité et de naturel avec pour résultat une cruelle carence d'empathie envers les personnages.

Dommage, le travail sur la photo était plutôt louable et l'atmosphère exotique du tournage en Colombie apportait un côté "folklore local" plutôt intéressant, sans toutefois, et c'est encore là un mauvais point, parvenir à le rendre réellement fascinant. Dommage, les idées sont là, mais jamais vraiment exploitées sous un angle suffisamment pertinent.


De son côté, le casting, composé principalement de Scott Speedman (The Strangers), dans le rôle du sosie de Hugh Jackman en moins musclé ou encore Julia Stiles (Dexter, La Malédiction) dans celui de la mère décidée à retrouver sa fille et percer le mystère de la maison, est loin d'être mauvais. Mais il se contente de fournir le minimum syndical face à une mise en scène classique au service d'un script qui ne l'est pas moins.

Certes on est très loin de l'efficacité de L'Orphelinat, malgré un budget double, mais Out of the dark peut à la rigueur se laisser regarder comme une série B dont il ne faut pas attendre grand chose. Un manque de relief donc, et surtout de ce truc en plus nécessaire pour prétendre aux cimes vers lesquelles Jaume Balagueró et de nombreux réalisateurs hispanophones ont su porter le genre ces dernières années.
N.T.

EN BREF
titre original : Out of the Dark
pays d'origine : États-Unis / Colombie / Espagne
budget : 10 000 000 $ (source wiki)
année de production : 2014
date de sortie française : 3 juin 2015 (DTV - Wild Side Video)
 durée :92 minutes
adrénomètre : ♥♥♥
note globale : 2/5


† EXORCISME
▲ La photo
▲ Le côté folklore local
▲ Flippant
- DÉMYSTIFICATION -
▼ Mise en scène fade
▼ Scénario mécanique
▼ Trop proche de ses modèles

LE FLIP
Le coup du reflet, vieux comme le monde, mais toujours aussi flippant...

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L'Orphelinat
Kilomètre 31
Darkness


Commentaires

  1. Totalement oubliable, même si en effet, quelques choses à sauver...

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