[Critique] MISCHIEF NIGHT (2013/2014 - DTV) de Richard Schenkman

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Emily Watson est aveugle depuis l'accident qui a couté la vie à sa mère. La veille d'Halloween, son père la laisse seule chez elle, le temps d'une soirée. Isolée et plongée dans l'obscurité, la jeune fille tente de se rassurer, mais un intrus débarque dans la maison...
Difficile de surfer sur une vague lorsqu’elle est inexistante ou déjà estompée. En 1981, Vendredi 13 de Sean S. Cunningham a profité – à la limite du plagiat – de la bombe qu’était Halloween, la nuit des masques de John Carpenter sortie trois ans plus tôt, tout comme des films tels Souviens-toi... l'été dernier et Urban Legend ont tiré bénéfices du briseur de règles, le bien nommé Scream.
 À défaut de créer une révolution horrifique, Mischief Night s’inspire avec plus ou moins de réussite, de valeurs sûres comme ce chef-d’œuvre de Wes Craven.

En s’assumant à moitié comme patchwork de films d’horreurs populaires, Mischief Night finit par y laisser son identité, privant ainsi ses spectateurs des nouvelles sensations qu’ils convoitent. D’entrée, on ressent cette combinaison entre le style néo slasher et le home invasion, ce qui n’est pas sans rappeler You’re Next. Cependant, une spécificité est mise à contribution par le biais du personnage principal, une jeune fille non voyante. La cécité fournit son grain de sel en modifiant les perspectives et en façonnant ainsi une angoisse rafraîchissante. Malheureusement, cette mécanique s’essouffle rapidement et les plans censés mettre l’antagoniste en avant finissent par adopter des allures de jump scares de mauvais goût. Pour enfoncer le clou, rappelons que des films comme Les Yeux De Julia ou Le Village de  M. Night Shyamalan ont su traiter ce concept avec bien plus de parcimonie, parvenant à installer une tension palpable sans pour autant devenir pesante. 



Malgré une Noell Coet presque convaincante – ou du moins appliquée –  dans le premier rôle, le casting reste assez inégal. Interprétant le rôle du père, Daniel Hugh Kelly (Cujo, Supernatural) trouve difficilement la nuance pourtant évidente entre l’homme bouleversé et l’homme exalté. La réalisation est fade et impersonnelle, mais après avoir transformé Abraham Lincoln en tueur de zombies, il ne fallait pas s’attendre à ce que Richard Schenkman nous serve un caviar.


Il est triste, voire désespérant,  de constater qu’il est encore possible que l’écriture d’un film d’horreur se résume à des concours de circonstances réunissant les batteries de téléphones défectueuses, les figurants mort-nés et les réactions irrationnelles synonymes de suicide collectif. Car disons-le sans retenue, Mischief Night a trente ans de retard sur son époque. Séparer les deux seuls survivants est une astuce scénaristique devenue plus irritante qu’effrayante, La Cabane Dans Les Bois avait d’ailleurs traité ce cliché avec intelligence et autodérision. Les twists réguliers sont prévisibles, obsolètes ou totalement inintéressants, et l’on remarque une nouvelle fois l’influence beaucoup trop présente de Scream dans leur construction. Les faux raccords techniques s’acharnent, à titre de coup de grâce, à obscurcir la cohérence du film dont la santé était déjà tarie par ses défauts les plus flagrants.



Que nous reste-t-il donc à se mettre sous la dent ? Pour un cinéphile averti, la réponse approche le néant. Cependant, pour tirer cette petite production vers le haut, on soulignera une véritable volonté de bien faire. S’inspirant abusivement des pointures du domaine, Mischief Night peut être considéré comme un hommage et non un tas d’immondices balancé au visage du spectateur, comme certaines productions l’ont été envers les fans du genre. Plusieurs scènes à adrénaline font mouche et l’ambiance post-Halloween contribue à fournir à cette série B un aspect divertissant. Et tout oubliable qu'il soit, on ne garde finalement que bienveillance à l’égard de ce film.


Mischief Night ne parvient pas à se détacher du peloton des films ratés, mais ne tombe tout de même pas dans le purgatoire des bouses cinématographiques. Son tueur à l’anorak jaune pourrait même vous faire profiter d’un bon moment, qui sait ?

N.M.

 
EN BREF :
titre original : Mischief Night
pays d'origine : États-Unis
année de production : 2013
budget : ?
date de sortie française : 4 novembre 2014 (DVD - Zylo)
durée : 87 minutes 
adrénomètre : ♥
note globale : 2.5/5




† HANTISE
▲ Divertissant
▲ Envie de bien faire
▲Hommages aux classiques du genre

-  DÉMYSTIFICATION -
▼ Beaucoup de clichés du slasher
▼ Réalisation fade
▼30 ans de retard


LE FLIP :  Plongé dans le noir, vous percevez la respiration d'un intrus...

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