[Critique] WORLD WAR Z (2013) de Mark Foster

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L'ex-enquêteur des Nations Unies, Gerry Lane se retrouve coincé, avec sa famille, dans un embouteillage monstre sur le trajet quotidien. Il comprend immédiatement que la situation est inhabituelle. Les hélicoptères de la police sillonnent le ciel et les motards quadrillent les rues. Bientôt, les gens s’en prennent violemment les uns aux autres et un virus mortel semble se propager. La ville bascule dans le chaos...

Faute d'une hypothétique déferlante devant le pas de votre porte, c'est au cinéma, à la télévision et dans la BD que les zombies se sont durablement installés.
On pourrait croire le sujet désormais totalement essoré, mais tout est bon pour surfer sur la vague popularisée dès 1968 par la cultissime "nuit" de l'ami Romero dans une Amérique alors en pleine crise existentielle. Si World War Z est loin d'en avoir toute la saveur, principalement en terme de sous texte et d'originalité, cela ne l'empêche pas de proposer quelques idées intéressantes sur le thème de l'infection.


L'une d'elle, assez remarquable, consiste à insuffler une redoutable agressivité aux infectés. Rien de bien nouveau à ce niveau, certes, Danny Boyle, déjà, ouvrait la voie des infectés sprinter en 2002 avec 28 Jours plus Tard, talonné de près par Zack Snyder et son Armée des Morts, sorti deux ans après. Mais il demeure toujours aussi effrayant d'observer ces regards vides et affamés et ces corps se raidir, trembler, courir ou carrément bondir sur leurs proies. Une agressivité telle envers l'humanité qu'elle les pousse à réaliser de gigantesques amas d'infectés qui se grimpent les uns sur les autres pour atteindre le haut d'une muraille en principe infranchissable... On retient aussi, sans trop en dire, une mémorable scène d'action dans un avion en plein vol. De ce côté, il est difficile de contester quelques moments de bravoure au métrage de Mark Foster (Machine Gun), qu'une bonne partie des amoureux du genre ne pourront que savourer.


Mais là où la liberté et l'indépendance de Romero lui permettent de fournir des œuvres sincères et jusqu’au-boutiste, l’appât du billet vert prend ici le pas sur l'intégrité du l’œuvre vis à vis du genre. Pas étonnant, au regard de son budget colossal de près de 200 000 000 $, il était évident qu'il allait falloir ne pas froisser la censure pour se garantir une audience la plus large possible. Si d'un côté la mission est réussie, puisque World War Z aura presque triplé sa mise au terme de son exploitation mondiale, il souffre malheureusement d'un lissage manifeste et de coupes assez désagréables. Des mutilations systématiques et fort regrettables dans un genre où l'hémoglobine apparaît incontournable, d'autant que la règle est bien mieux respectée à la télévision, notamment par la biais de la série culte The Walking Dead.


Alors certes, l'interprétation de Brad Pitt (Seven, Fight Club), sur lequel l'essentiel du film repose, est honorable, le scénario offre son lot d'action et d'images fortes, renforcés par une 3D immersive et les infectés font partie des plus virulents et hystériques que l'on ait vu au cinéma. Mais cela est-il suffisant pour rattraper les sérieuses lacunes évoquée en matière de gore ? À dire vrai, certains trouveront la pilule difficile à avaler, alors que d'autres pourront toujours se consoler en pensant à l'adaptation des Resident Evil, souvent passée à côté de son sujet.

Dommage ? Pas complètement, puisque le scénario, visiblement remanié à plusieurs reprises et adapté du roman de Max Brooks, fait le boulot. Accrocheur, agréablement fluide et généreux, il fait parcourir le monde aux héros -bienvenue dans l'ère de la mondialisation de la peur- et offre quelques attaques de zombies absolument épiques. Oui, on se console comme on peut...
N.T. 

EN BREF
3D
titre original : World War Z
pays d'origine : États-Unis
année de production : 2013
date de sortie française : 3 juillet 2013
durée : 116 minutes
budget : 190 000 000 $
adrénomètre : ♥♥
note globale : 3.5/5

† HANTISE
▲ Infectés hyper agressifs
▲ Généreux en scènes d'action
▲ Scénario accrocheur

-  DÉMYSTIFICATION -
▼ Scènes de violence aseptisées
▼ Adaptation très libre du roman de Max Brooks
▼ Le coiffeur de Brad Pitt

LE FLIP 
Un vol de miraculés, légèrement perturbé...

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