[Critique] CONTES MACABRES (DTV - 2005) de John Woodward, Jack Garrett...

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Contes Macabres est l'association de trois courts métrages, réalisés à des époques différentes, dont le premier est tiré d'une nouvelle de Stephen King. Ce dernier est l'unique rescapé d'une VHS éditée très brièvement en 1986 sous le titre Night Shift Collection.

Stephen King est le principal argument de vente de ce DVD français réédité dans le courant des années 2000. Un argument si fort que, pour le coup, la jaquette oubliera d'évoquer les autres films pour se concentrer uniquement sur la présence d'un des plus grands maîtres de l'horreur littéraire contemporaine au générique.

Disciple of the Crow (1983) de John Woodward - Il s'agit de la première adaptation de la nouvelle "Les Enfants du Maïs" parue dans le recueil de nouvelles "Danse Macabre" de Stephen King. Ce court métrage soumis au fameux deal à 1 dollars de l'auteur de Carrie, bien que vieillot, est filmé avec la liberté et la fougue permise par le support court. Toutefois, on regrette qu'ici, plus encore que dans les autres segments, la VF imposée offre des doublages catastrophiques et évoque inévitablement un vieux soap télévisé, quand on n'a pas carrément l'impression de visionner un porno... Le réalisateur John Woodward assure l'adaptation de la nouvelle, mais interprète aussi le rôle de Billy adulte.


The Night Waiter (1987) écrit, produit, réalisé et monté par Jack Garrett - S'il n'est pas signé Stephen King, on ne quitte pas tout à fait son univers pour autant, puisque l'angoissant hôtel au passé trouble évoque aussi bien l'établissement Overlook de Shining que celui, plus moderne, de Chambre 1408. Sans oublier une petite touche d'humour noir qui le rapproche d'un autre film à sketches auquel l'auteur de Peur Bleue contribuait directement quelques année plus tôt, Creepshow. Un casting excellent et une réalisation plus soignée que le film précédent, font de cette histoire - une nouvelle recrue en service de nuit dans un hôtel, qui doit subir un boss à l'humour lourdingue, tout en dépassant ses angoisses dans un bâtiments des plus flippants - la plus intéressante des trois.


Killing Time (1984) de Damian Harris - Ce segment s'intéresse à la frontière infime entre le réel et l'imaginaire. Mélange sommaire mais non dénué d'intérêt entre BD et film noir, Killing Time est basé sur la nouvelle de Dennis Etchison, "The Late Shift". On y suit la mésaventure d'un dessinateur de BD maudit qui ne parvient pas à vendre son travail. Alors qu'il est à la recherche d'une nouvelle histoire, il est témoin des méfaits d'une étrange conspiration qui s'en prend à ses proches. Si l'on peut évidemment, une nouvelle fois songer à la recette de Creepshow par son mélange de bande dessinée et de prises de vue réelle, l'univers de ce troisième court évoque, par sa thématique, la conspiration donc, et son atmosphère, le travail de John Carpenter, période Prince of Darkness. À noter la présence de têtes connue comme celle de Stephen Nichols (Ouija, House), ou encore du tout jeune Eric Stolz qui se fera remarquer dans le drame Mask l'année suivante.


Sans non plus être un chef-d’œuvre, Contes Macabres se laisse regarder, témoin d'une époque où la créativité, malgré de petits budgets, parvenait à attiser une certaine curiosité.
N.T.

EN BREF
titre original : Stephen King's Nightshift Collection
pays d'origine : États-Unis
année de production : 1983 - 1984 - 1987
date de sortie française : 6 janvier 2005 (DTV)
durée : 61 minutes
budget : ?
adrénomètre : ♥
note globale : 2.5/5

† HANTISE
▲ Petits budgets mais créatifs
▲ Trois segments honorables
▲ Le court-métrage The Night waiter

-  DÉMYSTIFICATION -
▼ VF catastrophique sur Disciple of the crow
▼ Un sérieux coup de vieux
▼ L'argument Stephen King exagéré

LE FLIP 
Un client aux doigts crochus dans un hôtel glauque...

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