[Critique] MESSE NOIRE (1981) de Eric Weston

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Stanley Coopersmith est le souffre-douleur de ses camarades et du personnel d'encadrement d'une école militaire. En nettoyant le sous-sol de la chapelle de l'école, il découvre une pièce secrète composée d'objets étranges voués au culte satanique, dont un livre, qu'il va décrypter grâce à un ordinateur, renfermant un rituel afin d'invoquer un esprit démoniaque...

Nul besoin de revenir sur ces années 80, tellement regrettées par des légions de nostalgiques, sevrés au fantastique par ces péloches qui osaient beaucoup, dans leurs thématiques, dans leur scénario, dans leur mise en scène, faisant également preuve d'une grande créativité artistique, avant que ne sonne l'heure du grand règne des effets numériques à outrance.


Quelque part entre Carrie, et son ado raillé, poussé à bout par ses camarades et empruntant la voie de la vengeance, par le biais du surnaturel, et L'Exorciste et son démon meurtrier, difficile de ne pas songer, dans une moindre mesure, à toute une série de films dans lesquels les ordinateurs prennent le pouvoir tels Tron, Generation Proteus ou encore La Belle et l'Ordinateur.


Un thème visiblement vendeur à cette époque, nourri des allégories les plus visionnaires sur l'emprise que ses derniers exerceront quelques décennies plus tard, et qui, pour le coup, inspire ici un premier film fort sympathique signé Eric Weston, dont la filmographie sera, par la suite, essentiellement ponctuée de séries B.

Messe Noire, fait partie de ces métrages simples, mais inspirés, portés par la sincérité et un certain talent afin d'apporter ce qu'il faut de matériau pour conserver toute l'attention du spectateur et ne surtout pas tomber dans une histoire sans consistance, paresseusement insérée entre un début prometteur et une fin "choc". Le résultat n'en est que meilleur puisqu'il décuple la durée de vie d'une œuvre, certes, très marquée par son époque, mais qui n'a surtout pas à en rougir face à la crise de la créativité actuelle.


L'interprétation de Clint Howard (Lords of Salem, Halloween 2007, Apollo 13...) n'est pas étrangère non plus à l'efficacité de l'entreprise. Visage disgracieux, yeux écarquillés, il incarne avec brio cette adolescence ingrate, peu à l'aise avec son environnement, exposé à la raillerie et l'isolement,  et qui ne souhaitera bientôt plus qu'une chose : rendre la monnaie de leur pièce à ses cruels détracteurs.

Ainsi, Messe Noire est ponctué de quelques scènes joyeusement gores (il était interdit aux moins de 16 ans lors de sa sortie en salles), avec ses attaques de sangliers anthropophages et ses démembrements divers, le tout baigné dans un premier degré complètement assumé et amplifié par la partition musicale de Roger Kellaway (Mafu Cage, The Dark...), mystique et profane, à base de chœurs aux accents sataniques.

Messe Noire fait ainsi figure de témoin, véritablement marquant et réussi, d'un âge d'or où le cinéma fantastique osait beaucoup plus de choses.
N.T.

EN BREF 
titre original : Evilspeak
pays d'origine : États-Unis
année de production : 1981
date de sortie française : 2 septembre 1981 (DVD le 18 mars 2014 Zylo)
durée :  86 minutes
budget : 900 000 $
adrénomètre : ♥
note globale : 3/5

† HANTISE
▲ Gore
▲ L'interprétation de Clint Howard
▲ Créatif

-  DÉMYSTIFICATION -
▼ Très marqué par son époque
▼ De nombreux poncifs du film de possession
▼ Côté nanar involontaire

LE FLIP
La vengeance finale...

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Commentaires

  1. Le dvd qui sort avec Mad Movies serait une version cut, mais ceux qui dise ça se base uniquement sur la durée indiquée.

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    1. Bonjour Karim. Merci pour cette précision. Après vérification, la durée du film proposée sur le DVD est de 86 minutes. Amicalement. N.T.

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