[Critique] AMITYVILLE 2 : LE POSSÉDÉ (1982/1983) de Damiano Damiani

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Quelques années avant les Lutz, protagonistes de la célèbre affaire Amityville, les Montelli, une famille de la middle-class américaine allaient connaître une terrible destinée dans la maison du diable...
Contre toute attente, et malgré un cachet vieillot, accentué par l'affreux recadrage 4/3 du DVD français qui lui donne une allure de téléfilm rescapé des années 70, Amityville 2 : Le Possédé surprend encore aujourd'hui.

D’abord, parce que, malgré un budget que l'on devine en deçà du film de Rosenberg, l'Italien Damiano Damiani fait quasiment mieux.
Il soigne sa mise en scène, densifie et dynamise son scénario, laissant transparaître le malaise qui s’installe progressivement au sein de cette famille a priori heureuse. Un malaise qui s’accroit lorsque le cadet, possédé, perd progressivement pied, jusqu’à subir des transformations physiques, et pire, entretenir des rapports incestueux avec sa sœur.

Après la description chirurgicale de la descente aux enfers de Sonny Montelli, le personnage inspiré de John Defeo, considéré comme dément pour les uns, et possédé pour d’autres la dernière bobine s'intéresse au père Adamsky,  qui cherche, de son côté, à percer le mystère de cette possession et de la maison d’Amityville. La dernière partie du métrage glissant doucement vers le film d'exorcisme.


Une histoire qui rappellera sans doute quelque chose aux spécialistes de l'affaire, puisqu'elle s’inspire du roman « Murder in Amityville » de Hans Holzer, adapté pour le cinéma par Tommy Lee Wallace (Halloween 3, Ça). Le bouquin en question revient sur la tragédie vécue par les Defeo, rebaptisés "Montelli" pour l'occasion. Ils occupaient la maison avant les Lutz, et d'étranges phénomènes auraient conduit le fils cadet à dessouder l'ensemble des membres sa famille le 13 novembre 1974.  

Un autre point fort à mettre au crédit de cette préquelle est sans conteste la qualité de ses effets spéciaux, remarquables et à l'ancienne, ils garantissent des séquences de mutations étonnamment réussies, flirtant parfois avec le gore. C'est l'équipe de John Caglione Jr (Blair Witch 2 : Le Livre des Ombres, Le Tueur du Vendredi, The Dark Knight...) qui est chargée de l'opération. Bien sûr, on n'échappe pas à la panoplie de manifestations propres au genre qui, malheureusement, n’effraient plus grand monde aujourd’hui, de type murs qui saignent ou portes qui se ferment seules.

Heureusement,  le travail sur les ambiances vient compenser tout cela, sans compter qu’au final, ce deuxième opus, divisé en deux parties, est particulièrement dense pour un film d‘horreur et n’accuse pas vraiment de temps morts grâce à son climat anxiogène.


Côté casting, si l’on reste un peu réticent face au jeu un poil excessif de Diane Franklin (TerrorVision), on retrouve des acteurs de qualité comme James Olson (Le Mystère Andromède, Bonanza), Burt Young (l’entraineur Paulie, dans Rocky) ou Rutanya Alda (La Part des Ténèbres).

Inutile de préciser qu’il est préférable de privilégier la V.O. pour en apprécier davantage toutes ses qualités. Des qualités à prendre comme telles alors que la franchise, dans sa globalité, n’a pas toujours été des plus inspirées. On pardonnera alors les quelques excès de jeu et un 4/3 peu séduisant pour savourer cette petite série B d’épouvante à l’esthétique seventies, diablement sombre.
N.T.

EN BREF
titre original : Amityville II : The Possession
pays d'origine : Mexique / États-Unis / Italie
année de production : 1982
date de sortie française : 5 janvier 1983
durée : 97 minutes 
adrénomètre : ♥
note globale : 3/5

† HANTISE
▲ Les effets spéciaux
▲ La mise en scène soignée
▲  L'un des meilleurs films de la saga
 -  DÉMYSTIFICATION -
▼ La version française
▼ Jeu d'acteurs parfois excessif
▼  Format 4/3 peu séduisant

LE FLIP
Le fils cadet dessoude sa famille en pleine nuit...

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