[Critique] TEXAS CHAINSAW 3D (2013) de John Luessenhop

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Alors qu'elle vient de toucher l'héritage d'une grand-mère biologique dont elle ignorait l'existence, une jeune femme se rend au Texas avec ses amis dans une gigantesque et luxueuse bâtisse. Là, elle ne va pas tarder à découvrir qu'un membre de sa famille y vit encore : Thomas Sawyer, plus connu sous le nom de Leatherface...

Malgré des premiers retours plutôt mitigés en France, Texas Chainsaw 3D débarque sur notre territoire après avoir conquis l'Amérique en janvier dernier, allant jusqu'à s'offrir une première place au box office devant Django Unchained et The Hobbit.
Et effectivement, s'il souffre d'imperfections difficiles à ignorer, et de parti pris parfois déroutants tels que l'âge de Heather, ne correspondant pas avec l'époque du premier film, ni l'arrivée inopinée de nouveaux personnages dans la maison où Leatherface vient de laisser échapper Sally, il est pourtant loin d'être indéfendable.
 
Cette suite alternative du film original ré-exploite, dans un premier temps, les images du chef-d’œuvre de Tobe Hooper en les adaptant aux codes de l'épouvante moderne – à renfort de jump scares, bande-son agressive et images dérangeantes – dont Massacre à la Tronçonneuse, premier du nom, aura été l'un des rouages les plus influents. Ces premières images sont ainsi tournées dans le même décor et l'on retrouve la maison et sa célèbre balançoire, qui sera l'objet d'un passionnant travelling dans le film originel.


Une fois arrivé dans le présent, on fait vite face à ce qui va constituer le gimmick du film : le paradoxe. En effet, alors que l'on se félicite de trouver un personnage de boucher féminin, fait suffisamment rare pour être souligné ici, on se retrouve au plan suivant avec un beau gosse black, tatoué, que l'on se sent obligé de faire taper dans un sac, sur fond de musique rap. En matière de cliché, il semble difficile de faire pire, non ?

Cependant, alors que l'on croit que le film n'a aucune chance de remonter la pente,  on se rend compte qu'il est possible, (si si, puisqu'on vous le dit !) de passer outre  les quelques facilités scénaristiques et des personnages pas toujours très finauds, vous savez du genre qui sortent d'une pièce en regardant d'un côté et doivent jouer l'étonnement lorsqu'ils s'en prennent une de l'autre... sans oublier quelques dialogues parfois insensés entre le shérif et le maire de Newt.

Pour commencer, l'amateur d'hémoglobine appréciera une vraie générosité dans l'horreur graphique, du genre qui n'a rien à envier aux récents remake de Evil Dead et Maniac. On assiste donc à d'éprouvantes séances de couture, démembrements, tronçonnages et broyages en tout genre.


Gore donc, mais très loin de l'atmosphère malsaine du film de Hooper ou même du Massacre à la Tronçonneuse réalisé par Marcus Nispel en 2003, le métrage, à défaut de vraiment parvenir à instaurer un vrai climat de malaise persistant, se permet quelques sursauts d'originalité. Car une fois digérée cette impression de situations téléphonées dignes d'un slasher des années 90, et contre toute attente, quelques bonnes idées jalonnent Texas Chainsaw 3D, principalement en deuxième partie de métrage, avec même quelques véritables moments de frousse.

Sur le fond, autour du thème des secrets de familles, et de la transmission, Texas Chainsaw 3D parvient même à créer une certaine empathie pour le personnage de Leatherface alors que l'on vient d'assister à ses méfaits sanglants pendant une bonne partie de péloche. Un autre point fort de cette suite se situe par ailleurs ici, en refusant les raccourcis manichéens habituels. Ici, pas de gentils victimes ou de méchants bourreaux, puisque les personnages partagent ces deux caractéristiques, ce qui propulse le film très loin des schémas habituels de ce genre de franchise. Finalement, Luessenhop laisse le spectateur seul juge face aux choix des personnages, idem lors des ultimes instants, lorsque l'on finit par s'interroger sur le sort d'un Leatherface qui oscille de manière troublante entre le statut de bourreau et celui de victime...
N.T.

EN BREF
3D
titre original : Texas Chainsaw 3D
pays d'origine : États-Unis
année de production : 2013
date de sortie française : 31 juillet 2013
durée : 91 minutes
budget : 10 000 000 $
adrénomètre : ♥♥
note globale : 3/5

† EXORCISME †
▲ Traitement de Leatherface non manichéen
▲ La deuxième partie du film
▲ Gore

- DÉMYSTIFICATION -
▼ Quelques clichés
▼ Failles scénaristiques
▼ Certains dialogues


LE FLIP
Dans un couloir sombre, on ne voit pas forcément Leatherface approcher...

LIRE AUSSI
Massacre à la tronçonneuse
Massacre à la tronçonneuse (2003)
Evil Dead (2013)


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