[Critique] SCARY (2012/2013 - DTV) de Steven C. Miller

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Neal est de retour dans sa ville natale auprès de son père, sa belle-mère et son frère cadet, Paulie. Il éprouve des difficultés à retrouver une vie normale depuis qu'un monstre a élu domicile sous son lit. Il avait tenté de le brûler il y a quelques années sans résultat. Mais Paulie a également vu la créature et les deux vont s'unir pour la terrasser définitivement…

C'est dans une quasi confidentialité que nous parvient directement pour le marché DVD le film Scary (Under the Bed en V.O.) de Steven C. Miller.
Peu de visibilité sur internet, pas de chronique le mois de sa sortie dans la presse spécialisée, aucun contact possible avec l'éditeur, bref, une promo minimale dans l'hexagone, qui pousse à se demander si la péloche horrifique est réellement destinée à une commercialisation publique. Mais après tout, à chacun son boulot et nous nous contenterons ici de vous parler du film.

Énième variation sur le thème des terreurs nocturnes, Scary vogue sur la vague des films d'ados et enfants tourmentés dans leur sommeil par un croquemitaine. On pense alors à des métrages tels Nuits de Terreur, Le Peuple des Ténèbres mais également plus récemment à The Hole de Joe Dante où l'on suivait déjà l'aventure d'un ado et son frère cadet en prise avec un monstre tapi dans leur demeure.


Très vite, on comprend que les conditions du retour au foyer de Neal sont mystérieuses. Les tourments du personnage sont soulignés dès les premières minutes par son comportement peu avenant et par une réalisation qui construit son climat de malaise autour d'une musique d'ambiance angoissante et quelques lents et courts travelling dans les couloirs de la maison.

Toutefois, c'est bientôt un côté "Chair de poule" très prononcé qui finit par s'imposer. Un ton qui n'en demeure pas moins très premier degré et sombre, ponctué de jump scares efficaces, mais dont la cible "jeune public" semble tellement appuyée qu'on se demande au détour de certaines situations et dialogues, si le scénario n'aurait pas été écrit, lui-même, par un ado...  Du coup, la dernière bobine, particulièrement sanglante et éloignée de la retenue en terme d'images choc jusqu'ici constatée, créée une véritable confusion sur la cible auquel s'adresse Scary. Trop naïf pour les grands, trop crade pour les mioches, il est clair que Steven C. Miller préfère ne pas choisir et rester hors catégorie, au risque de sacrifier une partie de ses spectateurs.

De son côté, si le casting semble fournir les efforts nécessaires afin de rendre l'histoire à peu près crédible, il n'en est malheureusement pas de même pour la VF et ses doublages monotones et du coup, peu convaincants. On relève malgré tout quelques sympathiques effets de maquillages, de lumières, et même de décors lors d'une séquence assez inattendue située dans un univers fantasmagorique qui dénote agréablement avec l'esthétique générale du métrage. Le croquemitaine est quant à lui plutôt réussi, évoquant aussi bien La Mouche de Cronenberg dans sa démarche qu'un humanoïde extraterrestre fichtrement teigneux.


Scary peine à s'imposer à cause de ses faiblesses scénaristiques évidentes. Les ficelles sont beaucoup trop visibles lorsqu'il s'agit de justifier la présence, dans certains lieux, d'objets essentiels au dénouement, et les dialogues ne sont pas toujours des plus inspirés. Cependant, il nous gratifie de sursauts d'originalité qui le rendent bien plus intéressant que d'autres œuvres aux budgets confortables, mais bien plus fades du point de vue artistique. 

Le problème ici, c'est qu'il faut attendre la dernière bobine pour que Steven C. Miller, réalisateur d'un autre petit budget en 2011, The Banshee, marque des points. En assumant, par exemple, les quelques débordements dans le domaine du Z, à l'image du trublion, Joe Dante (encore lui) sevré aux séries B et Z et leurs monstres improbables, mais toujours traités avec le plus grand sérieux. Car s'il est loin d'être une réussite, Scary n'en demeure pas moins une petite curiosité qui pourrait plaire au cinéphile peu obnubilé par la perfection dans le cinéma d'horreur, et pourquoi pas, aux nostalgiques d'une certaine production des années 80.
N.T. 

EN BREF
titre original : Under the Bed
pays d'origine : États-Unis
année de production : 2012
date de sortie française : 19 juin 2013 (DTV)
durée : 83 minutes 
budget : ?
adrénomètre : ♥♥
note gloable : 2.5/5


† EXORCISME †
▲ Maquillages
▲ Quelques sursauts d'originalité
▲ Décors

- DÉMYSTIFICATION -
▼ Long à décoller
▼ Pour quelle cible ?
▼ Sortie ultra discrète
 

LE FLIP
Le cauchemar de Paulie...

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