[Critique] THE END (2012/2013 - DTV) de Jorge Torregrossa

ADRÉNOMÈTRE  ♠ 
NOTE  TV TV TV TV TV 

Un groupe d’amis de longue date se retrouve le temps d’un week-end dans un chalet en montagne. Des années se sont écoulées depuis leurs dernières retrouvailles, et pourtant, rien ne semble avoir changé entre eux. Un sombre épisode du passé se cache néanmoins derrière les rires et les anecdotes. Témoins d’un étrange incident, ils se retrouvent soudainement abandonnés à leur sort, sans moyen de communication vers le monde extérieur. Parti chercher de l’aide, le groupe devient de plus en plus restreint, tandis qu’autour de lui, toute vie humaine semble avoir disparu.

Soit, la situation actuelle en  terme de créativité, devrait nous encourager à apprécier toute tentative d'innovation dans le genre qui nous intéresse. Difficile, en effet, de faire la fine bouche à l'heure où les remakes semblent masquer une crise de la créativité au cinéma et de la prise de risque chez les producteurs.
Cependant, même s'il est difficile d'ignorer cette pénurie d'histoires originales, il arrive encore que des pellicules osent développer des idées nouvelles. Enfin presque, puisque dans The End, on s'approche de l'univers de Rod Serling et de sa Quatrième Dimension, avec ses personnages qui disparaissent subitement sans raison apparente et sans laisser de trace. N'oublions pas non plus qu'il s'agit d'une adaptation du roman Fin de David Monteagudo.



Sauf que malgré une réalisation plutôt soignée, on a même droit à des plans aériens dignes du Seigneur des Anneaux, le scénario s'avère très vite faiblard et ne parvient pas à retenir l'attention. L'interprétation n'est pas toujours des plus inspirées non plus, et les acteurs doivent broder avec des personnages, pour la plupart horripilants, constamment en train de se plaindre, de s'engueuler, de geindre ou pleurer. On constate très vite que le métrage de Jorge Torregrossa, issu du monde de la série télévisée, part d'une bonne idée, mais que ce dernier a beau tenter d'y mettre les formes, le concept est mal exploité, et il rend, au final, une copie excessivement académique et sans saveur.

Ainsi, The End, malgré un climat de fin du monde, demeure plutôt sage, le mystère autour des disparitions finit rapidement par être noyé dans un flot de dialogues souvent inutiles voire maladroits. Au point que le film oublie d'apporter des éléments d'explication, ne serait-ce que quelques indices explicites à se mettre sous la dents, ne justifiant finalement son existence qu'au travers de son concept sous-développé et sur les retrouvailles ennuyeuses à mourir d'une brochettes de personnages inintéressants. Jusqu'à une résolution aux limites du ridicule lors de sa dernières séquence, nous imposant un romantisme des plus mielleux. La palme revient toutefois au jury du dernier festival de Gérardmer qui, sous la présidence de Christophe Lambert lui a décerné son prix, au détriment de réussites plus flagrantes telles The Complex de Nakata ou The Bay de papy Levinson, qui sont, quant à eux, repartis bredouilles... Désespérant !
N.T.

EN BREF
titre original : Fin
pays d'origine : Espagne
année de production : 2012
date de sortie française : 13 mai 2013 (DTV)
durée : 90 minutes
budget : 5 000 000 $
adrénomètre : ♠
note globale : 2/5 



† HANTISE
▲ Climat de fin du monde
Concept prometteur
▲ Réalisation soignée

-  DÉMYSTIFICATION -
▼ Personnages ennuyeux
▼ Dialogues inintéressants
▼ Fin ridicule



LE FLIP
Une fuite à vélo avec une meute de chiens à ses trousses...

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