[Critique] THE COMPLEX (inédit - 2013) de Hideo Nakata

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Asuka, une étudiante infirmière, vient d’emménager avec sa famille dans un grand immeuble collectif. Très rapidement, des sons étranges se font entendre depuis l’appartement voisin occupé par un homme âgé et solitaire. Préoccupée par le bien-être du vieillard, elle se rend chez lui et le retrouve mort de malnutrition. Lorsque les bruits reviennent, Asuka retourne sur les lieux et tombe nez à nez sur une apparition du défunt. La panique l’envahit, d’autant plus que sa famille a disparu sans laisser de trace…

Avec The Complex, Hideo Nakata, après avoir popularisé la J-Horror à travers le monde grâce à Ring et Dark Water voici plus de 10 ans, exécute un retour peu remarqué, mais pourtant remarquable, au cinéma d’horreur.
Désormais bien plus qu'une simple signature, son utilisation du drame en tant que terreau de l'épouvante, et son regard réfléchi, souvent sans concession sur la société japonaise, est indissociable de sa démarche de cinéaste. Voilà sans doute pourquoi plusieurs éléments de The Complex sont aisément et singulièrement comparables à l’un de ses chefs-d’œuvre, Dark Water


Ainsi, nous retrouvons Asuka, présentée au départ comme une jeune femme parfaitement intégrée à une réalité plausible, un univers d'abord cohérent qui, petit à petit va commencer à s'effriter jusqu'à complètement s’écrouler, laissant apparaître les faiblesses et la détresse dans laquelle elle plonge inexorablement. Surgit alors la question de deuil, mal accusé, source d'un sentiment de culpabilité autour duquel va graviter le métrage, et pour cause. C'est ce dernier qui, entraînant la fuite de certains personnages hors du réel, va fragiliser les vivants, tout en orientant les spectres au travers de leur chemin de croix

Tout comme Dark Water, nous retrouvons ce bâtiment froid, inquiétant, déformé par le temps, qui s'élève au  cœur d'une cité peu accueillante. Là, erre un enfant solitaire dont on ignore tout et qui va s'attacher à Asuka, ce qui laisse augurer un danger potentiel et génère le malaise. Les manifestations surnaturelles y sont délivrées au compte-goutte, mais l'angoisse ne naît pas forcément de ces situations puisque certaines réactions étranges de plusieurs protagonistes suffisent pour créer un sentiment d'inconfort.


Quand bien même on pourra de nouveau lui reprocher une certaine lenteur dans l'évolution de son intrigue, ce qui est plus souvent reconnu chez Hideo Nakata comme un gage de qualité car il est de ceux qui soignent toujours leur mise en scène, le réalisateur fait preuve d'un contrôle absolu de son outil cinématographique, et parvient à créer de véritables ambiances glaçantes à partir de scènes du quotidien, tout en caractérisant ses personnages avec toute la précision chirurgicale qui font de ses films de véritables pépites humaines et tragiques. Jusqu'à un déferlement visuel et sonore en guise de bouquet final, voyage inévitable dans la psyché de personnages dévorés par leurs névroses, qui vient récompenser et justifier l'attente du spectateur. Dommage que le jury de Gérardmer, présidé en 2013 par Christophe Lambert n'ait pas eu l’œil, préférant récompenser le très moyen The End ou encore un Mama, certes, de facture honnête, mais en deçà de ce nouvel ovni signé Nakata, injustement oublié du palmarès et des réseaux de distribution...
N.T. 

EN BREF
titre original : Kuroyuri Danchi
pays d'origine : Japon
année de production : 2013
date de sortie française : inédit
durée : 106 minutes 
adrénomètre : ♥♥
note globale : 4/5

† HANTISE
▲ Mise en scène soignée
▲ Ambiances glaçantes
▲ Le mélange horreur et tragédie

 -  DÉMYSTIFICATION -
▼ Lent
▼ Impression de déjà-vu
▼ Pas de sortie en France !

LE FLIP
Les effets du poids de la culpabilité...

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