RÉPULSION (1965/1966) de Roman Polanski [Critique]

Évaluation du dossier : 4/5 []

Carol travaille et vit à Londres avec sa sœur Helen. Carol, introvertie, éprouve des problèmes relationnels avec les hommes. Elle repousse Colin, qui la courtise et n’apprécie pas Michael, l’amant de sa sœur. Quand celle-ci part avec Michael, Carol s’isole et sombre progressivement dans la névrose et la schizophrénie…


Une fois n'est pas coutume, c'est sous l'égide de Carlotta que ressort en version restaurée Répulsion de Roman Polanski, pépite culte du thriller (très) psychologique.

S'il épouse avec Répulsion certaines formes du cinéma Hitchcockien, Roman Polanski s'en démarque aussi en proposant un thriller psychologique, certes, mais flirtant – à la demande de ses producteurs pour le coup très pointilleux sur ce sujet – avec l'horreur. Il propose ainsi quelques effets choc, forcément dépassés aujourd'hui, mais dont on imagine facilement la portée à l'époque. Par des effets d'ombres, de cadrages bizarres et de plans fixes étranges, Roman Polanski parvient à retranscrire l'angoisse qui hante le personnage de Carol.



Si elle semble effectivement couver de graves problèmes psychologiques, son environnement est également mis à contribution pour saisir cette démence sous-jacente, à l'image de cette étrange compagnie de rue qui joue du banjo et de la cuillère, de cette alarme qui hurle inlassablement au cœur de la nuit, ou même d'une fissure qui déforme la chaussée et bientôt les murs de son appartement. Jusqu'à ce flirt poussé qui semble la dégoûter suivi, et ce sera la goutte d'eau qui fera déborder le vase, du départ de sa sœur qui va la plonger dans une solitude qui la mènera à la folie furieuse.


Pour tenir ce rôle difficile de jeune fille tourmentée, Roman Polanski fait appel à Catherine Deneuve, qui vient alors de terminer Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy. Une bonne occasion pour l'actrice de se refaire puisqu'elle regrettait d'avoir plus tôt refusé un film au réalisateur. Dans Répulsion, sa bouille craquante rend son personnage d'autant plus malsain qu'elle semble aussi réactive qu'une huître neurasthénique. Ses déambulations improvisées laissent apparaître un regard au travers duquel on suspecte un vide abyssal des plus inquiétant. Du grand art !


Si les cinéphiles les moins patients risquent de s'ennuyer, le film se consacrant principalement à transcrire la psyché douteuse de Carole, il faut bien avouer que le réalisateur parvient à instaurer une atmosphère angoissante, voire carrément flippante. Cela grâce à un excellent travail de mise en scène et à la photographie de Gilbert Taylor (Docteur Folamour, La Guerre des Étoiles, 2001, l'Odyssée de l'Espace...) qui multiplie les angles de vue dérangeants. L'utilisation de la musique est également intéressante, entre jazz et classique plus posé, excepté lors des moment de flip – on est alors proches des envolées les plus sombres et contemporaines de Pink Floyd –, elle dénote avec l'ambiance globale du film et ajoute un élément supplémentaire à cette grande campagne de déstabilisation cinématographique.
N.F.T.


EN BREF 
titre original : Repulsion
réalisation : Roman Polanski
scénario : Roman Polanski, Gérard Brach, David Stone
distribution : Catherine Deneuve, Ian Hendry, John Fraser, Yvonne Furneaux, Patrick Wymark, Renee Houston, Valerie Taylor, James Villiers…
photographie : Gilbert Taylor
musique : Chico Hamilton
pays d'origine : Royaume-Uni 
budget : 300 000 $
année de production : 1965
date de sortie française : 7 janvier 1966 - 5 mai 2021 (Version remasterisée en Blu-ray - Carlotta)
durée : 100 minutes 
adrénomètre :  
note globale : 4/5

† EXORCISME † 
▲ Catherine Deneuve
▲ Flippant
▲ Réalisation

- DÉMYSTIFICATION - 
▼ Lent
▼ Pas de grosse scène d'action
▼ 

LE FLIP
Carole, en fermant son armoire, aperçoit un homme dans le miroir...

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Commentaires

  1. De loin le meilleur rôle de Catherine Deneuve (la 1ère serial killeuse du cinéma ?) dans un des (le?) meilleurs Polanski.

    remi duvoilont.

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