Simetierre (1989/1990) de Mary Lambert

ADRÉNOMÈTRE   
NOTE  TV TV TV TV TV 

La famille Creed quitte Chicago pour s'installer dans les environs de Ludlow, une paisible bourgade du Maine. Leur voisin, Jud Crandall leur montre un cimetière d'animaux situé à quelques pas de leur maison. Lorsque le chat de la petite Ellie meurt accidentellement, Jud révèle à Louis, le chef de famille, un lieu situé sur les anciennes terres sacrées des indiens Micmacs, qui ont la particularité de ramener les morts à la vie. Le chat revient, mais différent, comme animé par une force maléfique. Un cruel dilemme s'empare de Louis le jour où sa famille doit affronter la pire des tragédies...

Adapté d'un roman très flippant de Stephen King et scénarisé par ses soins, cette vision cinématographique mise en boite par Mary Lambert donne le ton en seulement quelques plans.
Musique sombre, images d'un cimetière dédié aux animaux, et en voix off les dernières paroles d'enfants endeuillés à l'intention de leur compagnon disparu. Mary Lambert ne lésine pas et enchaîne directement après une brève présentation des personnages, sur les différents enjeux du film, notamment sur cette route réputée dangereuse située tout près de la maison familiale, mais aussi relie des sujets tels la maladie, la souffrance, la solitude ou encore l'isolement, à un double thème final : la mort et le deuil. Une femme traumatisée par le souvenir de sa sœur malade et décédée, une autre hypocondriaque persuadée d'être mourante, une enfant qui s'interroge sur ce qu'il se passe après la mort, la mort d'un chat que l'on veut cacher à sa fille, un deuil familiale suite à un terrible accident... Rarement ce thème a été abordé de manière aussi frontale et sérieuse dans un film d'horreur. Et c'est de là que le métrage tire toute sa force et ses qualités.

Une sœur malade ultra flippante jouée par.. un homme !
Car Simetierre appuie là où ça fait mal, rappelant la fragilité de la vie, notre impuissance face aux mécanismes du destin, irrévocables, comme la mort qui peut frapper n'importe qui, n'importe quand, ainsi que la peur, pour les vivants de ne pas pouvoir la surmonter. Le cimetière micmac symbolise ainsi ce refus de la mort, et le roman de Stephen King prend alors l'allure d'une fable démontrant l'importance du travail de deuil, aussi fou soit-il, en insistant sur la douleur que l'on s'inflige et l'effet destructeur que peut entraîner le refus de ce processus.

La photo de Peter Stein, toujours remarquable après 25 années, est sobre et pourtant pas moins sophistiquée. Elle souligne parfaitement cette réalité froide et morbide teintée de fantastique ainsi que les peurs profondes et les névroses qu'inspirent un tel thème. Car cette adaptation de Mary Lambert, malgré quelques scènes chocs, mise beaucoup sur l'ambiance. On peut par ailleurs s'interroger sur le réel apport de la réalisatrice puisque son scénariste, Stephen King lui-même, aurait insisté pour que ses instructions soient respectées à la lettre. Et au vu de la différence de qualité avec un second opus dont Stephen King ne voulait même pas entendre parler, on saisit toute l'influence bénéfique qu'il a eu sur ce projet.

Aujourd'hui, Alexandre Aja serait en train  de bûcher sur un remake de Simetierre. Inutile, diront légitimement les puristes, mais d'un autre côté, avec Aja aux manettes, on peut toujours espérer une bonne surprise. Et au pire on fera comme avec En Quarantaine ou Hantise, on les oubliera très vite pour se réfugier auprès des œuvres originales, des réussites artistiques intrinsèquement irremplaçables.
N.T.

Prix du public Avoriaz 1990

En bref :
titre original : Pet Sematary
pays d'origine : États-Unis
année de production : 1989
budget : 11 500 000 $
sortie française : 17 janvier 1990
durée : 102 minutes
adrénomètre : ♥
note globale : 4/5


Le flip : Rachel agressée par sa sœur malade...

Commentaires

En cours de lecture