Hantise (1999) de Jan de Bont

ADRÉNOMÈTRE  ♠ 
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Sous prétexte de soigner leurs insomnies, le docteur David Marrow invite à "Hill House" plusieurs patients cobayes. Parmi eux, la jeune et belle Theo, le vénal Luke et Lili, jeune femme fragile, sensible et vulnérable. En réalité, le docteur conduit une expérience sur les mécanismes de l'angoisse. Or, le lugubre château de "Hill House", construit au XIXe siècle par le riche et cruel industriel Hugh Crain, a la réputation d'être hanté.

On ne peut pas dire que ce remake de La Maison du Diable de Robert Wise, marquera l'histoire du cinéma d'épouvante, sinon pour ses qualités de série Z à 80 millions de dollars.
À commencer par des dialogues frisant le ridicule, écouter à ce propos les échanges censés être très techniques en tout début de métrage entre le docteur Marrow et son supérieur clinicien, digne d'une chanson des Tranxen 200. Ce qui, d'une certaine manière, annonce la palette de personnages stéréotypés qui hantent l'ensemble du film.

Et si le casting fait dans le haut de gamme en la présence de Lili Taylor, Liam Neeson, Catherine Zeta-Jones, Owen Wilson... on a toutefois l'impression qu'ils jouent comme des sacs à patate, un sentiment par ailleurs amplifié par une brochette de personnages dénués de toute épaisseur psychologique, ce qui a tendance à rendre leurs mésaventures totalement insipides.

Lili Taylor s'est mise dans de beaux draps en signant pour ce navet...

Le château demeure la vraie réussite du film, même si sa mise en scène se situe à des années-lumière de l'intensité du Hill House de Robert Wise. Évidemment, l'intérieur du bâtiment vaut le coup d’œil, glauque à souhait, il met en avant une architecture néo-gothique morbide dont le gigantisme n'a d'égal que la mégalomanie de son taré de constructeur. On est loin de l'ambiance austère - mais pas moins efficace - de son modèle. À croire que tout le budget est passé dans ce décor démesuré, à défaut d'être investi dans un scénario ou des effets spéciaux mieux développés.

Pour la petite histoire, Spielberg (producteur sous la bannière Dreamworks) devait réaliser le film, avec l'aide d'un certain Stephen King, qui allait finalement laisser tomber le projet pour d'obscures (désaccords) divergences d'emploi du temps. Le premier cédera son fauteuil de metteur en scène à l'ultra commercial Jan de Bont et le second sortira quelques années plus tard son propre téléfilm, Rose Red, de bien meilleure qualité que Hantise.

Reste un film fade et ennuyeux - il faut attendre 1h32 avant la première (et dernière) incartade grand-guignolesque -, un remake sans aucun intérêt, au final ridicule et encore moins effrayant qu'une production Disney destinée aux plus jeunes. Il est donc vigoureusement conseillé de privilégier le visionnage de l’œuvre originale de Robert Wise, qui pour le coup, se situe à l'opposé de Hantise, en proposant une véritable leçon de cinéma.
N.T.

En bref :
titre original : The Haunting
pays d'origine : États-Unis
date de sortie française :  27 octobre 1999
année de production : 1999
budget : 80 000 $
durée :  113 minutes
adrénomètre : ♠
note globale : 1/5

Le flip : L'idée d'un Hantise 2...


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