HALLOWEEN (2018) de David Gordon Green [Critique]

Évaluation du dossier : 4.5/5 []

Laurie Strode est de retour pour un affrontement final avec Michael Myers, le personnage masqué qui la hante depuis qu’elle a échappé de justesse à sa folie meurtrière le soir d’Halloween, 40 ans plus tôt.

Oubliez tout ! Faites l'impasse sur les 40 dernières années et imaginez : Halloween de John Carpenter, film culte et charnière dans l'histoire du cinéma horrifique, n'a connu qu'une suite, sortie sur nos écrans en octobre dernier. Alors, ça fait quoi ?

Gonflée ! Voilà comment pourrait être qualifiée cette suite directe du chef-d’œuvre de John Carpenter. Jason Blum, que l'on ne présente plus, soucieux d'une qualité qui tranche parfois étonnement avec ses aspirations commerciales, impose sa méthode dès son arrivée sur le projet. Aux côtés des financiers Miramax et de Malek Akkad, héritier de Mustapha Akkad, producteur historique de la franchise dont ils viennent de récupérer les droits jusqu'alors détenus par les frères Weinstein, Blum souhaite "déterrer" une partie de l'équipe gagnante du premier film. À commencer par John Carpenter himself, en quasi-retraite, Jamie Lee Curtis qui pensait à tort en avoir fini avec l'affreux Myers et le massif Nick Castle, premier interprète du tueur masqué mais aussi réalisateur de métier (Starfighter) et même scénariste (Hook ou la revanche du capitaine Crochet, New York 1997). Et contre toute attente, ça fonctionne. La réunion inespérée se produit et la magie opère. Dès les premières minutes de cette suite directe au film matriciel, 40 ans plus tard donc, on retrouve le Myers que l'on connaît : froid, taciturne, implacable, sanguinaire et dont il vaut mieux éviter de croiser le chemin.



Halloween cru 2018, s'ouvre sur une enquête journalistique en trompe-l’œil, un leurre amusant sans doute pour mieux prendre ses marques avec Scream (dont le scénariste Kevin Williamson aura tout de même contribué au 8e volet) et reprendre le contrôle de son destin, un peu à l'image de Myers qui reprend possession de son masque, détenu par les reporters. Car ici, il est évident que ce broyeur sur pattes veut redevenir la star et ne partager l'affiche avec personne et pourtant... Là où Rob Zombie plaçait Myers, son parcours familial chaotique, sa déchéance psychologique au centre de sa relecture pour lui prêter une humanité qui n'a pas fait l'unanimité, ici c'est clairement à Laurie Strode que s'intéresse le réalisateur David Gordon Green, choisi scrupuleusement par Jason Blum pour ses compétences artistiques et techniques, son C.V. curieusement éclectique (comédie, drame, polar...) et ses compétences scénaristiques qu'il mettra effectivement à contribution. 

Quatre décennies se sont écoulées depuis la nuit meurtrière d'Haddonfield et les marques du temps qui passe sont perceptibles sur le visage de Laurie Strode ce qui ne l'empêche pas d'avoir conservé son capital séduction et une énergie à toute épreuve mais aussi sur le masque désormais usé du tueur. Ridé même. Une manière plutôt bien vue et peu chronophage pour redonner une semblant d'humanité à Michael Myers puisque celui qui est considéré comme le mal incarné vieillit aussi. Et s'il attendait patiemment son heure pour de nouveau semer la mort sur son passage, Laurie a quant à elle consacré sa vie, au sacrifice de sa famille, pour préparer ce moment de retrouvailles qui s'annonce explosif.  Le personnage de Laurie Strode prend alors la dimension d'une Sarah Connor ou même d'une Ellen Ripley, dans son approche radicale pour résoudre une catastrophe qu'elle est la seule à savoir imminente, au risque de passer pour folle. 


Ce personnage féminin fort, "gonflé à la testostérone", directement jailli des années 80 se révèle une excellente idée, mais contrairement au film de John Carpenter qui s'adressait à un public jeune, la note d'intention de ce nouveau millésime s'avère plus mature, ne serait-ce que par son héroïne sexagénaire. Ce qui n'empêche pas de multiplier les références au film matriciel, empruntant des séquences marquantes qu'il ressert à sa sauce. Il gagne ainsi en authenticité et le public se sent en terrain connu. On pourrait à ce niveau le comparer au remake d'Evil Dead de Fede Alvarez, avec lequel il partage ce respect louable du matériau d'origine, tout en poussant au taquet les curseurs du premier degré (quand le rire est là, c'est uniquement cathartique).

De son côté, David Gordon Green fait de l'excellent boulot, de loin le meilleur depuis 1978. Il livre une réalisation solide, inspirée, démontrant qu'il est à sa place et sert en guise de cerise sur le gâteau, un plan-séquence réjouissant qui renvoie directement à celui que construisait Carpenter au début de son chef-d’œuvre, son successeur montrant au spectateur, en temps réel la renaissance – dans sa forme iconique – du "croque-mitaine". 


David Gordon Green, qui a fait ses armes hors du giron de l'horreur, réussit à insuffler une âme à cette suite, a enfin dépoussiérer le mythe, 40 ans après, le rendre plus adulte, au prix du sacrifice des suites de la saga. Dès lors, on fera abstraction des quelques trous scénaristiques, notamment sur le devenir de certains personnages ou encore dans le choix du titre qui, avec celui de John Carpenter et Rob Zombie va semer la confusion lors des discussions autour du film du type "De-toute-manière-le-meilleur-c'est-Halloween-point-barre ! Heu, attends, tu parles bien d'Halloween, pas d'Halloween ou Halloween ?" Rien de bien grave cependant puisque ce nouvel opus met K.O. ses prédécesseurs et profite de l'occasion et de l'époque pour balancer la domination masculine au placard et propulser la figure féminine sur le devant de la scène. Pour mieux l'offrir à Myers ? La réponse au cinéma...
N.F.T.


EN BREF
titre original : Halloween
distribution : Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak, James Jude Courtney, Nick Castle...
pays d'origine : États-Unis
budget : 10 000 000 $
année de production : 2018
date de sortie française : 24 octobre 2018
durée : 106 minutes
adrénomètre : ♥
note globale : 4.5/5

† EXORCISME †
Fait abstraction des autres films de la saga
▲ Scénario inspiré et réalisation soignée
▲ Le plan-séquence lors de la nuit d'Halloween

- DÉMYSTIFICATION -
▼ Fait abstraction des autres films de la saga
▼ Le parcours vague de certains personnages
▼ Le titre du film...

LE FLIP
Dans un jardin, la machine Myers se met en mouvement lorsque la lumière s'éteint...

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Commentaires

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