[Critique] [REC] 4 : APOCALYPSE (2014) de Jaume Balagueró

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Quelques heures après les terribles événements qui ont ravagé le vieil immeuble de Barcelone, l’armée envoie un groupe d’élite dans le bâtiment pour poser des détonateurs et mettre un terme à ce cauchemar. Mais quelques instants avant l’explosion, les soldats découvrent une ultime survivante : Angela Vidal. Elle est mise en quarantaine et isolée du monde afin de subir une batterie de tests médicaux...

Véritable concentré de terreur en plus d'être l'un des déclencheurs de la vague de "found footage" qui allait déferler ensuite, [Rec] a marqué au fer rouge le cinéma d'horreur en exploitant, non sans une certaine virtuosité, l'impact des images filmées par les personnages qui vont, bien malgré eux, se retrouver confrontés à un terrible virus. 
Ce type de réalisation, plongeant le spectateur au cœur de l'action, avait le mérite de rendre le contexte cauchemardesque du film tout à fait crédible, en réduisant la frontière entre fiction et réalité. Pour ce quatrième opus, chapeauté par Jaume Balagueró, sans son comparse Paco Plaza, la question était de savoir si, expurgé de son concept de base, la franchise parviendrait à se pérenniser.



Tout comme Paco Plaza dans la deuxième partie de [Rec]3 Génesis, Jaume Balagueró fait le choix d'une réalisation classique, à l'intérieur de laquelle il rappelle à la mémoire du spectateur le concept de base de [Rec], en utilisant avec parcimonie les caméras de surveillance du cargo sur lequel sont embarqués les personnages. Si le choix de l'unité de lieu respecte la règle du huis-clos qui fonctionnait si bien dans les deux premiers opus, l'ajout d'un score, composé par Arnau Bataller ([Rec]3 Génesis, Le Territoire des Ombres), se charge de renforcer le potentiel dramaturgique de la saga.

Malheureusement, l'adoption d'un mode narratif classique ne fait qu'accentuer un certain manque d'originalité, puisque 28 jours plus tard de Danny Boyle, est déjà passé par là en terme d'infection ravageuse et hystérique, même si Balagueró et Plaza ont customisé leur bébé à renfort de possession diabolique et parasitaire. D'ailleurs, face à l'énergie d'une Angela Vidal déterminée à ne pas se laisser charcuter par des militaires zélés  – s'évertuant à dissimuler une conspiration chapeautée par l'Église –, il est impossible de ne pas songer non plus au personnage offensif incarné par Sigourney Weaver dans la saga Alien. Ce qui n'empêche aucunement d'observer les principales plus-values du film du côté des personnages, dans la figure du anti-héros de la dernière chance ou encore du traître indétectable. La palme revient toutefois à l'arme fort ravageuse utilisée dans la dernière bobine par les personnages en fuite : les hélices d'un moteur hors-bord. Même si, là encore, on demeure très loin de l'effusion d'hémoglobine causée par les hélices d'une tondeuse à gazon dans le cultissime Brain Dead de Peter Jackson.


S'il s'avère très loin du choc [Rec], il n'est cependant pas question de réduire [Rec] 4 Apocalypse à un nouvel affront à l’œuvre fondatrice, puisque le métrage de Jaume Balagueró s'affirme comme une série B, dans le sens artisanal du terme, bien torchée et s'assumant en tant que telle, jusqu'à son dernier plan aquatique (à découvrir en salles). Sa partie actioner horrifique n'est pas négligeable non plus. Efficace sur la durée, on retient des attaques de primates parfois bien plus éprouvantes que celles des infectés humains, jusqu'à un final tendu comme un arc.



Malgré des qualités indéniables, extraire la saga du mode found footage, réduit drastiquement l'intensité du concept de base et révèle une impression de déjà-vu assez persistante. Alors un opus indispensable ? Du point de vue du scénario, sans doute puisqu'il pioche généreusement dans la mythologie établie depuis 2007 et la fait évoluer. Malheureusement, niveau créativité, les choses sont moins évidentes. Ce qui ne manquera pas de nourrir des regrets bien légitimes au vu du sang neuf que [Rec] premier du nom avait apporté au "film d'infecté".
N.T.


EN BREF :
titre original : [Rec] 4 Apocalipsis
pays d'origine : Espagne
année de production : 2014
date de sortie française : 12 novembre 2014
durée : 96 minutes
budget : 5 000 000 € (estimation)
interdit aux moins de 12 ans
adrénomètre : ♥
note globale : 3/5



† HANTISE
▲ Série B bien torchée
▲ Excellent actioner horrifique
▲Quelques bonnes séquences gores

-  DÉMYSTIFICATION -
▼ Sortie du concept found footage
▼ Impression de déjà-vu persistante
▼ Manque de créativité
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