[Critique] PANICS (1988) de Andrew Fleming

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Cynthia est la seule survivante d'un suicide collectif par le feu qui, en 1974, détruisit les membres d'une secte dirigée par le gourou Harris. En 1988, Cynthia finit par émerger d'un état comateux. Soignée dans une clinique neuropsychiatrique, elle est harcelée par le spectre d'Harris qui veut qu'elle rejoigne la communauté dans l'au-delà. Suite à son refus, des morts atroces se succèdent dans l'établissement...

Véritable réussite en matière d'ouverture, Panics, s'affranchit de la patte 80 d'habitude immédiatement reconnaissable, en inscrivant son propos au milieu des années 70, alors qu'une communauté, sous l'emprise de son gourou aussi charismatique qu'illuminé, interprété par un Richard Lynch absolument effrayant, prend la décision de s'immoler par le feu.

Une scène très graphique rendue crédible par la parfaite alchimie entre l'image et la bande son, puisque tout cela se déroule au son  de "Time as come today" du groupe psychédélique, The Chambers Brothers, dont les textes évocateurs du titre en question : "Now the time has come, there's no place to run, I might get burned up by the sun, but I had my fun", ne font que renforcer le malaise face à la résignation de ces fervents apôtres du sacrifice humain, acceptant leur sort avec une joie manifeste et plutôt perturbante. D'ailleurs le reste de la bande son n'en est pas moins efficace, ponctué de titres rock de Mamby Pamby & the Smooth Putters ou encore des Guns N' Roses... 


Toutefois, après une ellipse narrative vers les années 80, sans rendre caduques toutes les tentatives d'innovations jusqu'ici opérées – on retiendra en la matière quelques étonnants inserts vidéo et des hallucinations pour le moins anxiogènes – Panics finit par s'inscrire dans un schéma plus classique. Voire pas toujours très original.

L'un des exemples les plus parlants est sans doute cette thérapie de groupe, rappelant immanquablement celle de Freddy 3, Les Griffes du Cauchemar (notre dossier Freddy). Évidemment, la présence dans le rôle principal de Jennifer Rubin, renvoie immédiatement à la jeune punk Taryn, dans le troisième opus des aventures du monstre au pull rayé.

Et comme si on cherchait à provoquer la comparaison, c'est Jay Ferguson à l'origine du score de Freddy 5, l'Enfant du Cauchemar, produit l'année suivante, qui assure la composition du score, rapprochant davantage les deux univers. Ainsi cherchant sans doute à surfer sur la vague, tout en apportant sa patte, Panics crée un pont, plus ou moins volontaire, avec l'univers de Wes Craven, jusque dans son titre original, Bad Dreams, puisqu'il est parfaitement raccord avec le thème principal de la saga culte initiée par le réalisateur de Scream.


Cependant, faire abstraction de ces troublantes similitudes demeure facile et on se laisse assez volontiers porter par cette histoire torturée dans laquelle les souvenirs et visions se mêlent à une réalité de plus en plus difficile à saisir. Même les médecins finissent par se laisser emporter dans des hallucinations macabres et adoptent un comportement aussi instable que leurs patients, ouvrant ainsi, autant de portes quant à l'issue de cette sale histoire.

Au casting, on apprécie la présence de "gueules" qui ont fait les belles heures du cinéma de genre des années 80, parmi lesquelles figurent Bruce Abbott (Re-Animator), Richard Lynch (Amazonia, La Jungle Blanche, Invasion U.S.A....) ou encore Harris Yulin (Scarface, SOS Fantômes 2...).

Outre une scène d’ouverture particulièrement soignée, cruelle, bénéficiant d'effets spéciaux à l'ancienne mais pas moins efficaces, on retient aussi de Panics ses hallucinations flippantes, ses effets horrifiques très réussis, pour une série B honorable qui démontre qu'à partir de bonnes idées et une certaine maitrise du système D, il est tout à fait possible d'offrir une péloche horrifique de qualité.
N.T.

EN BREF
titre original : Bad Dreams
pays d'origine : États-Unis
année de production : 1988
date de sortie française : 6 juillet 1988
durée : 80 minutes
budget : 4 000 000 $
adrénomètre : ♥
note globale : 3.5/5

† HANTISE
▲ La scène d'ouverture
▲ Effet horrifiques réussis
▲ Le casting

-  DÉMYSTIFICATION -
▼ Pas très original
▼ D'étranges similitudes avec Freddy 3 : Les griffes du cauchemar
▼Quelques clichés du genre

LE FLIP 
Le fantôme du gourou harcèle la jeune Cynthia jusque dans l’ascenseur...

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The Ward 
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