[Critique] EVIL (inédit - 2012) de Peter Bebjak

ADRÉNOMÈTRE   
NOTE  TV TV TV TV TV 

Trois amis déterminés à se faire un nom sur YouTube, grâce à leur chaîne dédiée aux phénomènes paranormaux, sont contactés par un inconnu au sujet de sa maison qu'il assure être hantée. Espérant obtenir un scoop, ils se rendent chez l'homme qui adopte bientôt un comportement étrange. De plus, ils sont rapidement convaincus d'une présence inconnue. Après avoir quitté les lieux, ils décident d'attendre le départ de l'homme pour y retourner seuls...

Après le visionnage de Evil (ZLO en V.O.), difficile de ne pas se dire que cette petite production Slovaque, toute pleine de bonne volonté qu'elle est, arrive un peu tard pour s'imposer dans le vaste paysage du found footage.

Son problème ? Lorgnant du côté du Projet Blair Witch et Paranormal Activity, avec une dose de [Rec], de Grave Encounters et même un peu de Evil Dead, il est vrai que l'on ne peut pas dire que l'argument principal du métrage soit son originalité.

Du coup on s'ennuie ferme durant les 75 minutes de bobine. Les choses évoluent avec une lenteur agaçante, les quelques situations censées mettre du beurre dans les épinards sont téléphonées, et l'emploi de la suggestion, ici à forte dose, finit par tuer l'effroi dans l’œuf. Pire, plutôt que l'utiliser comme un élément du film parmi d'autres, le sacro-saint "non montré" de l'épouvante en devient frustrant. Alors comment apprécier un film qui n'offre, au final, pas grand chose sinon des mouvements de caméra excessivement brusques, des bruits hors champ, des situations abracadabrantesques, et autre cliché inhérent au found footage ?


Alors certes, comme d’habitude, les séquences nocturnes, durant lesquelles on imagine un truc monstrueux s'immiscer subitement dans le champ de la caméra, permettent d'offrir quelques moments de flip. Malheureusement, ça s'arrête là et ne comptez pas sur les effets de maquillage, de peinture rouge sur les portes, ou de tableaux qui s'écroulent, pour changer la donne. Côté casting, on oscille entre le supportable, avec un trio  d'enquêteurs qui parvient à convaincre malgré un caméraman accumulant Parkinson et doigt coincé sur le bouton de zoom, au risible avec son personnage d'excentrique mystique, dont la coupe de cheveu achève de lui prêter la moindre crédibilité. Le choix des décors est du même tonneau, ça sent le renfermé, l'ensemble parait laid et même s'ils feraient passer un squatte de fumeurs de crack pour une garderie d'enfants, ils ne parviennent pas vraiment à compenser les lacunes citées plus haut...


Vite vu – quoique les 75 minutes de métrage en paraissent parfois le double – vite oublié, Evil a au moins le mérite de faire figurer la Slovaquie sur la longue liste des pays qui ont cédé à la tentation du found footage. Même si, visiblement, les réalisateurs n'ont pas compris que pour conserver un semblant de réalisme, il aurait été plus judicieux d'éviter l'ajout d'une bande son additionnelle. Evil, même s'il sent le projet fauché, tourné entre potes, il est aussi la parfaite illustration d'un écueil récurrent chez ceux qui se frottent au genre :  réaliser un found footage ne signifie pas prendre à la légère les postes clé que sont le scénario, la réalisation, le casting ou les décors...
N.T.

EN BREF
titre original : Zlo
pays d'origine : Slovaquie
année de production : 2012
date de sortie française : inédit
durée : 75 minutes 
adrénomètre : ♥
note globale : 2/5

† HANTISE
▲ Quelques moments d'angoisse
▲ Plein de bonne volonté
▲ Décors glauques
 -  DÉMYSTIFICATION -
▼ Scénario, réalisation
▼ Casting, musique additionnelle
▼ Se noie dans l'océan de found footage

LE FLIP
Le résident d'une armoire tueuse...

LIRE AUSSI
Grave Encounters
Evil Dead
[Rec]


Commentaires

En cours de lecture