My Soul to Take (2010/2012) de Wes Craven

ADRÉNOMÈTRE  ♡ 
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Dans la petite ville de Riverton, la légende clame qu’un serial killer a juré de revenir assassiner les sept enfants nés la nuit où il est mort. Aujourd’hui, seize ans plus tard, de nouvelles personnes disparaissent. Le psychopathe s’est-il réincarné dans l’un des sept ados, ou a-t-il survécu à cette nuit où il fut laissé pour mort ?

Écrit et réalisé par Wes Craven, ce slasher pas comme les autres démontre, grâce à une intro énergique et tendue, que même passé le cap des 70 ans, l'auteur culte des Griffes de la Nuit, Scream et autre Dernière maison sur la gauche a encore de belles légendes horrifiques à nous concocter. 

Malgré son aspect, indéniable, d'usine à recycler les bonnes vieilles recettes qui ont fait les belles heures du bonhomme, plusieurs éléments démontrent que l'on est loin du navet tant décrié et que My Soul to Take mérite d'exister. L'angle psychologique et le soin apporté aux personnages, bons comme mauvais, est l'un d'eux.
À relever cette puissante scène d'intro où la petite-fille du tueur voit sa mère assassinée et son père tenter de la tuer avant d'être abattu par un flic, on imagine les séquelles et on voit même le résultat 16 ans plus tard... Un travail de caractérisation plutôt réussi qui, bien au-delà du teen movie primaire et boutonneux, permet de dessiner des personnages plus fouillés que de coutume, et génère un tas de fausses pistes quant à l'identité du tueur. 

Vraisemblablement toujours fasciné par Haïti et ses pratiques mystiques, Craven aborde avec ce métrage, peut-être un peu trop du bord des lèvres, le thème des âmes réincarnées et des malédictions, ce qui le rapproche vaguement de l'excellent L'Emprise des Ténèbres, beaucoup moins vaguement du tueur psychopathe de Shocker et carrément pas vaguement d'un Scream auquel il emprunte beaucoup, mais surtout ses ados et le fameux jeu des faux-semblants. Le métrage évoque parfois la fraicheur et la naïveté d'un autre teen-movie, The Faculty, au travers notamment de répliques teintées d'un humour qui fait souvent mouche, tout en demeurant plus sombre, voire carrément intellectuel face au film de Rodriguez, mais ça c'était pas dur...


Toujours tourmenté par ses vieux spectres méta, qu'il utilise en revanche avec une extrême parcimonie, ce Wes Craven nouveau, enfin presque puisqu'il sort sur le tard dans nos salles (il est sorti en 2010 aux États-Unis), mélange les genres avec brio : action, drame, humour, slasher et le tout passe grâce à cette caractérisation de personnages réussie. Il fait monter la pression avec des moments d'angoisse efficaces et surtout propose un tueur aux allures de clodo, certes, mais plutôt charismatique et dont le côté furtif fait d'autant plus flipper... ce qui équilibre par ailleurs l'utilisation (raisonnable) de jump scares.

Alors que l'on peut s'attendre à un navet de type "réalisateur qui devrait prendre sa retraite", My Soul to Take s'impose tranquillement comme un film qui compte, divertissant, rusé, loin de la sale réputation qu'il se traîne et idéal pour une virée ciné horrifique -mais pas trop- entre potes un samedi soir.
N.T.

En bref : 
3D
titre original : My Soul to Take
pays d'origine : États-Unis
année de production : 2010
budget : 25 000 000 $
date de sortie française : 1 août 2012 - 29 octobre 2014 (Blu-ray 3D - TF1 Vidéo)
durée : 107 minutes
adrénomètre : ♥
note globale : 3.5/5

Le flip : Le fameux coup du miroir de la salle de bain...



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