3615 Code Père Noël (1990) de René Manzor

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Thomas, 9 ans, vit avec sa mère et son papy dans le château familial. Son truc, c'est jouer à la guerre, comme Rambo. Il aime aussi les gadgets électroniques et le minitel. Sa mère est propriétaire d'un grand magasin. Le jour de la veillée de Noël, un homme solitaire y travaille comme père Noël. Suite à une altercation avec un client, il se fait renvoyer et veut se venger. Il vole un camion chargé de cadeaux destinés au fils de son ex-patronne. Alors que le jeune garçon attend le père Noël, Thomas se retrouve nez à nez avec un psychopathe...

Parce que les fêtes de Noël ne sont pas toujours une partie de plaisir pour tout le monde, nous avons décidé de vous présenter l'un des exemples, certes extrême, mais parlant, d'un réveillon salement compromis.

Aux manettes de ce Maman j'ai raté l'avion ultra-glauque sorti dans les salles françaises au tout début de l'année 1990, soit un an avant le film de Chris Columbus, on retrouve René Manzor. Pas vraiment un inconnu puisque le cinéaste réalise, quelques années plus tôt, Le Passage (qui a oublié le tube triste de Francis Lalanne) auquel participaient déjà ses frangins, Jean-Félix à la musique et Francis à la production. Si son premier long, mettant en scène Alain Delon et le jeune Alain Musy, a pris un méchant coup de vieux, 3615 Code Père Noël a, en revanche, été préservé par les tourments des modes et du temps. Près de 25 années après sa sortie, force est de constater que ce faux père Noël en mode prédateur imperturbable, n'a pas pris une ride. Tel l'ogre d'une fable cruelle, il punit la curiosité enfantine du jeune Thomas. Et comme pour mieux asseoir l'un des thèmes du film, relatif au pouvoir de l'imaginaire, c'est justement de cette manière, grâce à son imagination fertile, que Thomas va tout mettre en œuvre pour se tirer de ce mauvais pas. 


Particulièrement glauque et souvent tendu, le film de René Manzor, sans trop de concessions, parvient à instaurer un climat malsain avec son faux père Noël complètement givré, interprété par Patrick Floersheim. "Une gueule" au cinéma, étrangement peu prolifique devant la caméra, mais très actif dans le monde du doublage. En face, Alain Musy, fils du réalisateur, qui a depuis disparu des écrans, n'a pas pour autant quitté le cinéma puisqu'il est devenu un talentueux producteur d'effets spéciaux et a tourné des séquences pour The Dark Knight ou encore Avatar. Il campe ici, avec force et conviction, un petit gars téméraire et débrouillard, déterminé à survivre et mettre son agresseur hors d'état de nuire. 

Au final, ce métrage se révèle une excellente surprise, jalonné de trouvailles, autant au niveau de la mise en scène que du scénario, de clins d’œil au cinéma de genre et fait figure de véritable exploit au sein d'un paysage cinématographique français alors souvent prisonnier d'un ennuyeux académisme. 

Actuellement introuvable en visionnage légal, excepté en VHS et Videodisc d'occasion, 3615 Code Père Noël fait partie de ces pellicules injustement oubliées au fond d'un tiroir qui mériteraient une ressortie sur les nouveaux supports numériques. Toutefois, le réalisateur ne cache pas sa volonté de trouver un éditeur honnête, prêt à plancher sur une édition collector digne de ce nom, avec notamment un making-off tourné à une époque où cela se faisait rarement, et pourquoi pas, un commentaire audio. A moins que les distributeurs n'attendent son 25e anniversaire pour le ressortir ? Après tout il n'est jamais trop tard pour bien faire...
N.T.

En bref : 
titre original :  3615 Code Père Noël 
pays d'origine : France
année de production : 1989
sortie française : 17 janvier 1990 
durée : 87 minutes
adrénomètre : ♥
note globale : 3/5

Le flip : Planqués sous la table, les enfants trop curieux pourraient vite regretter d'avoir voulu épier le père Noël...


Commentaires

  1. soulignons au passage que ce film, même si il a un coté année 80 très kitch, en plus d'être une petite tuerie est un film français d'un genre cinématographique assez délaissé de part chez nous.
    d'ailleurs je pense que part certains aspects glauque un tel film aurait surement du mal à sortir aujourd’hui....

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