HOST (2020) de Rob Savage [Critique] - GERARDMER 2021 en compétition

Évaluation du dossier : 4/5 []

 

 Six amis engagent un médium pour une séance de spiritisme sur Zoom pendant le confinement. Très vite, la situation dégénère quand ils réalisent qu’ils ont laissé entrer un esprit maléfique chez eux… Survivront-ils à la nuit ?


Enfant prodige du cinéma d'horreur, Rob Savage, bien que confiné, est parvenu à réaliser un film. Ce sera sa version, plutôt réjouissante, de l'horreur en ligne, en temps réel et à la sauce found footage.

Le confinement, c'est quand même galère, et ça peut vite faire de l'ennui un redoutable ennemi. Visiblement pas pour Rob Savage qui ne s'est pas laissé abattre et a profité de ce "temps mort" à durée indéterminée pour s'atteler à la réalisation d'un film d'horreur avec les moyens du bord, et surtout le peu de liberté qui lui était autorisée. Un outil de visioconférence "Zoom", des acteurs débrouillards – qui devront régler eux-mêmes leur caméra, leur éclairage et leurs cascades – une équipe réduite au strict minimum... le réalisateur même pas encore trentenaire n'a pas besoin de plus pour construire un found footage flippant et efficace qui devrait ravir l'immense majorité des amateurs du genre.


Avec moins d'une heure au compteur, Rob Savage adopte un format qui peut paraître court, mais qui, finalement, rend un immense service à la dynamique du film. En effet, on n'a pas le temps de s'ennuyer et de toute manière, le réalisateur (primé à 17 ans avec son premier long Strings) n'a vraisemblablement pas besoin de plus pour planter le décor, donner un peu de relief à ses personnages et rentrer dans le vif du sujet. Il faut bien avouer qu'à ce stade, le génie n'est pas loin...

Et en effet, là où on se méfierait d'un concept qui semble être une simple photocopie d'Unfriended, on est finalement très vite embarqué dans le train fantôme, grâce à des personnages campés par un casting efficace qui joue son propre rôle : de Seylan Baxter (Visitor) à Haley Bishop (La Chute du président) en passant par Jemma Moore (Doom: Annihilation, Wonder Woman) ou Alan Emrys (Johnny English contre-attaque) tous semblent prendre un malin plaisir d'être là, même lorsqu'il s'agit de se faire torturer par un esprit revêche .


On apprécie également la petite touche d'humour qui vient accentuer d'autant plus les moments de flip ainsi que le côté réaliste de la projection. En effet, dans ces premières minutes, on a plus l'impression d'être là pour parler à ses potes que pour flipper devant une fiction. Du coup, lorsque les choses deviennent sérieuses, l'adrénomètre s'emballe plusieurs fois et une tension palpable accompagne la suite du récit pour le plus grand bonheur des amateurs d'émotions fortes.

Attention cependant, il est bien ici question de found footage et les détraqueurs du genre qui s'entêtent à s'y frotter joueront encore une fois les pleureuses puisqu'il ne faut pas s'attendre à des plans chiadés à la Kubrick, à un scénario élaboré à la Tarantino ou à des mouvements de caméra bourrés d'émotion à la Spielberg, voilà qui est dit. Host est un found footage avec les qualités et les défauts inhérents au sous-genre, mais il fait le boulot suffisamment bien pour rendre l'ensemble redoutablement efficace, et c'est bien là tout ce qu'on lui demande.
N.F.T.

EN BREF 
titre original : Host
réalisation : Rob Savage
distribution : Haley Bishop, Jemma Moore, Emma Louise Webb...
photographie : quoi ça ?
pays d'origine : Royaume-Uni
budget : N.C.
année de production : 2020
date de sortie française : Prochainement
durée : 56 minutes
adrénomètre : ♥♥♥
note globale : 4/5

† EXORCISME † 
▲ Flippant
▲ Performance globale
▲ Durée parfaite pour le genre

- DÉMYSTIFICATION - 
▼ Concept déjà-vu
▼ Unité de lieu limitée
▼ Personnage de Teddy sous exploité

LE FLIP
Une séquence en boucle perturbée par des images violentes...

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