PSYCHOSE 2 (1983) de Richard Franklin [Critique]

Évaluation du dossier : 3/5 [♥]
Après 22 années passés dans un asile psychiatrique, Norman Bates retrouve sa liberté et rentre au motel familial. Il fait très vite la connaissance de Mary Samuels, une jeune femme troublante avec laquelle il va se lier. Mais de nombreux signes laissent penser que Mme Bates rôde toujours dans la maison. Norman replonge-t-il dans la folie ? Ou quelqu'un cherche t-il à le faire passer pour fou ? 

Difficile de donner une suite à un chef-d’œuvre du 7e art, plus encore lorsque l'on succède au maître en matière de suspense, Alfred Hitchcock. C'est pourtant le challenge que releva un jour Richard Franklin (Patrick, Jouer c'est tuer) au début des années 80. 


À partir d'un scénario signé Tom Holland (Vampire, vous avez dit vampire ?, Jeu d'enfant), Richard Franklin parvint, contre toute attente, à imposer une approche différente et pertinente de l'univers imprimé sur pellicule plus de 20 ans plus tôt. Prenant ses distances avec son modèle – après toutefois avoir emprunté la scène culte de la douche en guise de prologue –, l'intérêt de cette suite se situe essentiellement dans un intriguant et ludique jeu de faux-semblants, parfois déroutant, puisque le spectateur passe le plus clair de son temps à s'interroger sur l'implication ou non des protagonistes dans les meurtres à l'arme blanche qui ponctuent l'histoire.


En effet, tout est fait ici pour semer le trouble. Norman Bates et ses antécédents psychotiques semblent inspirer les terribles évènements qui se déroulent dans son entourage, après 22 ans d'internement et un retour à l'air libre qui ne passe pas inaperçu. D'ailleurs cette réintégration à la vie civile se fait sous la plus virulente désapprobation de Lila Loomis, la sœur de Marion Crane que l'univers entier connaît grâce à la fameuse scène de la douche. On la surprend bientôt, animée par un insatiable désir de vengeance, à mettre en place une machination pour faire replonger le pauvre Norman. Et effectivement, le bonhomme demeure fragile, d'autant plus qu'il évolue dans des lieux hantés par un passé encore bien vivace pour lui. Dès lors il ne lui faut pas grand chose pour perdre pied, ce qui bien sûr arrive, ravivant la crainte du pire pour le public qui subit en même temps que lui l'appréhension ultime : celle de voir sa mère reprendre le dessus.


S'il est pour Richard Franklin impossible de donner une leçon de cinéma Hitchcockien – il ne faut quand même pas rêver – gageons qu'il parvient avec brio à ménager ses effets de surprise et nous faire profiter de meurtres à l'arme blanche doucement gratinés, asseyant cette suite dans le genre que l'original a contribué à créer, le slasher. Quelques rares et brèves incursions horrifiques sont donc au programme dont un mémorable planté de couteau buccal ou un sympathique déterrage du macchabée de l'impitoyable mère. Mais on retiendra surtout quelques moments de tension particulièrement bien relevés dont l'un des plus représentatifs est sans doute lorsque la jeune Loomis, un brin amourachée, tente d'apaiser la crise psychotique de Norman plutôt que prendre ses jambes à son cou, ou encore lors de flash-back pendant lesquels Bates se remémore le comportement de sa démente de mère alors qu'il était enfant.


Pour les amateurs de la série télévisée, qui vient de s'achever à l'heure d'écrire ces lignes, il sera difficile de faire un lien avec la mythologie cinématographique tant elle s'en éloigne. En effet, ici sa mère n'a pas le même prénom et meurt empoisonnée par Norman alors qu'il avait 12 ans. Bien que loin d'être toujours convaincant dans ses choix scénaristiques, on ne peut s'empêcher de ressentir un véritable attachement à cette séquelle. Ses quelques fulgurances en matière d'angoisse et d'horreur en est une raison, tout comme son jeu de faux-semblants et son défilé de suspects autour de Norman, du médecin confiant à la femme de l’époux assassiné assoiffée de vengeance. Durant près de deux heures, on se demande qui aurait le cran suffisant pour manier le couteau avec autant de férocité. Pour le savoir, il ne vous reste plus qu'une chose à faire...
N.F.T.



EN BREF
titre original : Psycho II
distribution : Anthony Perkins, Vera Miles, Meg Tilly, Robert Loggia, Oz Perkins, Tom Holland...
pays d'origine : États-Unis
budget : 5 000 000 $
année de production : 1983
date de sortie française : 20 juillet 1983
durée : 113 minutes
adrénomètre : ♥
 note globale : 3/5

 † EXORCISME †
▲ Le retour de Norman
▲ Quelques scènes d'horreur graphique
▲ Anxiogène

- DÉMYSTIFICATION -
▼ Un peu tiré par les cheveux
▼ Aspect cheap malgré le budget de l'époque
▼ Résultat final pas toujours soigné

LE FLIP
Norman devant la porte de la chambre de sa mère est tétanisé par un souvenir...

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