[Critique] CUB (2014 - inédit) de Jonas Govaerts

Évaluation du dossier : 3/5 [♥]

C'est l'été, le jeune Sam, âgé de douze ans, part au camp scout. Très vite, il réalise que quelque chose ne tourne pas rond. Kai, un enfant sauvage, rode autour du campement. Sam croit bon d’en avertir ses guides, mais ceux-ci ne le prennent pas au sérieux, interprétant son récit comme l’une de ses habituelles élucubrations. Et pourtant... Kai s’avère en plus aider un dangereux psychopathe, lequel redouble d’ingéniosité pour décimer tout intrus...


Les joies du scoutisme : partir à l'aventure, apprendre à se débrouiller par soi-même, développer son instinct de survie et s'éveiller à la solidarité tout en se laissant guider par des chefs inspirés qui auront savamment monté le camp autour d'un thème : en l’occurrence ici, celui d'un jeune loup-garou prénommé Kai et qui hanterait leur futur lieu de séjour.

Si ce petit scénario est principalement destiné à créer un certain climat chez les scouts et dans une certaine mesure, auprès du public, personne ne se doute encore à quel point la réalité, bien que moins fantasmagorique, va s'avérer des plus cruelles.


C'est le personnage principal, Sam, un garçon solitaire, un brin introverti, qui va être l'un des principaux moteurs de ce drame qui se dessine très vite alors que le camp s'installe dans le bois de "Casselroque" – les connaisseurs apprécieront la référence littéraire – malgré les réticences évidentes des riverains. Bientôt, un face à face sanglant va confronter les gentils scouts – aux belles valeurs toutes relatives – à un hôte sauvage bien décidé à poursuivre ses activités de chasse sur son territoire. Sam le savait, tentant même d'avertir son entourage de la menace qui les guette, mais cela se retourne contre lui et il est tenu comme unique responsable des méfaits de cette étrange créature masquée qui erre dans les bois, ceux-là même qui sont surveillés par un tueur féru de pièges mortels.


Si la peur n'est pas vraiment frontale, à un vague jump scare près, la réalisation précise de Jonas Govaerts et l'interprétation étonnante du casting – adulte ou non – créent une empathie pour les personnages avec qui l'on partage aisément le calvaire qui les attend. En résulte une violence inhabituellement crue, puisque tout comme leur équipe d'encadrement, les jeunes louveteaux vont salement morfler, Govaerts brisant là une règle du slasher, voire un tabou rarement brisé, en intégrant l'exécution d'enfants à son premier long-métrage. Après les scènes d'exposition, rapidement suivies de quelques mises à mort sympathiques, la scène "du chien" vient sonner le début de la fin pour ce petit microcosme jusqu'alors préservé de la sauvagerie qui les entourait. Et pour Sam, cette déflagration d'ultra violence va aller bien au-delà de la simple expérience subie puisqu'à l'initiation hypocrite de la vie en groupe, succède celle d'un mal-être explosif. Celui d'un "maboul" qui doit survivre à sa meute – "Cub" signifiant  d'ailleurs "louveteau" en anglais – pour rejoindre la meute originelle...


Quelques fausses notes viennent toutefois assombrir le tableau, comme une chute d'arbre vertigineuse sans conséquence pour la victime, un manque de profondeur dans le traitement des personnages centraux, de drôles de clichés sur les Wallons, et un scénario qui jouera peut-être trop la carte du mystère pour certains (l'un des chefs scouts parle de "maboul" au sujet de Sam, sans jamais donner plus de précision). Dans sa tentative de combiner slasher forestier et drame social, Cub maîtrise plutôt bien son volet horrifique, en revanche la partie psychologique aurait sans doute mérité d'être plus approfondie. Demeure malgré tout un survival original, singulier et amoral, qui envoie sévère dans sa dernière demi-heure – trop tard penseront certains –  pour une série B au budget serré, financée en partie grâce au crowd funding et au final, tout à fait honorable.
N.F.T.
EN BREF
titre original : Welp
pays d'origine : Belgique
budget : mini
année de production : 2014
date de sortie française : inédit
durée : 85 minutes
adrénomètre : ♥
note globale : 3/5

† HANTISE †
▲ La fraicheur du cinéma Belge
▲ Un slasher en plus fouillé
▲ Sans concessions
- DÉMYSTIFICATION -
▼ Quelques failles scénaristiques
▼ Une survie improbable à une chute d'arbre
▼ Le rythme un peu bancal

LE FLIP
Un camion fou fonce sur le camp.

LIRE AUSSI : 
The Forest
Shiver, l'enfant des ténèbres
Mamá

Commentaires

  1. Pour moi c'est bien plus un survival qu'un slasher...
    Mais en tous cas, j'ai trouvé ça très bon.
    Modeste mais très honnête et surtout, le film parvient vraiment à faire exister son "méchant" enfant arbre.

    RépondreSupprimer

Publier un commentaire

En cours de lecture