[Critique] LES INTRUS (2009) de Charles et Thomas Guard

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Après un séjour en clinique psychiatrique, Anna revient chez elle, décidée à éclaircir les étranges circonstances entourant la mort de sa mère. Pendant sa convalescence, son père est tombé amoureux de Rachel, l'ex-infirmière de la disparue, qui est venue vivre chez eux... Consternée, Anna bascule définitivement dans l'horreur lorsque le fantôme de sa mère lui apparaît, désignant Rachel d'un doigt vengeur...

Inutile de jeter de l'huile sur le feu et revenir sur cette fiévreuse poussée de remake qui incite les Américains à ingurgiter le cinéma mondial pour le régurgiter de la manière la moins ragoûtante qu'il soit.
Une ligne de conduite respectée avec Les Intrus, vague remake du chef-d’œuvre horrifique et psychologique de Kim Jee-Won, Deux Soeurs.

Même s'il tente d'exploiter le contexte douloureux, onirique et malsain de l'original (lui-même déjà une adaptation du conte populaire coréen, Fleur Rose et Fleur Lotus de Kim Sejung) Les Intrus fait davantage dans le remake pour ado que dans la relecture purement culturelle, parfois revendiquée dans ce contexte, à l'image de l'inutile En quarantaine...




Et il va sans dire que le film des frères Guard ne souffre pas la comparaison face à Deux Soeurs. Les éléments de terreur sont bien présents, mais sans vraiment de justification, sinon pour créer des effets de foire, ils peinent à s'inscrire dans une angoisse plus globale, celle permanente et qui frisait la paranoïa dans le film de Kim Jee-Won.

De plus, le scénario a été simplifié de manière radicale, au point qu'il ne ressemble que très peu au film original. Certes, on retrouve les deux frangines, la marâtre et le père paumé, mais des changements notables interviennent dans les événements. La tragédie qui animait le personnage dans sa version sud-coréenne, peine à trouver son écho ici.


D'autre part, l'élément du métrage qui constituera le twist final de Deux Soeurs, est ici tellement exploité jusqu'à la corde, qu'il parait difficile de ne pas se douter du pot aux roses avant la révélation finale. Cependant, il faut bien admettre que la double lecture demeure ludique et il est vrai que le procédé regonfle l’intérêt du remake. Au final, on se retrouve face à une péloche aux intentions louables, mais sans pouvoir se détacher d'un sentiment perpétuel de situations téléphonées.

Bref, la pilule pourra à la rigueur passer chez un public non-initié qui n'a jamais vu l’œuvre originale et toute la maîtrise visuelle, la poésie et la partition horrifique qu'on lui connaît, pour les autres il sera impossible de prêter un intérêt suffisant à cette relecture inutile du chef-d’œuvre de Kim Jee-Won, qui reste en tous points bien supérieur.
N.T.


EN BREF
  titre original : The Uninvited
pays d'origine : États-Unis
année de production : 2009
date de sortie française : 10 juin 2009
durée : 87 minutes
budget : ?
adrénomètre : ♥♥
note globale : 2/5 

† HANTISE
▲ Réalisation soignée
▲ Double lecture ludique
▲ Quelques moments de flip

-  DÉMYSTIFICATION -
▼ Remake inutile pour public ado
▼ Trop de situations téléphonées
▼ Un matériau de base difficile à imiter


LE FLIP
Une invitée inattendue dans la cuisine...

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Commentaires

  1. Bonjour,

    Bien qu'étant habitué au cinéma coréen et asiatique en général, j'ai préféré "The Uninvited" à "Deux Soeurs" qui était moins évident à comprendre, et peut-être trop poétique et esthétique pour réellement susciter l'angoisse.

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