[Critique] L'ÉCHELLE DE JACOB (1990/1991) de Adrian Lyne

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Jacob Singer, un employé des postes new-yorkaises, est assailli de nombreux cauchemars éveillés. Il voit des hommes aux visages déformés et se retrouve dans des lieux qu'il ne connaît pas. Il est également victime de flashbacks incessants, de son premier mariage, de la mort de son fils et de son service au Vietnam. Avec l'aide de Jezebel, son épouse, et alors qu'il s'enfonce dans la folie, il tente de comprendre ce qui lui arrive.

Étrange, déstabilisant, complètement paranoïaque, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire cette œuvre majeure dans la carrière du réalisateur Adrian Lyne (Liaison Fatale, 9 Semaines et ½) dévoilant au passage une future star, Tim Robbins dont la suite de la carrière allait être ponctuée de belles réussites telles Arlington Road, Les Évadés ou encore Mystic River...
Il faut dire que l'acteur offre un interprétation très juste dans le rôle de ce rescapé du Vietnam, dont le chemin de croix spirituel s'inspire des expériences traumatiques subies sur le champ d'honneur.

De son côté Adrian Lyne, pour son baptême de l'air dans le domaine du fantastique, parvient à hisser son film à un niveau d'angoisse particulièrement intéressant, jouant des contrastes alors que l'univers oscille entre réalité brut de décoffrage et hallucinations cauchemardesques, sans tomber dans la soupe illisible et indigeste. À ce niveau, le réalisateur impressionne même, maîtrisant parfaitement la mécanique du genre, au point de devenir la référence que l'on sait, jusque dans le monde vidéoludique...


Entretenant une certaine ambiguïté et cultivant une imagerie glissant progressivement vers le fantastique, Lyne offre un univers graphique innovant, percutant, voire flippant, au point qu'il inspirera fortement les créateurs du jeu vidéo Silent Hill, la station de métro du troisième épisode de la saga éditée par Konami, allant jusqu'à en emprunter l’architecture ainsi que le titre du film. C'est d'ailleurs lors du coup de théâtre final, qui rappelle étrangement, comme quelques autres séquences, Angel Heart d'Alan Parker sorti deux ans plus tôt, que le titre du long-métrage prend tout son sens, s'inspirant alors du Livre de la Genèse et de l'échelle (...) à laquelle rêve le patriarche Jacob.

C'est aux abords de cette frontière entre la vie et la mort, le songe et la réalité, que se construit insidieusement L'Échelle de Jacob. Vie fantasmée ?  Refus de la mort ? Chacun interprétera à son bon vouloir les multiples pistes laissées par le réalisateur. [spoiler] Œuvre labyrinthique, dédiée à l’insaisissable cheminement de l'esprit, L'Échelle de Jacob vire en un voyage spirituel dans les profondeurs d'une âme qui refuse de mourir, et ne s'apaisera , pour emprunter la fameuse échelle, qu'une fois en accord avec la vérité.


Parfaitement construit, on reste longtemps immergé dans cette péloche où le spirituel se mêle à une poésie macabre et ce, même après le générique de fin. En effet, sa conclusion fait office de claque, comme on en voit trop rarement au cinéma. Trop simple diront certains aujourd'hui, mais diablement original et efficace pour l'époque.
N.T.

EN BREF
titre original : Jacob's Ladder
pays d'origine : États-Unis
année de production : 1990
date de sortie française : 16 janvier 1991
budget : 25 000 000 $
durée : 108 minutes
adrénomètre : ♥♥
note globale : 4/5


† HANTISE
▲ Univers graphique riche
▲ Réalisation immersive
▲ L'interprétation de Tim Robbins

-  DÉMYSTIFICATION -
▼Complexe
▼ Hermétique
▼ Le twist final était original à l'époque !


LE FLIP
Les hallucinations inopinées de Jacob

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