[Critique] DERRIÈRE LES MURS (2011) de Pascal Sid et Julien Lacombe

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Auvergne, 1922. Suzanne, jeune romancière, part s’isoler à la campagne pour trouver l'inspiration qui lui permettra d'écrire son nouveau livre. Mais peu à peu des visions et des cauchemars font leur apparition tandis que de mystérieuses disparitions de petites filles sèment le trouble dans le village...

La production fantastique française étant ce qu'elle est – quasi inexistante ou alors snobée, je vous laisse réfléchir sur le lien de causalité –, il est toujours intéressant, d'évaluer nos capacités à construire des œuvres de genre avec des budgets souvent allégés. Soit ici un peu moins de 4 millions d'euros qui permettent, à l'écran, d'offrir un cachet plutôt intéressant à ce film d'épouvante rural basé dans les années 1920. 

C'est d'abord le travail sur l'atmosphère qui saute aux yeux, on ressent vite la méfiance des villageois à l'égard de l'étrangère citadine. Les caractères sont forts, sommaires même, tout comme l'équipement des maisons, où l'absence d'électricité et de téléphone, se mêlent à la froideur et la dureté de la pierre. Et même le soleil de plomb qui inonde les scènes de jour, ne parvient pas à dissiper cette impression de malaise dans les rapports entre les êtres.


Ce soin tout particulier apporté à l'ambiance générale du métrage est à souligner tant il est une des qualités principales de ce premier long de Pascal Sid et Julien Lacombe. Pour le reste, Derrière les Murs accuse une certaine lenteur que les moins aguerris risquent de ne pas vraiment apprécier. Les choses prennent leur temps pour se mettre en place, et ce manque de dynamisme peine à masquer un scénario qui aurait peut-être mérité quelques pages supplémentaires. À noter toutefois un final assez inattendu, aux relents mélancoliques, qui ne sont pas sans évoquer d'autre tragédies horrifiques qui misent sur  la charge émotionnelle de leurs séquence finales, tels L'Orphelinat, Mama ou Fragiles. Malheureusement, malgré la bande son remarquable de David Reyes et les talents d'actrice de Laetitia Casta, il manque ce petit truc qui fait toute la force du cinéma ibérique.


Cependant, le choix d'un tournage en 3D, le premier en France, hors film d'animation, permet des effets de profondeur intéressants et un certain niveau d'immersion, même si l'on regrette l'absence d'effets de jaillissement. Le relief demeure toutefois assez efficace lors des quelques rares scènes flippantes dont le procédé à l'avantage de décupler la puissance.

L'autre grand choix intéressant réside dans celui de la belle Lætitia Casta dans le rôle principal. Toute en sobriété, elle interprète une femme brisée par un deuil mal accusé et porte l'essentiel du métrage sur ses frêles épaules.


Malgré les quelques défauts évoqués, Derrière les Murs demeure une œuvre attachante, qui assume ses références littéraires – on pense aux univers de Maupassant et de Lovecraft – jusqu'à faire de son héroïne un écrivain, dont l'inspiration aux sources mystérieuses relève parfois de la possession. Si l'on regrette, au final, un volet atmosphérique qui mord sévèrement sur le scénario lui-même, dont la trame ne parvient pas toujours à maintenir l'attention du spectateur, le rendu esthétique est classe et à lui seul, conjure une bonne partie de ses faiblesses.
N.T.

EN BREF
3D
titre original : Derrière les Murs
pays d'origine : France
année de production : 2011
date de sortie française : 6 juillet 2011
durée : 90 minutes
budget : 3 700 000 €
adrénomètre : ♥♥
note globale : 3/5



† HANTISE
▲ Esthétiquement classe
▲ Maupassant rencontre Lovecraft
▲ La B.O. de David Reyes

-  DÉMYSTIFICATION -
▼ L'atmosphère au détriment du scénario
▼ Lent
▼ Fin mi-figue mi-raisin


LE FLIP 
Des invités surprise à l'heure du bain...

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L'Orphelinat 

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