Chroniques de Tchernobyl (2012) de Bradley Parker

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De jeunes vacanciers se laissent convaincre par l'un d'entre-eux de partir en quête de sensations fortes et engagent un guide pour vivre une «expérience extrême». Il les conduit à Pripyat, une ville toute proche de Tchernobyl. Lorsque le réacteur avait explosé 25 ans plus tôt, les lieux avaient été évacués dans l’urgence. Après une séance d'exploration, le guide ne parvient pas à redémarrer son van et le petit groupe se retrouve piégé dans la ville fantôme. Ils découvrent très vite qu'ils ne sont pas seuls…

Comme il est de bon ton de détruire Oren Peli au sein de la critique bien-pensante, et qu'on n'aime justement pas faire comme les autres, autant être clair d'entrée : on a aimé Chroniques de Tchernobyl (et paf, dix morts !). Et ce n'est même pas pour faire rager les apôtres de la science cinéphilique infuse, mais bien parce qu'il bénéficie, sinon d'idées originales, d'une réalisation astucieuse et d'un décor qui fait à lui seul une bonne moitié du travail d'immersion nécessaire pour apprécier le film.
Autre chose à retenir, la gestion des moments de trouille. Il est clair que malgré son statut de film épouvante, là ne semble pas véritablement le soucis exclusif d'un métrage, qui cherche moins à créer des moments de terreur, qu'à instaurer un climat d'angoisse pesant, aux limites de la claustrophobie. Une russite à ce niveau, notamment alimentée par l'environnement dans lequel évoluent les personnages. Un décor urbain que s'est réapproprié la nature, créant un fort sentiment de froid, d'inconnu et d'hostilité extrême.

Ce sentiment de malaise est plutôt bien construit, partant d'une ambiance bon enfant, avec quelques vannes entre potes, qui va se détériorer progressivement dès l'arrivé à Pripyat. Après la découverte d'étranges poissons, puis une attaque animale (...), arrive le fameux coup de la panne qui va obliger nos pauvres touristes perdus à passer la nuit dans leur van. Pour le spectateur, les dés sont pipés, reste à savoir comment chacun affrontera sa funeste destinée. L'horreur urbaine se met en place, et on comprend que le progrès, tout comme nos personnages, est arrivé ici au bout de sa logique et que la nature reprendra ses droits irrémédiablement.


Autre précision importante, si Chroniques de Tchernobyl en épouse les formes, il ne fait pas pas partie de la déferlante visiblement inépuisable de found footage. L'unique scène réellement filmée par les personnages ne dure que quelques secondes et se situe dans la dernière partie du film. Non, cette fois, Oren Peli, producteur et co-scénariste aux côtés des frères Van Dyke (oui, ceux du studio The Asylum et son dispensable Paranormal Entity), se démarque de Paranormal Activity en adoptant un véritable point de vue narratif. Certes le choix est vite fait, puisque la caméra se comportera comme si une tierce personne filmait dans le feu de l'action, - Oui, bon pas la peine de se gausser au fond ! - sauf que là, les champs ont leurs contrechamps et une bande sonore et musicale vient apporter sa petite touche d'angoisse. Jusqu'à son générique de fin branchouillard sur le "No Reflection" de Marylin Manson.

Sans non plus être le film du siècle, Chronique de Tchernobyl n'offre rien de moins qu'une place en première classe pour cette ville fantôme où la contemplation d'un paysage de désolation à autant sa place que le constat immuable qu'à vouloir aller trop loin, on finit dans le mur ! Et la nature reprend ses droits...
N.T.

En bref :
titre original : Chernobyl Diaries
pays d'origine : États-Unis
année de production : 2012
budget : 1 000 000 $
année de sortie française : 11 juillet 2012 
durée : 85 minutes 
adrénomètre : ♥♥
note gloable : 3/5
Le flip : Être enfermé dans un minibus en pleine nuit dans un lieu hostile.



Commentaires

  1. Mouais, j'avais hâte de voir ce film, je me suis dis, mais ça va être génial !! Ou pah, pourquoi avoir rendu cet événement majeur de l'histoire mondial, en un film sans fond et sans histoire... C'est malheureux //

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