La Dame en Noir (2012) de James Watkins **

Résumé : Arthur Kipps, jeune notaire à Londres, doit se rendre dans le petit village perdu de Crythin Gifford pour régler la succession d’une cliente récemment décédée. Dans l’impressionnant manoir de la défunte, il ne va pas tarder à découvrir d’étranges signes qui semblent renvoyer à de très sombres secrets. Face au passé enfoui des villageois, face à la mystérieuse femme en noir qui hante les lieux et s’approche chaque jour davantage, Arthur, encore très marqué par le décès de son épouse à la naissance de son fils, va basculer dans le plus épouvantable des cauchemars…

Terreur Vision :  C'est une reconversion réussie pour Daniel Radcliffe, rendu mondialement célèbre grâce à la franchise des Harry Potter.
Au bout de quelques minutes de métrage, le (encore) jeune acteur parvient, grâce à un jeu juste et précis, à faire oublier le sorcier de Poudlard. Une mission pas simple, tant ses traits sont profondément associés au célèbre personnage qu'il a incarné durant toute une décennie.
 
Il faut dire aussi que le choix du film y est sans doute pour quelque chose. Résolument macabre, imprégné d'une aura gothique et désespérée, on pénètre sans aucun mal dans cet univers hostile et profondément rural, situé à des années-lumière des aventures d'Harry Potter. 

Si on flip un peu au début, c'est surtout de constater la multiplication des jump scares. Mais le métrage finit par imposer son style et la peur, la vraie, s'installe bientôt lorsque des manifestations surnaturelles surviennent dans la demeure qu'Arthur Kipps doit fouiller.  D'autant que le fantôme de Jennet Humfrye, dont l'apparence est assez similaire à l'esprit qui veut s'emparer du corps de Josh Lambert dans Insidious, est carrément flippant. La maison, abandonnée, bordée d'un cimetière et d'un parc en friche, recèle d'objets témoins d'un passé sombre et douloureux. Parfaitement choisie, sa déco vieillotte et glauque entretien cette atmosphère malsaine et lourde. Les portraits qui ornent sa montée d'escaliers sont autant de fantômes qui semblent constamment observer les visiteurs et ses boiseries noires achèvent de rendre cette maison isolée hostile et repoussante. D'ailleurs, même la nature semble vouloir rendre son accès difficile puisqu'il faut traverser un marais et faire attention à ne pas se faire piéger par les marées lorsque l'on veut s'y rendre.

Malgré son jeune âge, Radcliffe étonne par la maturité de son jeu.

**MINI-SPOILER** La conclusion du film est un subtil mélange de beauté pessimiste et de poésie macabre, par ailleurs sujette à discussion et même de débat puisqu'elle laisse entrevoir deux possibilités d’interprétation. Elle concerne la réelle motivation de Jennet Humfrye, bienveillante ou hostile, vis a vis d'Arthur Kipps. **FIN DU MINI-SPOILER**

Chacun pourra se faire sa petite idée en visionnant cet excellent film de James Watkins (Eden Lake), à la réalisation certes, conventionnelle, mais suffisante pour passer un bon moment de cinéma. Car La Dame en Noir au-delà d'une belle histoire sur le deuil et sur l'amour au-delà de la mort, est un magnifique film gothique, dans le pur esprit de ce qu'a proposé la Hammer à ses heures de gloire. Une période qui ne demande qu'à sortir de terre ? Devant une telle réussite, on ne pourrait que s'en réjouir...
N.T.

En bref : 
titre original : The Woman in Black
pays d'origine : États-Unis
année de production : 2011
date de sortie française : 14 mars 2012
durée : 91 minutes
adrénomètre : **
note globale : 4/5

Le flip : Un rocking-chair vide qui se balance vigoureusement...





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L'avis du petit Scaretrapper
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Daniel Radcliffe signe là son premier métrage post-Harry Potter en optant pour un style de film différent de ses prédécesseurs. Cette fois, il opte pour un film d’horreur, une ghost-story visant à l’aider à se reconvertir dans d'autre rôles, car rapellons-le, il avait grand besoin de se défaire du jeune sorcier aux lunettes rondes qui l'a rendu célèbre.
C’est un défi réussi par Daniel Radcliffe, car La Dame en Noir vous offrira quelques moments d’angoisse, et, bien que rares, quelques sursaut tout en vous entraînant dans son ambiance à la fois triste et lugubre, dès son commencement, jusqu’à sa fin qui vous laissera, pour sûr un peu perplexe, mais qui est à interpréter à sa manière.


Il réussit finalement à se détacher de cette notoriété qui la suivait depuis son enfance en nous léguant un film d’horreur qui redonne toute sa beauté au genre. Sans temps morts, La Dame en Noir n’est pas qu’une simple histoire de fantômes comme on en à l’habitude d'en voir, et sous ses airs de déjà-vu se cache une réelle histoire. Bien réalisé, et bien interprété, on trouve quand même un léger petit défaut au film : les expressions faciales de Daniel Radcliffe, qui, comme dans ses autres films, donneraient presque l’impression d’avoir à faire à une statue de marbre qui garderait la même expression pendant toute la durée du film.
Au final, malgré ce petit défaut, La Dame en Noir reste un très bon film d’horreur, qui donnera des frissons à certains, et fera peut-être faire des cauchemars à d’autres. James Watkins nous livre un film sans temps morts et qui nous tient en haleine jusqu’à la fin, pour notre plus grand bonheur.

Le flip : La première nuit dans le manoir.
ma note : 4/5
adrénomètre : **

Deadwalker, 14 ans.




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2 commentaires:

  1. Daniem Radcliffe, malgré la sympathie que j'ai pour lui, est une erreur de casting. James McAvoy ou Michael Fassbender auraient été cent fois meilleurs dans le role principal. Néanmoins, le film est très réussi, grace à une mise en scène scrupuleusement classique dans le schéma de l'épouvante et surtout un excellent scénario de Jane Goldman (qui dans d'autres registres a signé les scénarios de Kick Ass, X Men le commencement) qui s'intéresse beaucoup à la détresse de ses personnages, à leur passé douloureux.

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  2. Daniel Radcliffe (et non pas Daniem) est un choix en effet plutôt risqué, pire, "osé" au regard de sa faible expérience en terme de diversité de rôles et de son jeune âge. Mais il convient toutefois de souligner que son interprétation demeure aussi très juste, pile dans l'esprit sombre que cherche à développer Jane Goldman (un homme si jeune et déjà frappé par le deuil, évoluant dans un univers macabre). Je ne parlerai pas, de mon côté, d'erreur de casting, mais plutôt d'un choix artistique audacieux et qui refuse la facilité (rien que le bagage "Potter" imprimé sur la tronche Radcliffe le démontre).

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